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ICOJNTOLOGIE,

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TRAITÉ DES ALLÉGORIES,

EMBLEMES.

par noTires, on Traih' comp/eu

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Oitvrat/c uà/c uiu: Aràj-Zco- ,

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Par MM.Gravklot

et cochin

TOXE II.

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E A U.

Une nayade, couronnée de rofeaux, appuyée fur fon ui-ne & tenant le tndenc de Neptune, eft l'emblème fous lequel les iconologiftes re- préfentent l'Eau. On la peint prefque nue, fymbole de fa pureté, &: placée fur un lieu élevé, pour fignifier que c'eft djs montagnes que defcendentles fleuves qui arrofent la terre j l'urne fur laquelle s'.ippuye la ncyade , en eft l'emblème. Le trident du dieu des mers & l'enfant qui tient des filets , achèvent de ca- raftérifer cet élément. La multitude, la va- riété , la richefle de fes productions fe remar- quent dans les coquillages , comparables en beauté Se en diverlîté aux fleurs & aux plumages des oifeaux.

Tome II.

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ÉCONOMIE.

Sage emploi des biens de la fortune. V£co- nomie doit être peinte fous les traits d'une femme déjà avancée en âge , parce que cette qualité n'efl pas ordinairement le partage de la jeunelTe ; elle tient enveloppée dans fes vête- mens une corne d'abondance remplie d'or &C d'argent , afin de n'en laifTer échapper que ce qui lui eft nécelTaire.

PRODIGALITÉ.

Les iconologiftes peignent la Prodigalité fous la figure d'une femme aveugle, ou les yeux couverts d'un bandeau , parce que ce vice eit une libéralité déplacée ; mais on a préféré de le repréfenter par une femme jeune, richemenc vêtue , ayant auprès d'elle une corne d'abon- dance renverfée, d'où s'échappent une grande quantité de bijoux 6c de pièces d'or , que des harpies reçoivent avec avidité > parce que Ai

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les richeiïes diftribuées fans difcernement , ou trop fouvent par des motifs criminels , ne fervent qu'à entretenir les vices 8c à corrompre les mœurs.

PROFUSION.

On peut repréfenter ce vice avec les mêmes attributs que la figuic précédeuic j mais on doit lui mettre un bandeau fur les yeux , parce que la Profufion eft encore plus aveugle que la Prodigalité. Derrière la Profufion on peindra la Pauvreté qui s'avance à pas lent, parce qu'elle en eft la fuite inévitable.

(s ) ÉCRITURE.

Son aclion feule la fait connoître, & les pa- roles qu'on lui fait écrire délîgnent fon utilité : SCRIPT A MANENT j Ce qui efi écrit pajfe à !a pofiérité. C'eftpar elle, en effet , que nous jouif- fons des richelTes de l'antiquité. Hifloriens y philofophes , poètes ^ kii doivent en quelque forte l'immortalité; tandis que par l'ufage des infcriptions, elle conferve 8c célèbre la mé- moire des princes , l'amour du monde. C'eft ce que les accelToires qui l'environnent doivent faire entendre, ainfi que les figures qui occu- pent le fécond plan.

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ÉDUCATION.

EttE eft peinte fous les traits d'une femme d'un âge mûr , dont le fein découvert laifTe appercevoir le lait qui découle de fes mammelles. La maturité de l'âge fuppofc l'expérience néceflaire à V Education , & le lait qu'elle répand eft l'emblème de la nourriture fpirituelîe ; d'une main elle tient la verge du châtiment ^ 8c de l'autre fou- tient un jeune arbre contenu par des étais pour le faire redrelTer. Auprès de la figure qui repréfente V Education , eft un enfant qui apprend à lire.

IGNORANCE.

Les iconologiftes ont perfonnifié Vfgnorance par une femme épaifTe, difforme , les yeux bandés , ayant des oreilles d'âne , coeffee de pavots , 6c marchant à tâtons dans un fencier rempli de ronces & d'épines j autour de V/gno-

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rance volent des hiboux & autres oifeanx noûurnes. Ces divers emblèmes font trop connus pour avoir befoin d'explications.

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ÉLOQUENCE.

Le diadème qui lui ceinc la tète annonce fon empire fur les efprits ; fon attitude eft vive , animée , & le foudre ainfi que les chaînes de fleurs qu'elle tient d'une main, fîgnifient le pouvoir de la raifon & le charme du fentiment que VEloquence fçait également employer. Le caducée qui eft à fes pieds , fymbole de la perfuafion, & les deux noms célèbres de Démofthène &c de Cicéron , achèvent de défigner V Eloquence. Le lieu elle eft re- préfentée peur donner l'idée de la tribune, indiquée par la colonne roftrale ; on fçaic que chez les Romains , ce fut un pareil monument, place près de la tribune aux ha- rangues, qui lui fit donner le nom de Rojlra.

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( n )

EMULATION.

Sentiment qui confifte à rendre juflice au vrai mérite , & qui donne l'ardeur & le courage nécefTaire pour l'acquérir, ou même pour le furpaffer. 'L'Emulation efi: peinte fous la figure d'une jeune fille, les bras étendus, qui paroît vouloir s'élancer vers une couronne , une palme , une trompette grouppés enfemble , fymboles des récompenfes glorieufes dues aux vertus, au génie, aux talens diftingués.

DÉCOURAGEMENT.

On peut le repréfenter par une femme éche- velce , l'air trifte , abbattu, les bras pendants, renfermée , par une haie garnie d'épines , dans un champ qui n'a produit que des ronces & des chardons.

ENVIE.

Passion afFreufe qu'afflige les fuccès , la jloire , les talens , & qui ne fe réjouit qu'à la

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yuc des nralix qu'elle fait naître. VEnvie eft peinte fous les traits d'une furie qui fe mord le poing ; elle eft enveloppée dans les replis d'un ferpent qui lui ronge le cœur , & s'eiForce d'arrêter l'Emulation dans fa courfe, pouf s'oppofer à fes progrès.

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ÉQUITÉ.

Vertu qui confifte à rendre à chacun ce qui lui appartient. On la repréfente par une femme d'un caraûère grave , un diadème fur le front , tenant un fléau de balance mis en équilibre par deux poids égaux.

INJUSTICE.

Prévarication des loix ; vice dangereux qu'on peint fous les traits d'une femme vêtue de noir , tenant d'une main le glaive de la juftice , Se de l'autre un crapaud , animal venimeux, que les iconologiftes donnent pour attribut à. Vlnjujlice. Pour la caradérifer da- vantage , on la repréfente brifant fous fes pieds les balances de Thémis et les tables de la loi.

CHICANE.

Ainsi que dans la figure précédente , la Chicane peut être repréfentée par une femme qui foule aux pieds les loix Se les balances de

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Thémîs ; mais on doit obferver que la Chicane eft peinte vieille , maigre , hideufe , & qu'au lieu de lui faire tenir l'épée & le crapaud , elle dévore des facs de procédure dont on la voit entourée.

INIQUITÉ.

On pourroic comprendre fous cette dénomi- nation l'afTemblage de tous les vices ; mais V Iniquité eft repréfentée par les iconologiftes , fous la figure d'une femme laide , effrayante , vêtue de noir, la tète enveloppée de fon manteau , fuyant à l'afpeft de la lumière , ic entourée d'un ferpent qui lui déchire les en- trailles j emblème des remords vengeurs qui pourfuivent le crime.

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E R A T O.

Muse qui préfide à la poéfie lyrique. On la peint fous les traits d'une jeune nymphe en- jouée, couronnée de myrthe , de rofes, Se pinçant de la lyre. A côté d'elle les anciens repréfentoient Cupidon , tenant fon arc & fon flambeau. Cette mufe eft couronnée de myrte & de rofes , parce qu'elle infpire les poéfies amou- reufesj c'eft pourquoi l'on a placé près d'elle les colombes de Vénus.

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ESPERANCE.

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ESPÉRANCE.

Divinité révérée des Romains, qui lui éle- vèrent un temple. On repréfente V Efpérance fous la figure d'une jeune nymphe , l'air ferein , fouriant avec grâce , couronnée de fleurs naiflaïues qui annoncent les fruits , &: tenant à la main un bouquet de ces mêmes fleurs. La couleur verte a toujours été donnée à VEfpé- rance, c'eft l'emblème de la jeune verdure qui préfage la récolte des grains. On donne au(G une ancre de navire pour fymbole à V Efpé- rance , parce qu'elle foutient & confole dans le danger & dans le péril. On pourroit y ajouter l'arc-en-ciel.

DÉSESPOIR.

Ce dernier période du maliieur eft peint fous les traits d'une femme pâle , livide , enfan- glantée, un poignard dans le fcin , fléchilTar.c les genoux, 8c tenant à la main une branche Tome II. 15

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de cyprès. Pour plus d'exaftitude , îl fcroit mieux de repréfenter le Défefpoir, avec les mêmes attribues, fous la figure d'un homiae ^ue fous celle d'une femme.

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ESPÉRANCE CHRÉTIENNE.

AïPUYÉE fur un des atrributs 'qui la caraûé- 'rife, VEfpirance chrétienne a les regards fixés fur le nom du Trcs-Hauc qui paroît dans le ciel; cet emblème a éié employé par Slodt^, dans une des figures du périftyle de Sc-Sulpice. La ville qu'on apperçoic dans l'éloignemenc, annonce qu'on doit fuir le monde pour la médiation ; c'eft ce qu'on a tâché d'exprimer par le livre ouvert auprès de VEfpérance chrétienne^ fe trouve écrie le mot Evangile.

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ÉTÉ.

Cette faifon eft repréfeiitée par une jeune femme couronnée d'épis , vécue d'une draperie jaune , tenant d'une main une torche allumée, & de l'autre une faucille avec une gerbe de bled , le plus précieux de fes dons. Elle efl repré. fentée jeune , parce que l'Eté eft la jeunefle de Tannée, comme le printemps en eft l'enfance. La figure qui repréfente V£té tient une torche allumée, pour défigner la chaleur du foleil qui eft alors dans toute fa force. Un moiflbnneur qui repofe à l'ombre , & un autre qui fe dé- fakère , achèvent de caraftérifer cette faifon.

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C»î ) ÉTERNITÉ.

Parmi les difFérens emblèmes que les îcono- logiftes ont employés pour peindre V Eternité ^ le plus généralement adopté par les artiftes , & celui qui parle le plus clairement aux yeux , cft le ferpent qui forme un cercle en fe mordant la queue. La figure qui repréfente V Eternité eft placée debout fur le globe du monde ; elle eft couronnée d'étoiles , & fa robe en eft parfemée, parce que les anciens ont toujours cru que ces aftres étoient éternels. On peut ajouter encore , pour fervir de fond au tableau, le foleil & la lune qui font leurs révolutions & fe perdent dans les nuages, tandis que V Eternité refte immobile.

TEMPS.

Rien de plus précieux que le Temps, car n'en n'eft plus rapide; auflî eft-il toujours repré- fente avjc des aîles. Les mois font, pour ainfi dire , fes enfans ; on les a repréfentés jeunes , B4

( H) parce que dans les divifions du Temps par heures, jours, mois 6c années , les îieures font regardées comme l'enfance du Temps; les jours font fon adolefcence , les mois fa jeunelTe, & l'année fa virilité. Quant au Temps même , comme rien ne fe conçoit plus ancien que lui , on le repréfente fous l'afped d'un vieillard avec des aîles , entouré du foleil & de la lune f qui fervent à régler fon cours. L'horloge de fable, emblème du préfent qui fuit, & la faux qui fignifie que le Temps détruit tout , font les attributs particuliers qu'on donne à cette figure ; c'eft pourquoi on lui fait ronger une pierre , allufion à celle que Rhée fubftitua aux enfans que Saturne dévoroit ; allégorie que la mythologie nous a confervé pour exprimer le pouvoir deftruûcur & irréfiftible du Temps.

IMMORTALITÉ.

Les iconologiftes en ont donné plufîeurs emblèmes. En réfumant ceux qui paroiffent les plus intelligibles, on doit peindre Vint'

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mortalité fous la figure d'une jeune fille, couronnée de lauriers , tenanc d'une main un cercle d'or, &c de l'autre une palme. On peut y ajouter encore des aîles déployées j par la même raifon qu'on en donne à la Re- nommée ; c'eft ainfi que Slodt^ , a carac- térifé cette figure dans le raaufolée du curé «le St-Sulpice.

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ÉTUDE.

C'est par elle qu'on parvient aux fcîences , c'eft pourquoi l'on repréfente VEtudc par un jeune homme, pour défigner l'âge propre à l'inftruûion. Son attitude exprime l'applica- tion qu'il faut y apporter, comme la plume fignifie que l'avantage de la fcience eft de la communiquer aux autres. La lampe & le coq font les emblèmes des veilles &: de la vigi- lance , qualités qu'exigent toujours le defir d'ap- prendre. La bibliothèque qui fait le fond du tableau , indique les fources la fcience fe, puife , comme la porte fermée annonce la tran- quillité & le recueillement néceffaire à V Etude,

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{ 19 )

EUROPE.

Cftte partie du monde eft repréfentée par une femme magnifiquement vécue ; elle porte la couronne que lui acquit autrefois l'empire des Romains fur l'univers. Aflîfe fur deux cornes d'abondance, emblèmes de fa fertilité, V Eu- rope , de la main droite , tient un temple , pour marquer que la vraie religion eft obfervée dans cette partie du monde ; de la main gauche elle porte un fceptre , qui exprime que le gouvernement monarchique eft établi dans prefque toutes les contrées de VEurope. Un cheval & des trophées militaires fe font re- marquer à fes côtés 6c défignent fa vertu guerrière , de même que les attributs des fciences & des arts caradlérifent la patrie qu'ils ont adoptée. Selon les poètes , VEurope doit fon nom à la fille d'Agénor , roi des Phéniciens, que Jupiter enleva & conduillc dans l'ifte de Crète.

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E U T E R P E.

Muse à laquelle on attribue l'invention de la flûce j c'eft elle qui préfide à la mufique. On repréfente Eucerpe fous la figure d'une jeune nymphe couronnée de fleurs , avec des papiers de mufique, des haut-bois & autres inftrumens à vent. Cette mufe , chez les anciens , préfidoit aulîï à l'art de plaire , dont la flûte étoit le fymbole ; c'eft pourquoi on la repréfente prcf». que toujours arec ccc inftiumeot»

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EXPÉRIENCE.

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EXPÉRIENCE.

Fille du temps &: de la réflexion, l'Expé- rience eft repréfeacée par une femme âgée , dans une atticude grave , impofance , tenant de la main droite le carré géométrique , ôc de la gauche une baguette qu'entoure un rouleau, fur lequel Ce lifent ces mots : Rerum magijlra , la maicrefTe des chofes. On fait que le carré géométrique, divifé en degrés, donne par la multiplication de fss deux nombres, les pro- portions , les rapports &: les diftar.ces. Inftruite par les fens, i' Expérience a le droit de les régler, & quelquefois de les reftifier, c'eft pourquoi on la repréfente appuyée fur la baguette , fymbole du commandement , l'Expérience devant prélîder non-feulement aux fciences, aux arts , mais à tout ce qui efl relatif aux connoiflances humaines.

PRÉVOYANCE.

Pk-Udence aélive que donne l'expérience Tome II. G

( 54) & le jiigemenr. Les anciens peignoient la Frévoyance avec deux vifages , pour in- diquer que la connoiffance du pafTé fert à prévoir les évènemens à venir; mais depuis que le goût a banni de l'allégorie ces mon- ftruofités choquantes , on repréfente la Pré- voyance fous les traits d'une femme d'un âge mûr, le regard attentif, & dans l'aftion de marcher; d'une main elle tient un compas ouvert , emblème de la reditude, & de l'autre une baguette furmontce d'un œil environne de rayons : fymboles connus de l'expérience & de la vigilance éclairée, dont Mignard a fait ufage en peignant la Prévoyance dans la galerie de Verfailles.

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FÉCONDITÉ.

L'emblème qui convient le mieux à la Fécon- dité efl une femme qui allaite deux enfans -, on la couronne de fénevé , plante qui multiplie abondamment ; à fes pieds font un lièvre avec fes petits ic une poule avec fes poullîns , ani- maux qui peuvent être regardés comme les fymboles de la Fécondité. On pourroit y ajouter une corne d'abondance.

FERTILITÉ.

La FertU'ué, ou fécondité de la terre , peut fc repréfenter par luie femme jeune, tenant des épis de bleds , des feps de vigne chargés de raiiInSjSc des fruits de diverfes faifons qu'elle répand de toutes parts.

STÉRILITÉ.

Parmi les difiFérens «mblêmes que les icono- logiftes donnent à la Stérilité, on a choifi celui d'une femme affligée, les mamraelles Cl

deflechêes, ayant auprès d'elle une bêche , une charrue, & montrant avec douleur des filions qui n'ont produit que quelques épines.

DISETTE.

Les' mêmes emblèmes de l'article précédent peuvent être employés pour peindre la Difette, en fupprimant les mammelles flétries dans la figure qui doit la repréfenter, parce que la Difette n'eft pas toujours d'une aulïi longue durée que la ftcrilité.

FAMINE.

Fille de la guerre & de la difcorde , on peint la Famine fous les traits d'une femme ex- trêmement maigre , le teint pâle & livide , l'air farouche , mangeant les relies de quelques animaux voraces , ou arrachant avec les ongles quelques herbes fanées pour afTouvir fa faim.

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FÉLICITÉ.

Les iconologiftes donnent diîFérens accributs à la Félicité , relativement aux differens genres fous lefquels on la confidère. Nous en diftin- guerons trois , la première eft la Félicité ^ proprement dite. Celle-ci ell peinte fous la figure d'une reine , ayant une couronne de diamans ; derrière fa tête , au-deffus de laquelle un génie tient fufpendu des couronnes de fleurs Se de fruit:, eft un foleil, emblème de la véritable Félicité qui ne peut être fondée que fur la fageffe. Auprès de cette figure eft une corne d'abondance, 6c de la main gauche la Félicité tient des palmes, des fleurs , des branches de laurier.

FÉLICITÉ ÉTERNELLE.

On la repréfcnte par une femme refplendiflante de lumière , couronnée de lauriers , aiïife fur un globe parfemé d'étoiles , tenant de la main

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droite une palme , Se de la gauche une flamme. Elle eft nue , pour défigner le mépris qu'elle fait des vanités mondaines j la palme eft le fymbole des viftoires qu'elle a remporté , Se la flamme celui de l'amour divin.

FÉLICITÉ PASSAGÈRE.

D'atrès quelques iconologiftes , on rcpréfente la Félicité pajfagère par une femme, le front orné d'un diadème , ayant une ceinture de diamans & tenant un fceptre. Elle marche avec rapidité & s'appuie fur la plante fragile qui porte peur fruit la callebaffe. On pourroir ajouter à cette figure des hirondelles 6c autres oifeaux de paflage.

INFORTUNE.

L'emblème le plus naturel de V Infortune tù. une femme affligée, couverte des lambeaux de la misère , le fein nud , defTéché , implorant à genoux des fecours, & montrant un enfant qu'elle gémit de ne pouvoir nourrir.

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FEU.

Chez les Romains, le Feu étoit repréfeiité par Vulcain au milieu des Cyclopcs ; mais on a préféré de peindre cet élément fous rcmblêrac d'une jeune prètrefTc de Vefla, dont l'emploi confiftoic à ne jamais laifTer éteindre le Feu dans les temples de cette déeffe ; fymbole de la néceflîté abfolue de cet élément, dont l'ab- fence occafionneroit la deftriiftion de l'uni- vers. Auflî n'a-t-on point omis dans le tableau la préfence du foleil , ce principe de la lumière ô: de la chaleur. Comme les anciens croyoient que la falamandre vivoit dans le Feu, &c qu'ils en avoient fait l'emblème de cet élément , on n'a pas cru devoir le re- jetter. Le Feu, félon la fable, rendoit auflî la vie au |bénix après lui avoir donné la mort j ce qui pourroit fignifier que cet élément eft auiÎ! dangereux que nécelTaire.

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FÉVRIER.

Ce mois , le dernier de l'année chez les Romains , prit fon nom de ce qu'il étoic confacré à Plucon , fiirnommé Februus ^ le Purificateur. C'étoit le mois l'on célébroit les expiations 6c les facrifices pour les morts. Comme la terre , &c ceux qui par leurs travaux contribuent à fa fertilité, font alors dans le repos , on a cru pouvoir donner à la figure qui repréfente ce mois, une attitude relative à cette idée. Le figne des poiflons eft entouré de rofeaux , pour défigner l'excellence de la pêche aux approches du printems , &C les pluies^ qui noyent encore les champs & les font quitter pour le féjour des villes, dont on a jugé à propos d'indiquer les amufemens par leurs divers attributs qui fe voyent repréfentés fur le devant du tableau.

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FIDÉLITÉ.

Cette dée'fTe avoir cher les Romains un culte, des prêtres , des temples & des autels. Parmi les attributs que lui a donné l'antiquité , le chien femble en être le modèle plutôt que l'emblème. On ajoute ici le cachet & la clef, parce que chacun de ces fymboles eft l'équi- valent de la Fidélité s notre fecret &C notre for- tune , confiés à un véritable ami , font aufli bien en sûreté que mis fous le cachet ou renfermé fous la clef. Les coffres-forts & les facs d'argent placés aux pieds de la Fidélité , comme fous fa fauve- garde , fervent à ap- puyer cette obfervation. On pourroit encore donner pour emblème à cette figure , deux mains jointes l'une dans l'autre.

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FINESSE.

On repréfente la Fïnefft par une femme qui tient un finge & un renard cachés fous fa robe. Comme l'on peut donner à cette figure les mêmes attributs qu'à la Rufe , on doit ca- raftérifer la Finejfe par un regard malin 8c une phyfionomie fpirituelle.

STUPIDITÉ.

Les iconologiftes repréfentent la Stupidité par une femme couronnée de narcifTe , tenant cette fleur à la main , & appuyée fur une chèvre qui broute des feuilles de la plante nommée chardon roulant. Mais ce qui doit défigner plus particu- lièrement la Stupidité, re font les traits du vifage , l'on doit remarquer le caradère diftinftif de cette figure : grands yeux ouverts , touche béante.

SOTTISE. Oh défigne la Sottife par une fenune coëfïée

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d'une calotte de plomb , 8c qui rit en regardant une girouette. On fait que le plomb eft l'em- blème d'un efprit pefant, &c que la girouette eft l'attribut de la Sottifej comme la marotte Teft de la folie.

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FLATTERIE.

Tous les iconologiftes s'accordent à donner une flûte à la Fl&tteriei le fon de cet inftru- ment étant toujours pris pour remblême des louanges. Pour faire connoître qu'elles font trompeufes , on a enveloppé d'un filet , fym- bole des pièges , l'autel de l'anaitié , fur lequel brûle des parfums. La fable du renard Se du corbeau , repréfentée fur une des faces de l'autel , achève de caradérifer la Flatterie,

AMITIÉ PASSAGÈRE.

Une femme jeune, couronnée de fleurs, fymbole de la flatterie , & tenant un nid d'hirondelles , peut fervir d'emblème à V Amitié paj/agère. Les hirondelles font des oifeaux de paflage , c'eft pourquoi l'on en voir plufieurs qui voltigent autour de la tête de V Amitié pajjagère , ou inconftante , dont la couronne eft compofée des fleurs qui onc le moins de durée.

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HAINE.

Aversion invétérée & fouvent aveugle lorfqu'elle eft fondée fur la jaloufie ou la pré- vention. Ce vice dangereux eft repréfenté par une furie , tenant un poignard entouré d'un ferpent , 8c dirigeant fa marche dans l'obfcu- rité à l'aide d'une lanterne fourde.

FLEGMATIQUE.

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FLEGMATIQUE.

Les anciens iconologiiles imaginèrent de re- préfencer les diverfes complétions ou tempé- rament de l'homme, tels que le colérique , le flegmatique j le fanguin, le mélancolique; quoique l'on ait rarement occafion de faire ufage de ces figures, on n'a pas cru devoir les omettre dans cet ouvrage , 6c on les trouvera placées fuivant l'ordre alphabétique. Le J^'eg- mcuique eft peint fous les traits d'un homme gras Se replet , vêtu d'une robe fourrée , les jambes croifées , les mains dans fon fein , & ayant à fes pieds une tortue. Le coflume ôc l'attitude du Flegmatique annoncent qu'il n'eft ni moins lent, ni moins parefleux que l'animal qu'on lui donne pour fymbole. Incapable de grandes conceptions & des élans du génie, fa marche dans l'étude des fciences & des arts reffemble aflez à celle de la corcue qu'on lui donne poar fymbole.

Tomt II* D

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FOI.

Une femme jeune , dont les traits annoncent la candeur , SC adorant le plus augulle des myftères de la religion chrétienne, eft le fym- bole de la Foit première des vertus théolo- gales. La flamme qui s'élève fur fa tête eft l'emblème du zèle qui l'anime , ce qui eft encore indiqué par U palme du martyre. La Foi eft un don du ciel ; c'eft ce qu'annonce poétiquement les rayons qui s'échappent d'ua nuage.

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( n ) FOI CONJUGALE.

On peut la repréfenter par une jeune fcmras , couverte d'un long voile Se tenant une tour- terelle. La Foi conjugale elle eft appuyée fur l'autel de l'hymen , orné de guirlandes , &c fur lequel on lit ces lettres VT. FX. telles qu'on les trouve gravées fur des monumei;s antiques ; c'eft l'abréviation d^ ces 4^ ux mets : ITtere Félix; fouhait qu'il étoit d'ufage de faire au mariage des anciens , &c qui ne pouvoit avoir d'accompliflement que dans la Fidélité conjugale.

LOYAUTÉ.

Les iconologiftes peignent la Loyauté fous plufieurs emblèmes ; nous avons choifi les plus fenfibles. Une femme , dont les traits annoncent la candeur, tient un cœur d'une main Se de l'autre un mafque brifé. La Loyauté peut fe repréfenter auffi avec les mêmes at- tributs, mais foulant le mafque fous fes pieds.

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TRAHISON.

La Trahifon eft peinte fous les traits d'unir vieille femme , la tète entourée de couleuvres , affe£tant un air riant •■, d'une main elle tient un mafque, & de l'autre un poignard fous fon manteau, dont elle cherche à s'envelopper, pour dérober la vue d'un énorme ferpenï prêt à s'élancer fur fa viftime.

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FORCE.

Les iconologifles repréfentent la Foret fous la figure d'une femme vêtue d'une peau de lion &; armée de la mafTue d'Hercule. Les vipères qu'elle écrafe , délîgnenc fon utilité , 8c la maffiie l'effroi qu'elle infpire aux méchans •, le laurier dont fon front eft couvert eft la digne récompenfe de cette vertu. La colonne fur laquelle s'appuie la Force eft fon attribut diftinftif , 6c le faifceau de flèches qu'elle tient , lui a fouvent été donné pour emblème. Les autres attributs placés à fes pieds , ainfi que les pyramides qu'on apperçoit dans le fond du tableau , font trop fenfibles pour avoir bcfoin d'explication.

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( Î7 )

FORTUNE.

Assise fur un trône & appuyée fur une roue, fymbole de l'inftabilité , la Fortune fe fait aifémenr reconnoître. La corne d'Amalthée , d'où découlent les richelTes , indique ce qui lui attire les adorations de l'univers, exprimées par l'encens qui brûle devant elle. Sur les degrés du trône fe voycnt répandus les attri- buts de ce qui fait ordinairement l'objet de l'ambition des hommes , les dignités j parmi cti attributs on n'a pas oublié de mêler les mitres aux couronnes.

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GÉNÉROSITÉ.

On peint la Ginérofité fous les traits d'une belle femme, vêtue de riches habits Se ayanc une couronne d'or fur la tête. D'une main elle répand des tréfors , ôc de Taucrc s'appuye fur un lion ; on fait que le lion eft le fymbole de la Générofité, ainfî que de la force Se du courage.

LIBÉRALITÉ.

D'apkÈs plufieurs iconologiftes , on a donnée pour attributs à la Libéralité, deux cornes d'abondance , un aigle 8c un compas. L'aigle lui eft attribué , parce qu'il abandonne , dit-on , une partie de fa nourriture aux autres oifeaux > & le compas comme emblème du difcernement de la Libéralité j lorfqu'elle répand fes bienfairs. Les deux cornes d'abondance, dont l'une eft remplie de monnoies , de médailles d'or , de perles. Se l'autre de fleurs ôc de fruits, achèvent de caraftérifer la Libéralité.

(60)

AVARICE.

Ce vice honteux eft repréfenté par une femrae vieille & maigre, tenant une bourfe fermés qu'elle prefTe contre foH fein. On peint l'Avarice fous les traits d'une vieille femme , parce que c'eft ordinairement le vice des vieillards ; fa maigreur annonce que V Avance fe refufe fou- vent le nécefTaire. Les facs d'argent , auprès defquels cette figure eft couchée , défignent l'amour déréglé des richeffes.

( ^l )

GÉNIE.

Ok le repréfente avec des aîles & une flamme fur la tête , parce que le propre du Génie eft de s'élever & de briller j mais il ne fe dé- veloppe qu'à l'aide des connoiffances , c'eft ce qu'on a voulu indiquer par les livres qui font à fes pieds. On y a joinc les attributs des fciences &c des arts qui lui doivent tout , Se un aigle , pour exprimer la hardieffe Se l'élé- vation naturelle au Génie. Les différentes couronnes qu'on voit ceindre une colonne, fignifient que la gloire eft la récompenfe du Génie; le rayon qui tombe fur la figure qui le repréfente, fait connoître que le Génie ne s'acquiert point , mais que c'eft un don de la nature.

ANGE.

Iktelligence célefte,que les peintres & les poè- tes repréfentent toujours fous la figure d'un beau jeune homme , nud ôc avec des aîles déployées.

{61 )

On peint les Anges nuds pour indiquer la fpirirualité de leur être ; leurs aîles annoncent la rapidité avec laquelle ils exécutent les ordres du ciel. On fçait que les Chérubins fe repréfentent avec une tête accompagnée feulement de deux petites aîles.

I

(^3 )

G É N l E. ion)

Un jeune homme d'une figure agréable , nud , tenant un ferpent, & couronné de feuilles de platane, c'eft ainfî que le Son Génie eft re- préfenté dans plusieurs médailles antiques. La couronne de feuilles de platane déiïgne le bonheur, &c le ferpent eft, comme on fçait, le fymbole de la prudence. Les anciens croyoient qu'un Génie préfidoit à la naiffance de chaque homme, l'accompagnoit et veilloit à fa confervation.

GÉNIE. { le mauvais )

Les Iconologiftcs repréfentent le Mauvais Génie par un vieillard ayant le regard ef- frayant, la barbe longue, les cheveux hérifTcs, & tenant un hibou. C'ell ainfi qu'il apparut , dit-on , à Brutus à Aftium. On fçait d'ailleurs que le hibou étoit regardé par les anciens comme un oifeau de mauvais augure.

( ^A )

GÉNIES, {les)

Les Génies des fciences & des arts fe re- préfentent par des adolefcens , ou des enfans , ayant une Hamme fur la tête & tenant les attributs ou les inftrumens des fciences ou des arts qu'on veut délîgner.

GEOGRAPHIE.

(«5 )

GÉOGRAPHIE.

Comme c'eft à l'aftrouomie qu'on doit la connoifTance exade de la terre , on a repré- fenté la Géographie fous la figure d'une femme tenant de la main droite un compas , avec lequel elle mefure des degrés fur un globe célefte ; de la main gauche elle montre une fphère arniillaire ; à fes pieds font un quart de cercle , diverfes cartes déployées , 6c des livres , pour indiquer que la Géographie em- prunte les fecours de la géométrie 8c des fciences exades.

Tome II.

( Û6 )

( Cl )

GÉOMÉTRIE.

Science des propriétés de l'étendue; on a repréfenté la Gtomécrie enfeignanc & démon- trant le fameux problême du quarrc de l'hypothénufe , pour la découverte duquel , dit-on , Pythagore facrifia une Hécatombe aux Mufes en aélion de grâce de ce bienfait. Ce problème, par les progrès qu'on a fait dans la Géométrie , efi: devenu moins digne de confîdération ; c'eft pourquoi on a cru devoir y ajouter le problème de la cycloïde du pen- dule ; & pour déligner les fedions coniques , on a tracé fur un tableau au-deffbus , des cônes coupés diverfement.

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GLOIRE.

Couronnée du laurier qui la caraâérifc , la Gloire tient d'une main la viftoire qui communément fait tour l'éclat des conque- rans , tandis que les monumens élevés par l'amour des peuples à la mémoire des bons rois , font d'un bien plus haut prix , 6c d'une gloire bien plus durable. C'eft ce qu'indique la pyramide que la Gloire em- braffe , tandis que le Génie de l'hiftoire s'occupe à tranfmettre à la poftérité les suions des grands hommes , & des bienfai- teurs de l'humanité. Les palmes , les arcs de triomphes , le temple de mémoire ornent Is fond du tableau , fur le devant duquel font les difl-inûions honorables , Se les ré- compenfes dues au vrai mérite.

VICTOIRE.

D iviNiTÉ révérée des Grecs fie des Romains

(7o) à laquelle ils avoient éleyé des temples. On la repréfente , ainfî que l'indique la petite figure que tient la Gloire , par une jeune

fille , les aîles 'déployées , tenant d'une main une palme et de l'autre une couronne lauriers.

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J.ÙSLl.k:,^;u:.

C 71 ) GOUT.

Ce fens eft d'une néceflîté tellement indif- penfable , qu'il eft donné à tous les animaux. Le Goût eft repréfenté par une jeune femme, fraîche , animée , portant d'une main une corbeille pleine de fruit & de l'autre un faucon , fymboles des deux fortes d'alimens dont l'homme fait ufage. Le faucon , chez les anciens, a été pris pour l'emblème du Coilr, parce qu'on croit que cet oifeau eft très- dclicat , 8c qu'il aime mieux foufFrir la faim que de manger aucune viande corrompue. Le chêne fait allulion à la première nour- riture de l'homme qui , Ci l'on en croit les poètes , a été le gland , auquel fuccé- dèrent les dons de Cérès exprimes par la charrue , comme ceux de Bacchus le font par les coteaux couverts de vignes. Le mors qui fe voit aux pieds de la figure du CoMf, annoncent que ce fens a befoin du frein de la tempérance pour ne pas altérer la fauté.

E4

(70

( 7? )

GOUVERNE M EN S. -ARISTOCRATIE.

O N peut repréfenter V Ariftocratle par une femme ayant fur la tête une couronne d'or & tenant un faifceau de verges lices enfem- ble ; ce faifceau , fymbole de l'union , eft entouré d'une guirlande de lauriers. VAriflo- cratie tient une hache , s'appuie fur un cafque & fur des facs remplis d'or , pour indiquer la diftribution des récompenfes & des peines , êc pour annoncer que fa force réfide dans le courage & les richefles des citoyens.

DÉMOCRATIE.

Les iconologiftes repréfentcnt ce gouverne- ment par une femme vêtue fimpleraent , couronnée de feuilles de vigne & d'orme , tenant d'une main une grenade fie de l'autre des ferpens , auxquels il feroit mieux de fubflituer des couronnes civiques. On fçait

\

(74)

que ces divers attributs font les fymboles de l'union , bafe de la Démocratie. Un gouvernail , foutenu par un grand nombre de baguettes, achève de délîguer ce gou- vernement. Aux pieds de la figure qui le repréfenrc on voit du bled , partie à terre , partie dans des facs , pour fignifier que la Démocratie s'occupe eflentiellement de ce qui eft néceffaire à la fubfiftance du peuple.

THÉOCRATIE.

Gouvernement qui réunit dans la même perfonne le facerdoce 6c l'autorité fuprême. Quoique plufieurs nations ayent eu un gou- vernement théocratique , tels que les anciens Gaulois , fous leurs druides , & les Romains fous leurs empereurs , qui reraplilToient en même-temps les fondions de fouverain pon- tife , cependant on ne connoît dans l'antiquité de Théocratie , proprement dite , que chez les Juifs, depuis Moïfe jufqu'à Samuel; S>C chez les modernes que dans les états du pape. On

i7S ) peut conful:er,pour la Théocratie des Hébreux, la figure de la Religion judaïque, en fuppri- mant les accelToires (jui font autour d'elle. La Théocratie moderne peut fe repréfenter par une femme dont l'attitude efl: majeftueufe , coëfFée de la thiare , vêtue d'une chappe & portant une ctole ; d'une main elle tiendra deux clefs , & de l'?-acre un glaive , allufion aux deux po'.ivoirs du fouverain de Rome. Le fond rcpréfenrera , d'un côté , la bafi- lique de Sdnt-Pierre , & de l'autre le môle d'Adrien , connu fous le nom de Château St-Ange.

MONARCHIE.

Une femme fuperbement vêtue , allife fur un trône, ayant une couronne de rayons fur la tête, & un fceptre à la main, tels- font les traits fous lefquels les iconologiftes repréfentent la Monarchie. Elle eft appuyée fur un lion , fymbole de la domination , de la force & du courage ; le ferpent &: les

(70

faifceaux d'armes font les emblèmes de U prudence & des conquêtes.

MONARCHIE UNIVERSELLE.

On employé les mêmes attributs que dans la figure précédente, pour défigner la Mo- narchie Univerfelle , mais la figure qui la repré- fente doit être artlfe fur le globe du monde.

DESPOTISME.

Abus du pouvoir abfolu , le Defpotifme peut fe repréfenter par un fultan ombrageux , d'un afpeft féroce , tenant en main une épée nue> & de l'autre un fcçptre de fer» On peut ajouter à cette idée , en plaçant autour de fon trône des efclaves profternés , & des fatellites armés de glaives.

TYRANNIE.

CoMMS la crainte eft toujours le fupplîce des tyrans , on peint la Tyrannie fous. U

(77 figarc d'une femme pâle , effrayée , le re- gard fombre Si farouche , ayanc pour fceprre une épée nue , &C tenant un joug de la main gauche. A fes pieds font des chaînes , des faifceaux déliés , fie autres inftrumens des fupplices.

ANARCHIE.

Suite affreufe de la guerre civile , licence effrénée du peuple lorfque le pouvoir légitime & les loix , fans aftivité, fans vigueur, font également méprifés. Les iconologiftes n'ont point parlé de cette crife effrayante , mais on peut xepréfenter V Anarchie fous la figure d'une femme dont l'attitude annonce la fureur , les yeux couverts d'un bandeau , les cheveux épars, les vêtemens déchirés , foulant aux pieds le livre de la loi , pofé fur un faifceau de baguettes , fymbole de l'union ; d'une main l'Anarchie tient un poignard &c de l'autre une torche allumée , allufîon aux crimes qu'elle fait naître j un fceptre brifé, un joug rompu

(78 ) achèvent de la caraûérifer. Le fond du tableau pourra repréfencer un combat entre des ci- toyens , dont les armes de différentes cfpèces , indiquent les infurreftions populaires ; & plus loin une ville incendiée.

{79)

GRACE.

Prise en général, la (Jrace eft repréfenccc par une jeune femme, belle & riante, vètuc d'iiabics légers , moins riches qu'élégans ; fa coërtiire eft ornée de fleurs ôc de pierres précieufes, le goùc doit faire dirparoîtrc l'art. La Gra.ce répand des fleurs fans épines, fymbole qui lui eft paniculier ; dans fes traiu 6: dans fon maintien, on doit remarquer ce molle at que facetum fi recommandé par les poètes , ôc cette expreflîon naïve qui la ca radlérife fi heureufemenr.

.La Grâce, plus belle encoc que la Biautc-,

GRACE DIVINE.

Les iconologiftes ont reprcfenté la Grâce, divine fous la figure d'une belle femme, environnée d'une lumière refplendilTante. Le Saint-Efprit , fous la forme d'une Colombe , plane au-deffus de fa- tête, ôc près d'elle

(8o)

font une coupe & un livre eft écrit : Bibite & Inebriamini. D'une corne d'abon- dance la Grâce divine répand les emblèmes des vertus ; le miroir de la prudence , le lis de la pureté , le foleil de la fagefTe ; des colombes , images de la douceur , s'en échap- pent aufll , & font accompagnées de fleurs. Le rameau d'olivier que la Grâce divine tient à la main, eft ici le fymbole de la paix ôc de la tranquillité de l'ape.

GRACES.

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( 8i )

G R A C P: S. (les)

Les Grecs ont repréfeaté les Grâces fous remblèine de trois jeunes filles nues , qui s'embralTent ou fe tiennent par la main •, elles ne doivent être ornées que de guirlandes de fleurs qui les enchaîaent. Ces trois divi- nités , compagnes de Vénus , ont été nommées Euphrofine , Thalie & Aglaé.

BEAUTÉ,

Sj\ns les Gr.ices, la Beauté n'oiîre point ces attraits touchans, ce charme invincible qui lui alTurent les vœux & les hommages des mortels ; c'eft pourquoi les poètes ont donné les Grâces pour compagnes à la Beauté. On la peint ordinairement fous les traits de Vénus ; mais pour ne point faire d'équi- voque , il eft â propos de fupprimer les attributs particuliers à cette déelTe. La Beauté fera donc repréfentée par une belle femme , prefque nue , mais fans immodeftie , ornée Tome II. F

( Si ) d'une guirlande de lys &: de violette , & tenant à la main le trait dont elle bleiTc tous les cœurs. Pour indiquer encore le pou- voir de la Beauté, on peut ajouter auprès d'elle un fceptre, & des chaînes d'or cachées fous les fleurs , fymboles de fa puilTance.

AMOUR.

Après une efquifTe de la Beauté , on doit en trouver une de V Amour, le plus beau, le plus puiffant des Dieux. Fils de Vénus Se de J^ars, V Amour, ou Cupidon , eft toujours repréfcnté fous la figure d'un enfant aîlc , donc le regard malin annonce qu'il foumet , en riant, tous les mortels à fon empire. Sa attributs font un arc, un flam.beau, un car- quois qui contient fes dangereux & inévitablei traits. Quoique V Amour foit fils de la Beauté , on le peint cependant quelquefois avec un bandeau fur les yeux; le fens de cet em- blème ingénieux ôc cxprefEf eft uiuverfeUe-

( 25 )

nienr connu , ainfi que celui des attributs donués à VAmour, Les Jeux 8c les Ris qui l'accompagnent ordinairement , font repré- fentes par des enfans fo!ât-es , ayant des aîles de papillon; allufîon à l'inconllaiice des plaifirs de l'Amour. Lorfque l'on peint ce Dieu comme amant de Pfyché , on le repré- fente toujours adolefcent. La devife qui con- vient le mieux à V Amour, cfl; renfermée dans ce diflique heureux :

Qui que tu fois, voici ton maître; Il l'eft , le fut , ou le doit étrs.

AMOUR DE LA PATRIE.

La révolution étonnante qui vient de s'opérer en France, engagera plus dune fois les ar- tiftes à faire ufage de la figure que nous allons décrire , pour tranfmettre cet événement à la poftérité. Les iconologiftes repréfentent V Amour de la Patrie par un jeune guerrier, dans le coftume romain, tenant deux couronnes, l'une obfidionale , ou de gramen , &c l'autre de F 1

( §4) chêne. La première de ces couronnes eft relative à celle qui fut décernée par le fénat à Fabius, après la féconde guerre punique j la couronne de chêne étoic donnée chez les Romains à celui qui avoir fauve la vie à un citoyen. On peint l'Amour de La Patrie fous les traits d'un jeune guerrier, parce que cette noble paffion ne vieillit jamais; fes vètemens militaires annoncent que le vrai citoyen eft toujours prêt à fecourir fa patrie. Sur le devant du tableau paroît un gouffre d'où s'échappent des flammes, allulion au dévoue- ment héroïque de Quintus Curciut.

( »>- )

GRAMMAIRE.

F L L E efi; repréfcncéc par une femme , d'un caraûère grave , arrofanc de jeunes plantes , parce que c'eft par elle que commence l'inftitution des enfans, La clef que tient la Grammaire doit être confîdérce comme celle des fciences, vers lefquellcs la Gram^ maire eft le premier pas. Le goût na- turel de l'homme pour elles , s'exprime par l'enfant qui témoigne le deiîr de poffcder cette clef, après avoir jette derrière lui les amufemens de l'enfance j le livre qui eft aux pieds de la Grammaire , préfente les premières lettres de l'alphabet. Le temple élevé , qui fe voit dans le lointain, eft celui de la fcience, ou de Minerve , dont l'accès eft difficile ; le foleil levant peut encore être employé comme le fymbole de l'efpérance que donnent le s bons coramencemens d'éducation.

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(27 )

GRATITUDE ou RECONNOISSANCE.

Une femme, jeune, tenant une cigogne, eft l'emblème particulier de la Reconnoijfance. On la peint jeune , parce que , dans une amc reconnoi liante , le fouvenir d'un bienfait ne vieillit jamais. La Gratitude tient à la main une branche de lupins , à caufe que cette plante fertilife la terre elle croît ; mais l'attribut diftinftif de la Reconnoifance eft la cigogne -, cet oifeau a , dit-on , foin de fes parens dans leur vieillefle, leur prépare un nid, des dé- pouilles de leurs vieilles plumes , 5c leur donne à manger jufqu'à ce que les nouvelles foient repoulTées.

INGRATITUDE.

On repréfenre ce vice odieux par une femme maigre, hideufe, qui tient deux vipères, dont' Tune mord la tête de l'autre ; parce qu'on f 4

(8S)

prétend que quelquefois dans leur jonftion Is femelle mord la tête du mâle jufqu'à lui donner la-«mort. On donne auflî à Vlngratitude une ceinture de lierre , par la raifon que cette pbnte détruit fouvent l'arbre qui a fervi à l'élever , ou le mur qui eft fon foutienr.

( h) GRAVITÉ.

Quoiqu'on ne fafle pas un fréquent ufagc de cette figure , on n'a point cru devoir l'omettre. Les iconologiftes repréfencent la Gravité par une femme d'un âge mûr, vêtue de pourpre , avec un papier écrit & fcellé , attaché à fon cou Se pendant fur fon fein -, elle s'appuye fur une colonne qui porte une figure de Pallas , & fes vêtcmens font parfemés d'yeux &c de plumes de Paon. De la main droite , la Gravité tient une lampe ; ce dernier attribut , ainfi que les yeux , font re- latifs à la prudence ; la pourpre , les plumes de paon & la lettre fcellée , font les em- blèmes des places éminentes , ainfi que la colonne furmontée de la figure de Pallas.

LÉGÈRETÉ D'ESPRIT.

Les iconologi/tes reprcfentent la Légèreté d'efprit par une femme jeune , ayant des

( 50 )

ailes à la têre, aux pieds &: aux mains; elle tient une girouette , Se autour de fa têïe on voit voltiger des papillons.

f 91 )

GRAVURE EN TAILLE DOUCE.

Fille du deffin , ainfî que la peincure &: la fciilpture , la Cravure peut être rcprcfencée par une jeune mufe appuyée fur une table , l'on voie les inftrumens de fon art ; elle tient un burin, ôc obferve une planche fur laquelle l'eau forte achève ce que la pointe a tracé. Comme la Gravure exige une étude approfondie de la fcience du dellîn , on a tâché de faire appercevoir dans le fond du tableau l'Apollon du Belvédère , la tête du Laocoon , celle de la Vénus Médicis , em- blèmes de la corrediicn , de l'exprelîion Se de la grâce. Les eftampes du chevalier Ede- lisick , SiC les batailles d'Alexandre , gravées par Gérard Audra". jindiqucnt les chcf-d'ceuvres de la Gravure dans diiFérens genres.

Si l'on delîroit faire ufage d'une allégorie plus étendue, on pourroit, d'après le poemc Litin du père Doljjm , repréfenter , auprès de la Gravure^ la peinture £a. fixur qui lui

1

préfente fes ouvrages & implore pour eux le fecours du burin qui doit les immortaîifcr en les multipliant ; fur le devant du tableau l'on verroit le Tems abbatu , fa faux brifée ,. gémiflant des triomphes d'un art qui rent^ fes fureurs impuiflantes.

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(î»î )

G U E R R £.

bous les traits de BcUone on peint la Guerre le cafque en tête, les cheveux épars, l'œil étincelant ; elle eft armée d'une pique & tient de la main gauche le flambeau def- trufteur qui eft encore l'attribut de ce fléau. La Guerre marche fur un monceau d'armes ; on peut y ajouter tout ce qui fert à carac- térifer la cruauté, le courage, & repréfenrcr dans le fond une ville confuraée par les flammes.

TRÊVE.

On repréfente la Trêve par une jeune femme , dont la main gauche eft pofée fur le cœur , en figne kIc confiance &: de bonne- foi ; de la main droite elle tient une épée , dont la pointe eft baiiTée ; emblème de la fufpenfion d'armes. La Trêve eft fans cafquc, mais vêtue d'une cuiraffe , parce que les< hoftilités ne font qi;e fufpendues.

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( 94 )

(35 )

HISTOIRE.

Eli-e inflruic des faits &: procure l'expé- rience de tous les âges -, c'eft pour cela qu'on repréfente VHiJtoire écrivant fur le dos de Saturne , emblème du tems. Elle regarde en arrière , pour indiquer qu'elle écrit les chofes palTées, & qu'elle les tranfmet â la poftérité. Les aîles qu'on donne à VHiJIoire fignifient la facilité qu'elle a de fe communiquer par-tout, d'où réfulte fou utilité générale ; & le diadème qui lui ceint le front , annonce qu'elle eft fur - tout la leçon des Rois. La trompette eft le fymbole des aftlons glorieufes qu'elle fe plaît à nous tranfmettre ; la ville embrâfée , qui fait le fond du tableau, exprime la deftruûion des empires, article remarquable & iniîruftif des annales de VHifioire , &c le foleil , repréfente fur fon eftomac , eft l'emblème de la vérité fie de l'impartialité qu'elle doit avoir. Les

( )

moiiumens antiques font les preuves de VfJiJioire-y c'ell ce qu'on a voulu défigner par la py- ramide , ainlî que par les médailles répandues auprès des ouvrages d'un des plus anciens hiftoriens de la Grèce , Thucidide. ( Voyez l'article Clio.)

HIVER.

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HIVER.

D'AtKès un monument antique , on a re- préfenté cette trille faifon par une vieille femme, la rête couverte d'im pan de fa robe, & fe chauffant devant un brafier. La vieillefTe, peinte dans le tableau fous les traits de cette femme, fignifie celle de l'année, parce qu'en Hiver la terre femble lalTée des efforts qu'elle a fucceflîvement fait pendant les trois faifons précédentes. Dépouillée alors de fes ornemens, elle paroît trifte 8c mélancolique comme cet âge. Un enfant qui arrive chargé du produit de fa chaffe, exprime que V Hiver eft la fai- fon des feftins. On n'a pas cru deyoir rieû ajouter à cette ingénieufe allégorie.

Tome It.

(f8)

Jùrf-nr./ .KW/i-

( ^? )

HUMANITÉ.

> ER.TU qui nous porte à contribuer au bonheur de nos fembUbles. Ou la reprcfcnca par une jeune femme- dnnr le vifage exprime la fenfîbilité ; elle s'emprelTe d'ouvrir fa robe pour recueillir des enfans prefque nuds. Comme la bienveillance eft un des fentimen$ qui caraûérife l'Humanité, &C qu'elle aime mieux qu'on ignore les récompenfes qui lui font accordées que d'affliger l'amour-propre, elle cache dans fon fein les couronnes qu'elle a remporté.

COMPASSION.

Sentiment qui nous porte à pourvoir aux befoins & à foulager les maux qui affligent l'humanité. La Compajjîon diftribue d'une main de l'argent aux infortunés , & de l'autre tient un nid , fe -voit un pélican qui fe déchire le fein pour nourrir Ces petits : cet emblèiac

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( ÎOO )

expreiïîf qui nous vient des Egyptiens , eft trop connu pour avoir befoin d'explication.

CRUAUTÉ.

Caractère affreux qui naît de la lâclieté jointe à la férocité. La Cruauté annonce , par un fourire perfide, le plaifir barbare qu'elle éprouve à la vue d'un incendie , tandis qu'elle étouffe un enfant au berceau , fymbole de l'innocence •, auprès de la Cruauté font plu» fieurs autres enfans baignans dans leur fang, viâimcs des dangereux emportcmens de cette furie.

\

HUMILITÉ.

On la repréfeiue enveloppée de fes vêtemetis, & tenant une corbeille remplie de pains , parce que ^Humilité ne cherche point à pa- roître, & qu'elle cache fes bonnes œuvres; elle aime encore à fe rabaifler, c'eft ce que défigne le fac qu'elle porte fur les épaules ; le miroir &c les plumes de paon que VHumilité foule aux pieds indiquent le mépris qu'elle fait des vanités mondaines.

JACTANCE.

Ii'emblfmv de la JaSanrp cft une jeune femme, parée de plumes de paonj elle fonne de la trompette , d'où l'on voit fortir quelques rayons de gloire , mais entourés de fumée, parce que la JaUance nuit beaucoup au vrai mérite.

VAINE GLOIRE.

La Vaine gloire eft repréfentée par une femme, coëfFée de plumes de paon , ayant des oreilles

G}

( lo-i )

d'âne , & tenant une trompette qui lui fcrî à publier le mérite qu'elle n'a pas ; c'eft pourquoi l'on pourroit ajouter à fes pieds un corbeau , fier d'étaler une faufTe queue des mêmes plumes dont la Vainc gloire eft parée.

VANITÉ-

Une femme richement vêtue , portant un cœur fur fa tête , entouré d'une auréole & de plumes de paon, autour defquelles voltigent des papillons, eft l'emblème que les iconoîo- giftes donnenr ordinairement à la J^aniti. Le creiir déGgne qu'elle découvre inutilement fes penfées , les autres iymboks n'onr pas befbin d'explications. On ne donne point d'oreilles d'âne à la Vanité, parce qu'elle accompagne quelquefois le vrai mérite.

( ïo? )

HYMEN.

On repréfenre ordinairement cette divinité fous les traits d'un adolefcent , couronné de rofes & tenant un flambeau ; mais cette allé- gorie ayant trop de reffemblance avec celle du 4icudu Goût, on a cru, d'après plufieurs iconologiftes , devoir repréfcnter V Hymen fous la figure d'un jeune homme , ayant des entraves aux pieds & un joug fur les épaules , pour exprimer qiip dans le mariage on perd. fa liberté , &c qu'on doit fupporter les obliga- tions que cet état impolé. Le mariage étant mêlé de plaifirs & de peines , on donne ici à V Hymen une couronne de rofes &c d'épines j fon joug eft enlacé de fleurs , & la flamme réunie des deux flambeaux , efl: l'emblème naturel de l'union qui doit régner entre les époux.

CÉLIBAT.

ti E Célibat adouci par les plaifirs peui fe peindre fous les traies d'un jeune homme qui

G4

( I04 )

fuit arec vélocité le flambeau de l'amour & porte au bout d'une flèche le bonnet la liberté. L'Amour sème des fleurs fur les pas du Célibat qui foule aux pieds les chaînes 8c le joug du mariage.

CÉLIBAT RELIGIEUX.

On peut repréfenter le Célibat religieux & chafle par un jeune homme fuyant l'amour , & foulant aux pieds fon flambeau ; d'une main il tiendra un lis, emblème de la chafteté, &c de l'autre un livre, feront écrits ces mots : Cajiigat corpus meum.

VOLUPTÉ.

Déesse qui préfidoit aux plaifîrs, & à laquelle les Romains avoient élevé un temple. Sous un berceau de myrthe & de rofes, on peint la Folupté couchée fur les cou/fins de la mollefle, fes regards languiflans invitent aux carelTes de l'amour j mais fon teint pâle an-

( loj )

nonce que la triftefTe marche à la fuîte des plaifirs. On pourroic ajouter des caffolettes fur le devant du tableau , & faire tenir à la yoUipté la coupe enchantereffe de Circé.

LIBERTINAGE.

Ce vice eft défigné par un jeune homme qui, les yeux bandés , va fe précipiter dans les bras de la luxure; il marche fur un amas de feuilles , fous lefquelles font cachés plufieurs ferpens.

VICE.

Les iconologiftes ont repréfenté le Vice fous des emblèmes tellement obfcurs, ou infigni- fians , qu'on n'ofe plus en faire ufage. Ce font prefque toujours des monftruofités fabuleufes ; tantôt une harpie, tantôt un hydre carefle par un jeune homme j mais l'allégorie devant parler à l'imagination par des images fenfibles , le Vice doit être perfonnifié, comme dans la figure précédente , par un jeune homme

{ ^06 )

coarâut avec vélocité dans un fentier jonché de fleurs , fous lefquelles font cachés des ferpens. Au lieu d'avoir un bandeau fur les yeux , le yice tiendra un mafque agréable avec lequel il s'emprelTera de cacher la lai- deur de fes traits ; on le repréfente dans l'aftion de courir, parce que les progrès du f^ce fonr très - rapides. Il ne doit point paroître nud , mais couvert de riches vète- mens avec lefquels il s'enveloppe pour cacher fa difformité ; on peut appercevoir fous fes habits un filer & un hameçon, pour figniiier que lorfqu'on tombe dans les pièges du Vice, il eft très difficile de s'en retirer. La firent peut encore fervir d'attribut à cette figure.

Pour peindre les Vices en particulier , on peut confulter, à la table générale, ceux qui ont une dénomination direde.

( '07

)

TABLE DES

ARTICLES

DU SECOND

VOLUME.

A.

Amitié paffagère »

47

Amour ,

82

Amour de la Pairie ,

«î

Anarchie,

77

Ange,

éi

Arijlocratie ,

75

Avarice ,

6q

B.

Beauté, 81 Bon génie , voyez Génie bon & mauvais.

C.

Célibat, 105

Célibat religieux, 104

Chicane , 1 5

Compajfion , ^^

Cruauté, ïOO

/

(

io8 ) D.

Découragement t

II

Démocratie,

7J

Défefpoir,

17

Defpotifme»

•76

Difette,

E.

î«

£au ,

X

Économie :,

$

Ecriture,

î

Éducation,

7

Éloquence,

9

Emulation,

IZ

£nvie ,

ZI

Équité,

*3

I.rato ,

Efpérance,

>7

Efpérance chrétienne.

I?

Été,

ai

Éternité,

Èfude,

*7

( 10? )

Europe» *9

Eiuerpe , 3 1

Expérience i 3}

F.

Famine t 3*

Fécondité,

Félicité, 37

Félicité éternelle , 37

Félicité pajjfagère , 38

Fertilité, 3 T

i'fia, 3?

Février, 4i

Fidélité, 45

Finejfe, 4y

Flatterie , 47

Flegmatique , 4^

Foi conjugale , ç3

Fortune , j7

G.

Cénirofiti, 5j

C"o)

Ginie ,

il

Génie ( h bon Ç? le

mauvcds ) ,

Génies {les) ,

^4

Géographie ,

«î

Géométrie t

«7

Gloire,

69

Goût,

71

Gouvernemens,

75

Grâce,

79

Grâce divine ,

79

Grâces {les).

il

Grammaire,

Gratitude,

87

Gravité,

69

Gravure en tailU'douce ,

9^

Guerre,

H.

93

Haine,

48

Hifioire,

9S

Hiver ,

97

Humanité,

99

Humilité,

toi

d")

Hymen,

lOJ

L

Ignorance»

7

Infortune,

î8

Ingratitude,

*7

Immortalité,

24

Iniquité,

J4

Injuftice,

»3

J.

JaSance,

lOX

Jeux, voyez Amour.

L.

Légèreté d'ejpriti

8?

Libéralité,

J?

Libertinage,

105

Loyauté,

ÎJ

M.

Mauvais Céme

, voyez C7«'nJe ion 5* mauvais.

Monarchie ,

•7Î

Monarchie urùverfelle, 76

P,

Prévoyance,

31

(nO

Prodigalités Profufion,

R.

Reconnoijfance , voyez Gratitude, Ris, voyez Amour.

S.

Sottife, Stérilité t Stupidité,

Tems, Théocratie Trahifon , Trêve , Tyrannie^

Vaine gloire.

Vanité,

Vice,

Viiïoire,

Volupté,

T.

V.

4S

AI

74 54 ?i ^6

lei loy 104