174 LIVRE SECOND

faire mille maux éc les poudres qu on bailloît a cha-*' -cu,& que l'vnc auoit fài^k 3o.ans ce myfterc.Et queU guesfoij le Diable Ce monftroit en guife d'homme ft)rtnoir& hideux. Quant aux viandeSj&perfonncs qui s'euanouiffent^nous en auons vn tcfmoignagc en PhiloftrateLeranien, autheur Grec, qu'Apollonius Thianaeus eftant entre en vne maifoUjOU les Sorciers laifoyentdc femblables feftins, les menalîà aigremér^ &roudaintoutdtrparutjtables,viandes,penonncs,6c meubles, & ne fc trouua qu Vn ieune homme que les Sorciers auoyent nouucllement feQuiâ:. Et fans allet loing, plufieurs fçauent , qui font encorcs plein de vie,que Tvn des Comptes d'Afprcmont traiÀoit , & rcceuoit magnifiquemeut toutes les compagnies qui venoyent en fa maifon , & receuoyent vn grand contentement des viandes exquifes, du (eruice, & de? raboridancede routes chofes : Neantmoins quanj l€shommes,& cheuauxauoiét (brtyde fa maifon, i\i mouroyent de fain & de foif. Ce que i'ay fçcu de plu- ^eursperfonnesqui fonrcncoresen vie. Tel cftoit le Compte de MarGon5des plus grands Sorciers de Con lemps , lequel nous trouuons en nos hiftoiresl^ auoir ^'1» crtc appelle par vn homme lors qu'il rraitoit afa tablé ^"^"'^'grandec6pagnie,«?rn'orantderobeira Satan , iltrou- na vn cheual noir a la porte qui l'artendoiCjfur lequel il fut foudainportcauec l'homme ôc difparut, ian» famais plus eftre veu.Le femblable aduint a Romule, comme recite Plutarque, lors qu*ileftoit au champ du Marais de la cheure , il vint vn tourbillon de tem- peftc^par lequel il fut efleué & nefutiamaisvcude- puis,cequi fut certifie &atteflc par les Princes & Sei- gneurs,quiraccoulloyent en grand nombre , nicfme pour confirmation de fon dire il adiouftc deux autres exemples femblables lVnd»Arifteus Proconefien, ÔC l'autre de Clcomedc Aftypaleâ^PhiloftrateLcmnien

âïÙk

î

05, V

,u..cnrc|)«a«MKkf''

(Ofd,(jfl{icDiAt»<^

:r!.::rco:ciifaiioiiàsooif iimmi^ cQodboM» n lions, coMbnùi^asn iivenad'AbttipeiKai ûméiùkf,i»}mk\ ^ir(|uVnl)Oitditf abrita

yainiou>l«.viwnj>f?^ ptakioi^iCq^iDiliigMiJ

pifdenrrrrr

I

s

*'5K08t

^^'«*ui. Il

•^«niéic'

aoii.i

4

iteiNooc

.«■'JMmrjDCr.

DES SORCIERS,

»7J

dit le fcmblabîc cas eftrcaJucnu à Apollonius Thia- naeus, qu'il a voulu déifier par ce moyen , quoy qu'il fuften réputation d'eftre le plus grand Sorcier de (on aage: & d'autant qu'il y en a quelques vns qui (c veu- lent preualoirdVn Concile national ou Conciliabu. le d'Âquilee,que nous auons remarque cy dtflus, i'ay bien voulu remarquer les Théologies ^qui font d'ac- cord, que le Diable tran (porte les Sorciefres en corps. le mcds beaucoup d'authoritez de pluGeurs peuples & nations, à fin que la vérité foit mieux efclarcie , & partantd'cxemplcs fi fou ueni expérimentez, non par fonges,ny refueries^mais par iugeroenscontradi^oi- res^parcoacufations des complices: récriminations, recolemens , conuidtions, confrontations , confef- fionSjCondemnai ions, exécutions: Entre lefquellcs il y en a d'Alemaigne vne mémorable, que recite lo achim de Câbray, au liutede Natura ddmonum^ qui dit qu'vn boucher allaxitla nuidlparvnbois^oyant le bruit, ôc les danfes il fuyuit,& approcha, il ap- perceut des cou ppcs d'argent, qu'il prinr après que foudain tous les Sorciers,& Diables dirparurcr,& les porta Iciourfnyuantau magiftrat: lequel fift venir ceux de qui lescouppes portoient les marq nés, & ac- cu ferent les autres, qui furet exécutez. L autre exem- ple eft encoresplus infigne d'vne exeeution,qui a efté fâide à Poidliers,ran 1^74, qui m'a efte récitée, eftât fur les lieux, & depuis encorcs parSaluertPrcfident de Poi6liers, qui fut appelle au iugcment auec Da- uenton alors Prefideni de Poié^iers, &c autres luges ^ qui eft alTè2 notoire en tout lepaysrtroisforciers éc vne Sorcière furent condamnez , & bruflez tous Vifs, cftans conuaincuz d'auoir fait mourir plufîeurs perfônncs ôc belles , comme ils confelTereni aufli, par le moycdu Diable,qui leuradminiftroit les poul- drcs, pour cntericr fous reffucildescftables, ber-

geries

& I». de

ciutt.Det,

Thom4U ^yitjuiH. m

cundaff

tu defnfe* ^ in trac^

ttt. de ntf

1 6.artie. S.& 6.0 m ti. de

nauen. l.fcnt. dtfi. I ç.f* S-PaulUt Grillan.lù de SoT.fc- <3/«w? 7. nu ^. Syl' Uijïtr prier j-n ira.de

Jirlgtbui

ditman. M.l.CA, «^ pcnu.&ln

2.C,l.

Sprtngef tn mtiUet

'*».*.

ï

ik

Wf:

■-.- ?.

manie des sorciers. Anvers, Arn. Co- ninx, 151)3, 1 vol. in-8 veau. T »

7. J. Bodin Angevin. De la D(''.

iiionoiiianie des sorciers. A?ivers 1586, 1 vol. in-12, velin. m

Exemplaire l>ien conservé de cet ouvrace

55S88. Démonomanio des sorciers (De

la), i)ar J. Boùiu, Angevin. Anvers. .1 ^lan Kccrberghc, 1593, pet. in-8, car' '^ ir.

lidiiion rare de ce livre curieux ..' i^^cherché.

978. BODIN (J.). De la demonomanie des

orciers. J. du Puys, 1582, pet. in-4o carré, 1. veau anc, dos orné à nerfs. 1.500 f.

Très rare, cet ouvr. est considéré comme le meilleur sur la sorcellerie. Pet. épider- mures à la rel., qques très faibles rouss. mais b. ex. dans l'ensemble.

N7ti

. (M

O Ut)

ce -^

£-^

<5j

!^

03

0)

O^ ^

o

^

&n

^

rr

hH

CIJ

.-N,

^

-M

^

PQ

/ if

Qk librU l\abhcd41icU

CL'V'^''-*^' -J^P"^. '*^«â«|,

" O^' "■ ^/ ••'•■• ^'/- ....... Jc.^ù,

J

/L

f«r

/::

1/ E L A

^ ' \ / / n t^

DEMONÔMA-

NIE D ES SOR-

C I E R s.

De nouueau rcueu & corrige oultrc les Précédentes împrcflion^ts'»^^ «d'O; . ,

Par L B o d in A n aif^rfi^

A Anvers,

Chez lehan Keerberghe*

Y An M. D. X C 1 1 1.

i^ucc Pmilege fonr fix \,^s.

Le contenu du Priuilcgc.

't>

A Maiefiê Myale a confenti & permis , que Arnoulit ' Contnx ky fi^lfoura imprimer , vendre & àjîribucr et litae nommé ta Demonomanie des Sorciers compofépar M". Jean B'odin Agemn, Et font faicles defenfes a tous Impri^ vteurs, Libraires & auîtres.n'en imprimer, njd$jtnbuer,f*inf le coufentement dudtH Arnoult ComnXiiufques après le terme de fix Ans, fur peine comme plus au loing eft déclaré par les lettres do^nees'auConfeil de Bubant , dBruxellesle ïj.de '^ifuembre l'An i4pi.

Signe

hdcBufchere^

LE TRAICTE

DE lE AN B O DIN

DE LA DEMONOMA.

NI£ CONTRELtS

Sorciers.

Liuro Premier.

PREtACE Î>E t'AvXHEVR.

E iugemcnt qui a e(îé conclue! contre vneSorcierejauqueliefus appelle le dernicripnrd'Auril,i568.m'ac!onné occafion de mettre la »r ain à la plumcj pour efclarcir le fubie^ des Sorciers cjuifemble à toutes pei Tonnes cliran - ge à mcrue!]les,& à pltifieurs incro) a* ble.La Sorcière que i'ay dit s'appelloitleanneHaruillier, jnatifue d^ Verbery près Compiegne,accufeed'auoir faiCt mourir plufieurs hommes & beftes , comme clk conMâ fans quertion.ny torture, combien que déprime face elle euft dénié opiniatrement,& varié plusieurs tois.Ellecon- felTa aulfi que fa mère dés Faage de douze ans l'auoir prc- fentee au Diable en guifcdVn grand homme noir, outre Ja ftature des hômes,veftu de drap noir,luy difant qu'el- le rauoitfî tort quelle fuftnee,promire à ceftuy-là,qu'elle difoit eftre le Diable,qui promettoit la bien traidter, & la faire bienheureuferEtquedés lors elle reoortca Diiu,(Sc promiftferuir au diable. Et qu'au mcrmeiaftanc elleeu(t copulation chaniellemen t auecle Diable, continuant de* puis Taagc de douze ans^iufques à cinquance,ou en jiron, qu'elle auo;( lors qu'elle fucprifc. Dit au(£« que le Diable

A * fc prc*

4 PRft¥ACli«

feprefctoîtà ellcqufld elle voijlojt,toufjoi?rsfn l'habit Sc fortrcqu'il feprelcta lapiemicrtf{;is c'pcrôn^,bottc, ay- ant vne efpet au cortc,wv' 16 cht ual a la portc,qut perfonne Dc voyoit Qu'elle *l- 1 fi auoit qiiclcjutîtoi^ copulariô aucc- ^ucsdle,lans q»ic for. nuiv couc ht- auprès d'elle Tappef- ceuft. Or côbié ijuVlk' tut diffinee OVitrc fort grade for- ciere,& qu'il Fut pi efqne irr.^ofllbie, de garderie s pa\ fans dclarauirdes mains ue luIhcepourlabruflwT , craignans qu'elle n^rcchapalî: Si t-ft ce qu'il fut ordonné au parauât que procedci auuigemcti'fftinHif,qu*ôcnuoycicitàVer- bery jlieu de fa natiuité.pour s't quérir de fa vje,& aux au très villages oùelleauoitdemeun.li futtiouuéque tréte ans du parauâi jelle auoit eu le foiiet pour le raefme crime» & fa mcre condïmQeeà efîre brufieeviue^'pararreft delà CourdeParlemétcôfirmaïiFdelalèntêcedu lugeSenlis». Et fut trouué, qu*elle auoit accoullumé de châger de Ôc de lieu pour CQiiurii Ton faîCt.îtqiie p3r tout elle auoit cltéaftainted'ellrcforcicre.Sevoyât conuaincue,eJlere- guili pardôj faifant contcnâce de ie repétir : déniât toutcf^ fois beaijcoup de mefchâcetez qu'elle auoitcômi(es,& aa parauât confeiJees:Nîai< elle pei fiila en la côfelfiort qu*elle auoitfâicte du dernier homicide, ayât ierré quelq«espoul- dres,quc l.* diable luy.auoir preparees,q'»Mle icift au lieu celuy qui auoit batu la fille dtuo tpalfer. Vn autre y palTi auquelelle ne vouloir pcijit de mal,8c aulfi toll il fé» tic vne douleur poignàte en tout fon corps. Et d'autât que tous les voifins qui Tauoient veu ertrer au lieu ,où elle auoit leitele fort,k iour meime voyant Ihomme frappé d' vne maladie fîfoudaiae cnoyent quVIle auoit ieâé le fort, t lie promit de le gujrir,6c de faid elle garda le patiét pendât la maUdie,(*s: conftila que le mercredy deuât que <{*eftreprif6niere,qu'elU' auoit prié le diable de guarir fon inaladejqui auoit fait refponcequM cftoit in.pofsible: Et qu'elle dit alorjs au Diable qui rabufoit touiiours,& qu'il ne vint plus la voir ..Et lors qu'il dilt qu'il n'y viédi oit plus, & qae2.iours après rhôme mourut. Et auflîtol^ elle s*alla CiiLhi?r en vnegiâgÇjOÙ cHefuli trouuee. Ceux qui s(C\ùc* rccauiugemctjeiîoyen: bien û'aduis qu'elle auoit bié iiie- jjtelajnortiMais iur lafo;me âc genre de moi t il y en eut' qud^u vn plus dou4j ^ à\n natuicJ plus pitoyable . qui ' ' ciloit

P E ï T A « E. j^

cf!oitd'aduis qu'il fuffifoic de la faire pcndre.tes autres a- pres.auoir examiné les crimes. detetbbles,<5c 1rs ptinss c- îhblies par les loix Diuines- &r hurn3incs,<5c mermemêr U courtume générale de toute îa C hrelHtté,& qarJee en Royaume de tOHte anciénecé, furet d'aduis qu'elle deuoît e^tre côdamnee à eOrc hruflrc viuercc qui fut arteÛéj&r U fenrence dont il n'y eut point d'jppel;executee le (jçrnier iourd*Aiirilàla pouifuyte de Maitire Claude DofayjPto- cureur du Roy à Ribemôt. Depuis lacôdamnation clie cô- felTa qu'elle auoir elle tranfportee par le Diable aux ;rfl€m- blees des roi:ciers,apres auoir v fc Je quelques grefles,cjue le diableJuy bailloit,ellâtgi)ide€ d'vne fi grade vite'fiô, 65 fi loing, qu'elle elloit toute lafle & foul^c,& qu'el'c auçiiç veiiauxartembJeesgrâd nôbredeperfonneSjqui ador-oiét tous vn home noir en haut lieu de J'aage côme de jQ.ans, qu'ils appel loiét Beelzebub. Et après cela il fe couploicnt charnellemét:<S(: puis le Prince leurfaifoit fermô de ft fie^ en luy,& qu'illcs végcroit de leurs ertncmy s, & les farcit bié heureux. Interrogée fi on bail'o' t de Targer, Jidtq non. Et accula vn berger d^ vn couureur de Genlj$,qu.'elie dill élire rorcicr,& fe confeflajcSc fe repéiit, reqnerât pa* don à pieu. Et par ce qu'il y errauoit qui trouuoiét le cas elhâgei ^qujfi incroyable, le me fuisaduifé de faire ce traite (][Uji i*ay i ntitulé, Demonomanlb des sorci £ R s, pour la rage qu*iis ont decourirapres les Diables pour fcruir d'aduertilfementà tous ceuxquile verront,àfin de ifaire cognojftrc au doigt Se à Toeil, qu'il n'y a crirnesqui foieiit à beaucoup près fi exécrables que ceftuy-cy, ou qui cicritét peines plus griefues.Et en partie aufTi pour refpô*. dre à ceux qui par liurts imprimer s'efForcét de fauuer les forciers par tous moyês,en forte qu'il fembleque SaraJes ait in fpirezj&rar lirez à fa cordellejpour publier ces beaux *]ures comeenoir vnPicrre d' AponeMedecin,qui sVATor- çpit faire entédre qu*il n'y a point d*efprits, ôc neàtinoins ii fut depuis aueré qu'il eftoit des plus grâds forciersxl*!- talie. Et à fin qu'il ne femble eftrange ce que i*ay did, que Satan a des hôn^s attiltrez pour efcrirejpublier, & faire entédre qu'il n»eft rie de ce qu'ô diÛ des Sorciers. le mc^t- nay vn eïép!c niemorab!e,que Pierre Mamor en vn petit Ijuredeç Lamies a remarque dVn nômé M.Guillaumedc iiue, quifutiçcufé 0C çondd.mné comme Sorcier,'e dou-

A 5 zietos

6 pRtPACf.

ziefme Décembre, 15^3. lequel en fin fc repentit , (5c con- fdfa âuoir plufieurs fois elle tranfporté auec les antres Sorciers a nuift pour adortr le Diable , qui fc monilroit ^uelquestois en forme d'homme, & quelquesfois en for- me de bouc,renonçantà toute religion, & fut rrouuéfaifî d'vne obligation,qu'il auoit auec Satan, portant promcf* fes réciproques, & entre autres, eftoit obligé par Sataa prefcherpubliqueiTientquerout ce qu'on difoit des for- ciersn'eltoit que fable (Jcchofc impod'ible, ôc qu'il n'en failloit rie croire. Et par ce moyen que les forciers auoiét muUiplié,& pris grâdaccroiffemct parluy,3yant lesluges lajlîéiapourfuyte qu'ils faifoyent contre les forciers. Qni inôffre bié que Satâ a des loyaux fuiets, mefmes entre les grâds lefquels fe font lailTé piper aux forciers, ôc en fin a- uoir efté précipitez malheureufemét par Satâ. Et mefmes à Tolede,oii eHoit ancienncmét Tefcliole des forcitrs.Oil p'euft jamais penfé que tels perfonnaiges euflcnt efté de la piartie,quandonrapportoit le procès des forciers, ils fe prenoient à rire, 6c faifoienc rire vn chacun des trai(^s qu'ils donnoientj&affermoientconftammct, que c'eftoit choCe fabuleufe,(5cimpo{fibîc,& amolliffoient tellement le cœur des luges fcom me fift Aici at de fon tem ps,de def- pit qu*vn Inquifîtenrauoit fait brufler en Piedmont plus décent Sorciers) quetousIesSorciersrefchappoient.M. Barthélémy Faye Prcfîdcnt aux enqueftes de la cour s'eft plaint en Çès œuures,que la fouffrance de quelques luges de ne faire brufler les Sorciers, comme le Parlemér a faitt de toute ancienne té,<& tous les autres peuples,a efté eau- fe dés grandes affii^iotîs que Dieu nous a énuoyees. Mais M . d'Auenton Confeilicr en Parlement , & depuis Prefï- dcntdePoiétiersCauquelafnccedècnreftat dePrefidene Sahier) fAï brufler quatre Sorciers tous vifs à Poidiers, ràti Tj 64 .nonobftànt rappel par eux interieéîé : Se plai- gnant de ce qu'on auoit enuoy é abfouls au parauant d'au- tres forciers appelans, qui depuis auoient infcfté tour le pays,&que tout le peuple fe mutinoit .Vray eft qu'ils con- K/ferentauoirfaict plufieurs homicides par charmes ,'& Sortilèges :d' ks faifoitexecuter,cômeprenotables,noii-' obfiantrappeî: OHiaplas efi ( dift la Loy ) occiUtre yeneno quant

pad^u^Of Tiff; punitè des forciers de ce temps-là, fut caufc

P R B.f A C B. f

qu*ilspnndrentvnmeriieiIIcuxaccroiflrementenceRoj&- aumcjou ils abordèrent de toutes piirts , Se i-ncTinement d'Italierentrelefquelsefloit vn grâd Sorcier Neapo!frra,itl, qu'on appelloit leConreruateur,& qui a efté affez cogncu par fe$acies:<Sc depuis ont continu^,enTorre que le forcier . ,^^^ Tfoif-efchel'es Manceau ayant eu fagracejapîres le iu^«^ * . ''._. ment de mort contre I«iy donné,à la charge de deFcrer fps .^ ^ complices,ditqu*ilyenauoitplusdecent milen ceRojr- -»v-i-r> aume peut eftre fauffcmét,& pour amoindrir fon impiété -V:^ :* ayant belle côpagnie.Q^oy qu'il en toit î' en deferàforc -^^"^ grand nombre :Mais on y donna li bon ordre^queronsbù Japius-part refchapperentr&enccres qu'ils confeifaf&rt des meichancetez exécrables , que Tair en eftoit infeÛ, Dequoy Dieu irrité a enuoyé dcr, terribles perfccutibf«3 corne il a menacé par fa loy t d'cxtewrfincr les peuples qui foutfriront viureles Sorciers. C'elt pourqnoy S.Angufîin ,^,*"'*'^ auliuredelaCité,ditqaeto«tesIes re6tês,qui iamai«onc eftéjont décerné peines contre les Sorciers. Il n'excepte que les Epicuriés,que Plutarquc au MurcdeOrseuiorUdcfiéin èc Origine contre Celfus l'Epicurien, ont refuté , Se après eux , lamblique, Procle Académiques, ont deftrui^ les fondemens de la Çc^Q Epicurienne rcôbien qu'ils cflôient alTeis ruinex par les principes delaMetaphyfîqued'Ari-» ftoce: il conclud par nece(rité,qu'il y a autant de cieux, qu'il y a d'intelligences, ou efprits intei'Jgibles pour lès mouuoir: lefquçlles intelligences il di(5l dire ft'parees des corps,(&quel*Ange fe meuëau mouucmentde fonciel, corne Tame de rhômefe mené au mouuement de rhôrae, qui ell bien pour monftrer , que la difpute des Anges , & Damons ne fe peut traiter phyficalement Et que ceux-rlà s'abufent bien fort , qui dénient qu'il y ait quelque chofe poflTiblejquifoitimportîble parnature.Car rattouchemètt/-<.ç^ ^. iemouueméc,&teliçune pcutconuenirfînon au corps, ^ fv<rixîii & en corps parlant en Physicien. Et neantmoins fi la veri- ^f^- ell touiiours femblable à foy mefme , il faut cxinfefler i,/^[ '" ijud'attouchement^b mouuementAlelieu conuîennét "wHiM aux efprits , aufli bien comme au corps , ce qu'Arjrtote a J*^"*'?'>i demonftré en fa Metaphyfiquc parlant des Anges, ouIn.**t7/y/ tclligences,qui meuuent Icsciciix: Coaibitn quePlutar- d<; Stcré*^ ijue *ôi Apuîeç* difcnc^u'Ariftote a hiffépu efciipt ,cc '*»*

î PRIÎAC».

qutf toatcsfbis ne fe trouue point en (esliuresquî nous reftcnt,quin'cft pas la moitié de ce qu'il a cfcrir, que les Pytliagoriens s*efmerueilIoient5S*il y auoit home au mo- de qui n'euftiamaiscogneudeDcmon.Etclcfaid,leJmcf- me Ariftote'confefleauoirvcuvnnommé Thafius,qui ^ s ' auoit inceflàmmentauec luy vn efpric en figure humaine, Bx'jfAX' *ï"^ perfonne ne voy oit que luy : ce qui cfïoii ordinaire à 0-iettM- tous rorciers.Et n'a pas long téps que François Pic Prince èrtr<7*»-' dcliMirande àefcritauoir veudeuxforciersaccopagneis wf, : toufiours de dewx Damons Hiphialres en guife'de fcmes: .dont ils abuferent plus de 40.ans,cômc ils côfefTcrent de- uantque d'cftrebruOex^ainfique nous dirons en fonlieu. . Aufli Ariftote^u mefme liure efcrit qu'en t'vne des7.Illes d'Eolus on entédoit vn merueilleux fon de tabourins, Ôc cymbales j& riiec8/àn$ voir perfonne : chofe qui eft ordi- naire en pluiîeurâ lieux de Septétrion,(ïGme dit Olaus, & au mot AtlasjCÔme Solin & Pline teftifîe.Qui font les af- femblees àdâfes ordinaires des forciers, auec les malings i c^ritSjquiont e(léauerees par infinis proces.Ariftote dit d'auantage au mefrpe liurejqu^il y auoit vne (brcicre en la ville de leneenThefTalie , laquelle charmoit le Bafiliquc auec certaines paroles (Se cercles qu'elîefairoit : ce ^ui ne peut élire fait par nature, cômc nous dirons en fonlieu: Ains par la force &puiflance des cfprits qui ne pourroict faire lesadliôseflrâges Cju'ôvoid â l'œil,s'^s eftoiét au lieu oii i^z font leurs adhôs,côme dit Thomas^d'Aquin. Aufli feroit-cechofeabfurde de donner attouchement 5 lieu& mouuemlt aux Anges mouuans les cieujj , & feparez des *cieux,cometou?lesPeripatetiqufS,AcadennqucSj&Stoi- ques font d'accord auec les Hebrieux & Arabes ^ ôc ofter J ceyproprietez anxefprits,qui font parmy les elcmés.C^i ' fèruirs^nô^pas pour iortruireceux qui crpictvn Dieu, & la .pluralité des inttlJigéces,rvn &rautr.edemôftrépar Ari- iîotei^tS^portcpartouterEfcriturcSainte.Maispourcon- jî!'.& s?' uâincie Us ccrueauxjhebitez pas routesiois peur lédre -Wf/<tp^>.râifôdetouresJesadliôsinieljediuellesdes.D3emÔ5, choie iquiferoitimpofiible : CarceluyquipGurroitrédre raiibn ^e toufcs choie*, iifeioit femblablea Qieu,quj feu! ^ait tpa^ Or rotit ainfi qu'il eli impoiHî^le de cognoiftre Dieu, Xî} ki, pmpièciK. tel ^u'ii eft/i ce%: qui cognoiOroic en

*PREfACl. 9

cefte fbrte,& qui le pourroit côprédre n'cfloît Iiiy mermc £)icu: d'autant que l'infiny en cflence^puiflTâncejgrâdeur, éternité, {agelfe,& bôtc ne peut cflre côpris jquc par celuy qui eft infiny,& qu'il n'y a rie infiny que Dieu : AufTi faut- il côfeffer par necefllré^qu'il n*y a queDieu,qm peut rcdrc raifon de routes chofes.Car il faut vne fcience infînie,qui ne peut t lire ny es hômesjny é$ Anges, ny en créature du môde.C'elt pourquoy Ariltote au premier liurede fa Me- taphyfique, il traite des efpf its âc intelligéces,confefle qu'ô ne peut cognoiftre la veritë,pour rimbeciUité de Pef- prit humain,qiii cil bié recognoiftre l'i^norâce de tous en general,& non pas la fîenne en particulier : car au mefme Jiure il di5+ qu'il ne faut point cercher de iaifon,où il n'y +,^^^ ^ a point de raifon. Voila ces mots. Corne Pline en cas pa- é.&y.

rcil didl au liure 37.chap. 4. No» >IU w p^rte ratio fediroluntas Metapijy^

natur£qu£rtnda. Quieft vne incongruité notable à VU Phi- lofophe de dire qu*il fc face quelque chofe fans raifons, & fanscaufej&vnearrogâceinfupportablejdc dire qu'il n'y apointdccaufe: cequ'on voit quand on ne la fcait pas, pluftolt que deconfcfler ion ignorance. Or la plus belle louange qu'on peut rendre à Dieu, c'eft de confelFer fa propre ignQr.ince , & c*ert faire iniure à Dieu de ne reco- gnoiike pas la foiblefle de Ton cerueau.Cell pourquoy après tous les difcours de lob, & de fes amis, oii il dilpu- tedesFai^s de Dieu, lors qu'il penfoit aupir attainÔ la veiité. Dieu luy apparut en vifion, &coniir.tncaà parler en cefte forte , Qui td cell homme ignorant, qui par fes difcqurs fans propos obfcurit lesoeuures duSouuerain? Puis djfcourant de la hauteur, grâdeur & mouuemét ter- rible des cicux, de la force des ailres , des loix du ciel fur la terre,de la terre fondée furies eaux, des eaux fufpédues aucnilieudu monde, &autresmerucilles qii'vn chacun '>aroit,il môlUe quctoute la fcience humaine dt pleine d'i- gnoiâce,Pluiîeurs donnée louage de fçauoir à Arillotecô- ineileftCerrainqu'ila beaucoup {çeu,&nô pas coutesiois la milliefme partie des chofcs naturelles-Car tousIcsPhi- lolophcs Hebrieux' '<^ Acav^emiques ont monfiré qu'il "/?-*« n'a rien veueschofesintelh'gibles, <5cdcs chofcs naturel- ^y'^y^"' les qu'il a ignore les plus belîc?: veu qu'il n'a pasfçcu feu- J,^*^['' '^ leQîcntlenoïïibredescicux;quw rtCaiiureSaîfltte a re-

A j marque

lO P R E f A C B.

marqué par /es dix courtines du Tabernacîe,quî cft te mo» delc de ce monde Et quand il efl did. Les cieux font les œuurcs de tes doigts,qui font en nombre de dix :car tou- fîours es autres endroits ildidl, œuures des mains de Dfeu: ce que tous les Philofophcs & Mathe-r aticiens onc ignoré, iufques à ce qu'il a efté demonf tré par lean de Re- àlmontjEt mefmc Aridote n*a pas fêulemét entendu l'or- dre cfes Planètes, veu qu*il met Venus Se Mercure deflus le Soleil,contrecequéPtolomeedepuisademonflré,nypas vn feul mouocmentdes alIrcs.Et fans allei haut, ce afin qu*on necerche pas en Ariflote la veritt^ des Démon s Se chofes fupernaturellcs, on void qiie la phj$-part des r ho- fes naturelles luy ont eftéincogneues : comme la fallure de la merjquc le Prince la Mirande furnom me le Phe- /•«n.Pirw*nixdefon aage»a attribué à la feule prouidencedeDieu, iaj!o/itioii. £ç neantmoins Porigine des fontaines donnée par Ari- ftotc eft encore plus abfurde. Oelî â fcauoir qu'elles pro- uiennent de putrefa<^ionderairés cauernes delà terre, veu les grofles & inepuifables fourccs,fontaines,& riuie- res qui ont cours perpétuel, &que tout Pair du mondç corrumpu ne n^auroit engendrer eneentans l'eau qui en fort en vn iour. Les Philofophés Hehrieux, ôc mefmeSa-r lomon ont monftré qu'elles prouiennent de la-'itrer, com- me les veines du corps humain prennent origine du foye. Et fouuent on void en nature les effcùs produisis contre toute raifon naturelle : comme on void la neige , i^ui efl vneeaug!acce,rechauffer4a terre, & garentirlesbîédsdé la gelée, & la bruine froide à merueiîles roftir & brufler les bleds & bourgeons comme en vn four, & pour cette cau(edicl Fefte Pompée, prutna, s'appelle à ptrutendo: ôc I2 S.Efcripture entre les merueiîles deDieu raconte celle- cy

au ^Qxl.iij.Qtitdat niuemficut /jwd/n,er prtiinam ficut cintre f)>argit,

queBuchanam a tradiiiil ainfi : Qui niutbui celfot otterit feu >ei- Ure montei»dînfas fmnM ctmrU influr diat.tt vng aultrc aiofî.

Qui c$uure les nions & U ptam^ De neige blanche comme laine, tt qui vient la bruine ejpandre^ Tout ainfi mnu comme cendre.

h/lm

PRE7AC£. II

Maïs ils n'ont point touché ce beau miracTe.Car bonne partie des laines font notoires, &: la bruine ne reflTemble en rien auxcendres.Mais on pourroitainfi tourner :

Qui de neige efchaujfe la plaine.

Comme (t vne robe de lame.

Er de bruine les Bourgeons tendres,

:Roti comme d'ardentes cendres, Aufli Albert a modré Terreur d'Ariftote touchant l'arc au ciei,en cec^u*ildidt,qu'il n'aduiét point la nuiét,chofe notoirement taulfe, & par confequeniauffila railbn d'A- rilîote, comme à vray ttirc, il n*y a ny Richme ny raifon ; Caril faudroit par mefme rairon,que toutes les nuées fuf- lentd' vne mefniecouleurjc laiflfe mille mcrueilies de na- ture dont la caufen'ellrncores dclcouuerte. C'eftpour* quoy le Cardinal Cufau des premiers hommes de Ton aa- ge, a touché au doit la variété, ambiguïté, & i "certitude #.^^^j^^ deladodrined'Anllote, & au parauant luy le Cardinal yï/<«r.^/,. BeflTarion.* Ht fur tous le Cardinal d'Alciac, ou d'Ailly, a i^'^-i-de foullenu (Se difcouru par viues raifons, qu*i« n*y a pas vne '^■^in ubr» fculedcmonllrationneceflàireen Ariftote, horfmis celle ^^^^ <r;jj par laquelle, il a dcmonftré qu'il nyauoitqu*vn Dieu, & h^^ n- bien peu d'autres qu'il a remarquées. Et quant a la '^ de- ^xïa monrtraiiondercternitédumonded'Arirtote, qui aefté ^^v^^Ç»- le premier, & feul entre les Philofophes anciens decelie ■•"*^- opinion , elle elî pleine d'ignorance comme Plutarque,^ pUcitti*' Galen,4:lesStociens,'Ies Academique$,*ontmonllré: & H,fpocra>. mefmes les Epicuriés* s'é font mocquez,& entre les He- '«- brieux le Rabin May mon t lequel pour {on fçauoir excel- '^ffj**,^pia. Jentja elle furnommé la grande Aigle, a difcouru fort do- ctu piuIo^ âement l'impoifibilitéde la demonftration d*Ariftote, ôc f^pf'- Philoponeen quatorze? liures en Grec, qu»il afaid contre Timel^e-* Procle Académicien, qui meritoient bien eOre traduits, Phiiopon.L touchât ce fubit?d: Et depuis aufsi Thomas d' A quin are- '-^ """"* marque rimpofsibihté de celle demonftration par autres ^'^^'^^^J^* argumens,quciepa(rerav pour celle heure, Tayanttraidlé ttHs& en autre lieu. Ettoutesfois & quantes qu*Ariftote s'eft Pit*t-trchuê Crouué en quelque lieu, duquel ilnepouuoit fortir, il a|"^{^"^^ jneflé Ç\ bié la fu(ee, que per fonne ne peut diuiner ce qu*il mlr kant. îi voulu dire, comme on peut voir au premier chapitre H«'«-

delà

13 P R 1 F A C E.

delaPhv(îqu€, &:auliuredcr.\me, oûrEfcotdes pîus (ubtils Philofophçsquifiit oacques,a remarqué b con- trariété incompatible des raifons d'ari[lote,dcrqiiellcs.les vnsonrtiréla corruption d'icelle comme Dicearque du temps meCmes d'Ariftotejl'Epicure Atricus, Aphrodi- fcus,Simon Poriius,& Pomponacius. Ft au contraire,des mtfmesraifons TheopIiraflc,Thcmifte,Philoponc, Sim- plice,Thomas d'Aquin,le Prince de la Mirande ont con- cludrimmortalité des âmes, ôc les Arabes mefineinenr. Auerroésiconclud IVnké de l'intelled de h natin-e hu- maine des raefmes lieux d'Ariftote. En quoy onpeutiu- gerjqu^Apiftote n'a pas vcu les beaux fecrets de nature,c«

que les anciens ont bien remarquéjfigurant au derrière de

fa fa medaillcjvne femme qui a l^faceconuerte d'vrj v.oile

,iJiJf. f . nômee Phyfis,cVft à dire. Nature: iîgnifiant que la beau-

Vt*d'M'. de nature luy à elle couuertc,(î^ qu'il n'a veu que LVx-

»Wa hiji. terieur des veftemens. A.uffi di6l:pn qu'il Te précipita en

^^M- U mercomme Procopc *pouf n'agojrfçeu entendre pour-

' •'*'• qimy la mer ai: dcftroitde Negrepont en vingts quatre

heures a fepi flux & autant de reflux. Et fi \gs plus beaux

treforsde nature nous font cachez , comment pourrons

nous attaindre aux chofes rupernatureHçs , éc intellH

gibles : C'e(l pourquoy Heraclite \q premier , tomme

efcrit Plutarque, ôc après luy Theophrafte, difoit queks

plus belles chofes du monde fcwit ignorées parl'arrogaji-.

ce des hommes qui ne veulét rien croire des chofes dont

l'ePprit humain ne]5CUt côprédreU rai fon: Entre lefqucl-

les on peut mettre tes adlions eflrâges des malings efprits

& des Sorciers,qui pa^Teiic l'efprii humain. > ôc les caufes

naturelles. Mais toutainfî qu'à bon dcoiftonreputeroit

fol & infenfé celuy qui vCHidroitnyerquclâ Calamité ou

rAymât,ned6naftpa$ vneimprçifron à Taiguilb pour la

■^Gr^ci tourner vers la bife,poar n'entendre pa» la raifon: ou qui

yecxp . y. j^ voudroit confefler que la torquille;t eiiât entrée es fi-

P'^llm lets, ne rende les mains , puis les brss, d:en fin tout.lff

mbai^ai* corps des pcrcheurscndormy& Cupide, pour ne (çâuoir

^^na^ur ^* r^i^^" : Auffi doit on repu ter pour fols& infenfe?,cetfx-

Tat'Ara ia qui voyen^Ies adlions étranges des Sorciers, ôc des ef-

■r>patij{t^ priîs,<Scneantmoins par ce qu'ils nepeuuét côprendrede

»Hiit, ^ caiife,© u qu'elle e(l impoli We par nature, n'en veulent

croire.

l

* P R I ï A C ï. IJ

'VîfcrCar trcrme Ariftote * fe trouuâiit Hîonn^ de plu- •^rijf. lîeurs chofes dont il ne fcauoit la caufe, diét que celny qui ^'^'- •^"•- rcuoqucia en doubte ce qu'ou voir il ne liim pas mieux T^'a^ que les autres. Or nous vo) ons qu'Orphée, qui a elle en- '^^^i^ uiron douze cens ans deuant Itfus-Chiin, & après luy x«tk Homère , qui font les premiers autheurs entre les Payés, éÎv«< çu- ontlaiflepartfcnt les Sorcelleries ,Necromâcies,& char it«£v. «h mes qu'on fai6l â prefent. On voit en 'a Loy de Dieu, pu- «*» «iÊ*"» blicc plus de deux CCMS ans deuant Orphée les Sorciers '^'^'''^^^^ de Pharaon contrefaire les œuures de Dieu. On voit la '*^*^*' ,^''

defenfes portées en la LoyMe Dieu d'aile* auxOeuinSjSor

Sorcière de Saulcuequer les efprits 5 les taire parler; Les

note

ricrsjPithônSjOiï toute les fortes de forcelleries, & diui- i^^. lacions font rpecifieesjpourlefquelles Dieu déclare, qu*il ^'txe.ca.z luoit exterminé de la terre les Amorrheans , &r Ghana- '^;**"'*-**' leansiEtpourlefquelIesforcelleries lehufillmar^geraux Dm! '/y, :hiét>laRoyne lefabel, après Tauoir fait précipiter de fon H'te.s^,^ :haikau.On voitauflTi les peines cftablies contre les Sor- i/]^^''^* :icrs es loix de douze tables, que les AmbalFadeurs des ^.^.*t?c'^ ^omairTsaifoientextraidles des loix Grecques : on \oii& 2. ParaU încores les plus cruelles * peines qui foienten toutes les*^ ■^^' '"^Z** ronHitutions des Empereurs Romains, élire établies cô- ^'^'^^f ''* ' rcles^orciers, ils font appeliez ennemis de nature, N«m. ij, ennemis du genre humain, *Sc malefiques*pourles mefchâ '^^' ^'^ :etC2grandcsqu*ilsfont,& les imprécations abhomina- iTÔt.ttt. 5les portées par les loix,qui ne trouuem en loix quelcon- deM^if, ^uesjfinon contre les Sorciers,que* la -pefle cruelle (did^* , aLoy)pui(Ieefteindrej& coniunur.OnToit leshirtoiresy?c,„r^/* jrecques,Latines,anciennes,moderncs,de tous les pa) s, »w^«'"*- SiT de tous les peuples, quion^t Jaifleparefcrit les chofes^'"'"""'*- [uefoiTt lesSo'-ciersv&r les mefmcs eflfedts en Jiners pays, pcul^fûr^ V rtcftafe en refprit , & le tranfport en corps &, eaame^*^. i. dl ks Sorciers commis par les malin2s efpntsenpays cflô-^;"-^'- pie, & puis rapportez par les mahngs elprits en peu„.;»;;^^^ l'heure Ce quetoutes les Sorcières confeflent d*vn ccm ^'t- §uos nun ccfentcmcnt,ainfi qu'on peut voires hures des AUe^-^J'^'^'l^*' Dans,ltaliens,Fran4ois,& autres nations.Ce que Piutar. "^^*. ** fue ^^ a la jfle par efcrit d'Anlteus Procone/ien,&: de Cleo-^'^Z/'f. nedes AHipahan : Hérodote d'vnPhilofophe Atheifte: ^"'^ "'*^*"'- ?J;n€d'vii AçfmonCiaz'Oîiienkû; Philolkate d'>\polio-

flius

rUrtacen fi.

Grilla a dut.

14 P R B f A C t.

niusThîancus : 8c toutes le<; hirtoircstîcslîomaîns onc certifie de Uonu»lc,lequel deuant toute fon armée fut em* portéenTair. Comme nous liions en nos Chroniques* ertreaduenuâviiComtedeMafccn : Ôc sVft trouué par infinis prcccSjquepIuiîeursfaifanscôme les Sorciers, & fe trouuan s trâfportez en peu d'heure à cent ou deu x cent lieues de leur mairon,voyant les affemblees des Sorciers, anroiencappelléDieuenleurayde, ôc auflTi tort l'aiTem- blee des mallngserprits,&:des forcierss*eruanouyiroit,& fe font trouués feuls^^ retournez en leur maifon à logues journées. Brief on voit les procès faits contre les Sorciers d'Allemagne, de France, d'Italie, d'Efpagne, en ce qne nous auons par ercript4=(Sc voyons par chacun iour les tef- iniuill7 nioignagesinfinis,lesrecolIemenS}Confrontarions,con- fénttnt uidtions,confe(fions, cfquclles ont perfifté iufques à la mortceux qu'on a exécutez, qui pour la plufpari Tout gés dutoutignorausou vieilles femmes, qui n'auoient pas veu Plutarque,ny Herodotc,ny PhiloÔrarejiiy les loix de» autres peuples,ny parlé aux Sorciers d*Allemagnc & d'I- talie,pours'accorderfi bien tu toutes chofest*^ en tous poinâsjComme elles fout. Elles n'auoient pas veu S.Au- guft.au XV, liure de la Cite de Dieu,quidi<5^, qu»il ne faut âucunementdoubter,& qu'il feroit bien impudent, qui voudrcit nyer,que les Démons ôc malings efprits n'ayenc copulation charnelle auec les femmesjque les Grecs pour celte caufe appellent Ephialtes,<5c Hyphialtes : les Latins, lncubes,Succubes ôc Syluâs; Les Gaulois, Dufios (c'eft le mot duquel vfe faindt Auguftin) les vns en guife d'home, les autres en guife de femme, laquelle copulation toutes les Sorcières font d'accord qu'elle fe faiiS, non point en dormant, ains en veillanr,qui eft pour môftrer que cen'ell pomtroppreffion de laquelle parlent les Médecins, qui demeurent tous d'âccord qu'elle n'aduient iamais finon cndormant.Etqu'ilferoit.aurtTiimpolfibleque la mefme choie aduintanx Succubes, corn m eaux Incubes. Lncores eft-il bien cltrangejqueces Sorciers depofent & demeu- renr d'accord, & que les malins efprits fe môftrans en for- me d'hôme,ordinairemct font noirs, &plus hauts que les autres, ou petits comme Nains, ainfi que Georges* Agri- cola des premiers hominei de fon aagc, a laille par cfcrit.

Orles

Spiritibu4 Jiibttrra- nt*f.

ï» R I r A C B. IJ

>rles Sorciers que nous difons n'auoient pas ve« ce que i^VaiereMaxime,au premier liure parlât de CaflîusPar- aenfis,auquel fe prefenta vn homme haur,(Sc fort noir,<& iterrogé qui il enoitjil dift, A i(^x«W/u«v«c fj(/t,C'clt àdire, u'il crtait mauuais Demé*Auflî les Sorciers n'ot pas veu eshiftoires dePlinele ieune es Fpiftresde Piutarque, lorus, Apian5& de Tacite,oii ils parlent de Curtius Kuf- jsProconruld*Afrique3& Dion,(& de Brutus^qui eurent emblabIcsvifioDS en veillant, ny Thificirc mémorable* iuPhilofopheAthenodore, quieuftmelmevilîon dVn *P/'».i.«» laling efpriten veillant en forme d'homme haut & noir ^i**^' nchc{né,qui luy monflra l'endroid eftoiét cinq corps neurtriSjau logis qui demeuroit inhabité à caufe du ma- ing efprit , comme il eft aufsi récite en Suctone'apres le ^'^» CaU- icurtre de i'EmpercurCaligulaj<Sc en Plutarque^apres la ^^J^J^^^^ , lortdeDamon^&dcRemus, après la mort defquels \tSchJ^i^l^^ fprits rendoient les lieux inhabitez^que IcsLaiins appel- ta Cem»- )iét lL<»w«r«, &: par mucatiô de Liquide Lémures, à caufe de "'** Lemus. Tay diaaucommencemct,quc leanneHaruilicr uoit confeiïe que le Diable s'elloit touiîours apparu à eU : en guifc d'homme haut & noir. lemeitrayericores ce- ïe hiftoire,qui eft aduenue le fécond iour de Feurier, mil inq cens feptate ôc hui^t.Catherine Dorée féme dVn la- loureur demeurant àCceuurespres deSoiffons, eftant iterrogeeparHunautBaillydeCœuureSjpourquoyelle uoit coupé la tefte à dc«x ieunes filetres, Tvnc qui eftoit i propre fille,rautre la fille de fa voifîne, refpôdit, que le )iable s'eftant monftré à elle en forme d'homme grâd & Drtnoir,rauoitincicee àcefaircjluy prefentâtla ferpede on mary.Elle fut iugeeà Compiegne, ôc depuis exécutée mort, ^lededuiray enfonlieulaconuenance (5«c accord •erpc'tuel d'hiftoires femblables des peuples diuers & ïîdiueîs fiecles rapportées aux allions des Sorciers,<Sc â eursconfefsions.Il ne faut donc pas s opiniaftrer cotre la

idire, à««T<, qui font les d<?ux moyés de mondrer les cho- pf"'^'* es.Etm^fmes Platon* quoy qu'il fuft grand perfonnage, /^S* Sccommeil ae(téfurnowiéDiuin;<iuandil vicia difcou-^»*."

rir des

î

Ta,

16 ^ Kt f A.C tl

rir de$ allions des Sorciers, qu'il auoit dilîgemmet recer-' dieeSjiSi examinées en l'vîizicfme liuredcsloix,di^:que c'ell chofe difficile à cognoillre,& quand on la cognoiIt,il Mjr%ii- ciMifiîcileàperfuader :&plufieurs,di(5l-il> femocquenc '^'^ quand on leur dit que les Sorciers vfent d*imagesdecire> ^ort etaoc. 9"''^-*^ mettent aux repulchres,& aux carrefours,& enter- tdoç-iTTo-j f'^t ioubs les portes, & qui par charmcsjcnchantcmens,fiir x'^ çjK* liairoiisfoncchoresemerueillâbiesrNos Sorciers n'ôtpas f^iy^^icx' enéenGrece,nyleu Placonjpourfairedes imagines de ci- ra îTi- rCjpar le moy 6 derquellesj& des côiuratiôs qu'elles font, -TrÀuTus' eijej tuent les perfonnes à Paydc de Satan,côme il s'eft ve- m « T j.j^^ ^^j. iijfjjjj j proces,ainfi que nous dirons,&: mefmes le t^'x-tupxiç procès des Sorciers d'Alençô pour faire mourir leurs en* TpUlnç "^'^ys '• ^ le procès d*tnguerande deMarigny eHoit prin- |/ i^^ cipalemcnt fondé fur les images de cire toniuree , par le fCfiiUAs-tr niqyédefquelles il dîoitaccuféd'auoir voulu tuer 1er Roy, fo>£A»v. Comme il eftencoresnouuel'.emencaduenu d^vnborcier Videcate- d*Angleterre,en vn village,qui s'appelle lUindiô, Jcmyc \ jieue près de Londres, qui à efté trouuc faifi au mo; s de ? Septeb. M 78* de trois images de cire coniurees,pour faire moarir la Royne d*Anglett rre, & deux autres proches de fa perfonne.Vrayeft quand Taduiseft venu d'Angleterre» ; letaidtn'eftoicpasencoresbicnaueré. Orcombien^ue PJatôn ne fçeuft aucunement la caufe de tf lies cl ofes, eft-cequ*il a tenu cela pour certain ôc indubitable:^ aux loix de fa république il a eftabîy peine de mort contre les Sorcicrs,qui feront mourir hommes ou belles par magie, lequel homicide il a trcf-bien diftihguédes autres homi- cides fans magie,Comment en cas pareil Philon Hebrieii auliure tteçi rui) àv»(Pi^ofAVivav cV iftn vôfzav.'Lçs ignoranspé— fènt qu'il elHmpofllble: Les Atheiftes, & ceux qui con- trefont hs f^auaris , ne veulent pasconfeder ce qu'ils voyent,nefçachansdirelacaufejà fin denefemblerigno- rans. Les Sorciers s'en mocquentpourdeuxraifons,rvne p3uroller l'opiniô qu'ils foyent du nombre :l*autrc pour cftabJir par ce moyen le règne de Satan. Les fols &curi- < euxcn veulent Faire Teflay: comme il aduient en Italie en la vile de Corne n*a pas long temps,ainfî que recite Sylue- ikr l^rieras,que lofficial, ôc Tlnqûifiteur de la Foy ayans grand nombre de Sorciv*cs qu'iU tenoient en prifon , ^ ^

1^ k JE t A c i if

feif hr^ils en voulurent faire la preuue, & fe firent mener par l^vne des ibrcicrcs & fe tenans vn peu à Tefcart ils vi- rent toutes les abominations, hommages au Diàb!e, dan- fes, copulatioos:& en fin Je Diable qui f'airoitfembiantne lesauoicpas veuz les battit târ,qu'ils en nioururet quinze iours après. Les autres ont renoué à DieUj& fe font vouez à Satan pour faire rcxperienc^.Mais il leuraduintcommc auxbelîes, qui entrent en la cauerne du Lyon qui ne re- tournent iamais. Or les hommes, qui ont la crainte de DicUjaprcsauoir veuleshiftoires des (b rci ers, de tem- ple les merueilles de Dieu en tout ce monde , ôc leu dili- gemment Ta loy^Sf \q$ hiltoircs facree5,ne reuoquét point en doute les chofes qui femblent incroyables au iiins hu- main: faifantiugcmenf, que fîpliiifieurs chofes naturelles font incroyables, ôc quelques vnes incômprehehfibles , à plus forte rdifon la puiflancedes intelligences fupernatu- relles,& les a<5liôs des efprits elt incôprehéfible. Or nous voyons des chofes en nature eftranges, neantmoins qui fe fontordinairementjCÔme d'enuironnerla terre & la mer^ Ce que font no.T marchans,& courir la porte pieds.contre- môt,qui a femblé riJiculeà Ladlance,& à S.Augullin , lef- quels ont nyé qu'il y eùft des Antipodes,chofe toutesfoij autfi certainejàaufTi biédemonftree que la clarté du So- leil,8; ceux qui difciet qu'il cil impoffîble quel'efprit ma- lin trâfporte rhômeàcentcu i.censlieiies defâ maifon, n'ont pas côfideréq tous les cieux& tous ceigrâds corps celeiles font leur mouuenient en i-f. heures , c'eli à dire deux ces quarâte ^ cinq milliôs fept ces nOnâte & vn rail quatre cens & quarante iieiies,(?c deux mille pas la lieue, comme ie demôdreray aii dernier chap. S'ils difencqu'oa void cela par chacun iour,& qu'il faut s*arrefteraufens,il$ conftfTcrôtdôcques qu'il faut croire & s'ârrefterauxadi^ *ôns des efprits contre le cours de natnre,pui$quc nous ne pouuôs pas mefmcs comprendre les nierueiUes de nature que nous voyons afliduellement deuant nos yeux, attédà mefmementquclesPhilofophes ne font pas d'accord cri quoygiilla marque de vérité qu'ils appellent x^ir^i^v tJc «A»)Oe*«Éç. Les Philofophes Dogmatiques mettent la reigle pourcognoidrc le vray du faux aux cinq fens rapportez à u raifoa ;Placon ^ Dcmocrice rcie^enc les fcas»^ difent

û

\t% P R B ï A C t.

^ucrintelledcftfeuliugedc la verite.Theophrafte mtft- toit entre les fens& intclltâjc fens commun qu'ilappel- loic To ivci^yù. Mais les Sceptiques voyans qu'il n'entre rié en l'ame raifonnablc , qui n'ait premièrement efté perceu par le fenSjCs: que les fens nous abufenr, ils ont tenu qu'ô ne peut rien fçauoir.Carils difoiétjque fi la maxime cl'A- riltote empruntée de Platon , que lame intellcduelle eft - ^ Coinmelacartcblanchc''propreàic(5terIespeindures,&

Kî'^ioj ^ " " y "^ ^^^ ^" * '^^^^^ ^^' " '^^^ premieremet elle au fcns, Mvcvoy. ^^^ veritable,qu'il eftimpoiïible de rien fçauoir : d'autant que le fens qui elHe plus clair , (Sclepkîsagudc tous les lens, ell la veuëa & neantmoins que les yeux font faux tcfmoins, comme difoit le bon Heraclite, tnousmon- , ilrant ie Soleil d'vn ou deux pieds de grandeur qui cft ecfxrv'i ^^"^^^oi^^ntc * & fix fois iplus grand que la terre, & Hvôpâ- ^^"^ voir en Peau les chofes beaucoup plus grandes qu'el- 'tFoia-tv. J^* "c font, & les baftons tortus qui font droits. Et i^Bxx- quant aux autres fens qu'ils font tous differens auxieu- fioi. nés & aux vieux , encores qu'ils foient bien fains : fPtoio. c^j- l'yrn trouue chaud , ce que l'autre trouue froid: xAimâfe. ^" ^"^ mefme perfonne en diuers temps rend diuers iu- fiU$b,x, gemensde mefmcs chofes appliquées aux fens, comme il elUout notoire. Lepremicrqui fillc'ell ouuerture fut Socrate, qui dift qu'il ne fçauoitqu'vne,chofe,quiefioit qu'il ne fcauoit rien: Et depuis celte fede printaccroiiT'e- merrt par le moyen d'Aicefilas chef de l'Académie, ôc fut fuiuy d'Arifton,Pirrhon,Herile,& de nollre mémoire par le Cardinal Cufan, aux liures qu'il a fait de la Dode igno- rance. Et toutainfi que les premiers s'appelloientparhô- neur DogmatiqueSjC'eil à direjDodeurSjIes féconds s'ap- pelloiét Septiques,ou Ephevliques,c*eft à dire,Douteurs : Icfquels mefmes ne vouloient pas côfeffer qu'ils ne fveuf- fènt rien(comme Socrate auoir confefîe) car en confeflant qu'ils fcauoiéttresbié qu'ils nefcauoientné.ils côfefToiét qu'on pouuoit fçauoir quelque chofe.Tellementqne fi on leur demâdoit, s'ils f^auoiêt que le feu full chaudjOU que le Sokilfufl clair, ils refpondoientqu'ily fâilloitpenfer; Comme Socrate qui difoit qu'il ne fcauoit s'il elloithôme Oiibeftc.Etdefaidt Polyenusleplusgrâd Mathématicien de fon aage^ayant ouy les Sophjjlçriçs de l'Epicure, fur ce

poinû

r R E F A d E. t0

paintl confcfla Ç toute la Géométrie eHoic faufle^laquel- îe touct'sFois on lugt li plus véritable de toutes, &qui moins dépend des fens, lelcjucls fens A ri Ilote 5 a mis pour* /»/»»/*-• feul fondciict de toutes fi iéccs, cS^ aufqaels dict qu'il faut"""'^^;"^ , S arre{terj(Î5c par vn recueil acs ludiuidu/ parrîcuiiers,co- ^ ub.^.^ pofer les maximes vni'.ier(cl!es,pourauoirIes rciences,(?c 6.^7. la vérité qu'ô Gcrche.Or i*jl faiiloitadiourter foy aux fens j.^^"'^^'-'* tant feulementjla rei^^Ie d'Aiillote dememeioic fauflè:car tous les hommes du mondej&r les plus clairs voyans con- felierontque le Soleil eltpius grand , & les chofes qu'oïl Void en iVau plus petites qu'elles n^apparoiifent; Et qu'il elUauxque le baflon foit rompu en l'eau, lequel apparoirt tel à chacun. Aufl'i l'opinion de Platô & de Democrite fe^ roitfaulîejqui ne s'areRétqu'àrintclle(5tt->ouriugef la vé- rité: Car il eltimpoirib'eque l'homme aueuglepuiiTeiu- ger des couleurs^ny le foiud des accords. 11 faut doc s'ar- reliera ropiniondeTheophraHcquia recours au lenscô- mun,qui ell n)Oyen entre les fens Ôc rintelie6ij& rappor- ter à la raifon côme à la pierre de touchejCc qu'ô aura vea, ouy,gouftè,6c fenty.Et d'autant plus qu'il y a des choies fi hautes^ & difticiles à comprendre, qu'il n'y a que peil d'hommes qui en foient csp-b'es : en ce cas il faut croire chacun en fa fciencefTellemét que tout le monde tenoit f)0ur aircurc^que le Soleil &; la Lune font égaux jcomme il femblc quani ils font oppoiiresau Leuant^ & au cou- chant : fi cft-ce qu'il faudra toufioursfe rapporter aux fa- ges,&expersen la fciencc, quiontdcmonwréquelcSo-t/.^.i^/^

leilefl plu s grand que la terre cent foixante&fixfois, ^ /^^j^fuu trois huidielmes d'aua!-îtac!,e , &: plus grand que la L\\nCy& le^tu* fîx mil cinq cens quarante & cinq fois, 6c fcpt huidiiefmes ""*^* d'auancage,toutaiMfi que les lurifconlultesfe rapportent ^^^^j^^^^ aux Médecins r en ce qui touche leur fcience, Se ne veu- com.à^ ca, lent rienjdctcrminer. Or les fccrets des Sorciers ne font 7»«^«'-ii. pas fi couuertSjque depuis trois milans on nelesayt def- ^'^'^'^i* conuert5,par tout le monde.Premieremét la loy de Dieu^ ediaoï. r. nui ne peut mentir , les a déclarez, & fpecifiez par le me- '^'^,y^"i\''

o. rT' i^ i I r ' * '"fptciedo,

nu, o<:mena(ka extermmerles peuples qui nereroient ,»/J^,^,çj^ punition des Sorciers. Il faut donc s'arrelter là, is: ne faut ^<,. pas difputer contre Dieu des chofes que nous ignorons. ■^^'•'^'^* Et neâttnoins les Grec5,&: les Roj?jains,<S: autres peuples ^'""* "•"

h 2 auânc

10 F R B F A C E.

auantquc d'auoir buy parlerde la Loy deDîcu,auoîf ntc« mcfmeaboniinatiôles rorcicrs,<Sc leurs a6lions,& les pn- niiroicnt à mort,côme nous dirôs en fon lieu. Brief toutes les fedles du monde, dits. An^iïftin, ont dcccrnépeines cotre les forcicrs.Et s'il faut parler aux expcrs pour en fca- uoir 1 1 vcrité,y en a-il de plus expcrsque les forciers mef- meijlefquels depuis trois mil ans ont rapporté Iciirjawti- ons,leurs facrifîcesa leurs dâits , leurs tranfports la nui(5^i leurs homicides, charmes, liaifons, & Sorcelleries, qu'ils ontconfeffe STpcrfillciurquesà la rhort?On voitencclai que tous ceux qu'on a brulié en Italie, en Allemaigne, & tn France s'accordent de poindl en poin^l: Or fi le cômun confentemétdelaloy deDieu,desloix humaines de tous lcspeuples,desiugemensjconui6tions,côfersionsjrecole- niensjconfrontationsjcxecutions * fi le commun confcn- tement des Sages ne fuflît, quelle preuue demanderoit on plus grande? quand Ariflote veut monftrer que lefeueft chaud :c*eft,didl-il,qu'il féble tel aux indois,aux Gaulois^ aux Scites,& aux Mores. Quantauxargumens qu'on peut faire au contraire, i'efpere qu'vn chacun en fera (àtisfai6l par cy après : Ce pédant nous laiirerôs ces mairtresdoub- teurs qui douhtét le Soleil eft clair^fî la glace ei\ froide,ft le feu eft chaud,& quâd on leur demande s'ils fcaucnt bié côme ils s'appellét,ils refpondét qu'il y faut aduifer.Or il n'y a pas guerres moins d'impiété de reuoquer en doubte, s'il ellpofllble qu'il y ait des forciers, que reuoquer en doubte s'il y a vn Dieu , celuy qui par fa Loy a certifié IVn , a auflTi certifie l'autre. Mais le côble de tous erreurs eft prouenu de ce que les vns qui ont nyc la puiflance des efprits,(5: les adiôs des Sorciers, ont voulu difputerPhy- fîcalement des chofes iupernaturelles ou Metaphyfiques, qui ell vne incongruité notable. Carxhacune fcience a fes principes ôc fondemés,qui font diuers les vns des autres; lePhyficien titntque bs atomes font corps indiuifibles, qui eft vn erreur intolîerable entre IesMathematiciés,qui tiennent,<5c demonftrent que le moindre corps du monde eftdiuii)bleencorpsinfinis:IePhyficiendeHionHre*qu'il n'y a rien infiny,& le Metaphyficien tient que la première ^*'^**' caufe eft infinie: Le Phyficien mefure le temps pafte ôc fu- tur ^âr le nombre ou mouuemec: le Meuphyiîcienprêd

reterniié

•A*.*.

Preîaci. 21

*ctcrnite (ans nombrcjny tëps ny mouuement : LcPhy- cicn demonlirc, qu'il n'y a rie* en lieu du monde qui ne «;;^ ^ ^ îit corps & que rien ne peut fouffrir mouuement que le 6. orps,dcqu'iln'yatouchementque decorpsàcorps : \c ÇvartKiu Ictaphydciédemonftrequ'ilyadesefprits & Anges qui •'*€*• icuuentles citux, (Scaccidentalemécfouffrétmouucmét u mouuementde leurs cieii>(,comrne Ariftotc+confdrcj Vi^-*- Scparconfequenrqueles cfprits ne font pas par tout en '^*''^*'*' [îclmecêps:ainsqueparnece{ritéils fontau lieu leur 6tion fe fait paroiftre;lePhyficicdemonllre que la forme laturelle n'elt point deuâc le fubieû,ny hors de la matie- e,& fe perd du tout par corrupiiô.Ce qu'Ariftote àiù ge« ieralemét<le toutes formes naturelles:Mais il demonftre [ue les formes MctapJiyfîques demeurent feparees fans jufFrir aucune corruption ny changementj&qni plus eft 2mefmeautheurenfaMetaphyfiqut*ditquela forme de /nl''*^^ 'homme qui eft l'intellect, vient de dehors vfant du mot générât. vfH^iyiinç-îu: &• demeure après la corruption du corps: *«'»»'*/• l'auar.tage tous les Phyficiens tiennent pour vn principe j^'g'athy* ndubitable,q ue deux formes ne peuuét eftreen vnfub-/<r. ed,ains que loufiours Tvne chafTe Taytre, & qu'il n'y a amais de tranfport ou cômigration de formes d'vn corps 'nl'autrej neâtmoinson voit à l'œil, que les Dasmons, k malins efpritSjque les Peripateticieos appellêt formes epareeSjfe mètrent dedans le corps des hommes & des jertesjparlant dedans leurs corps la bouche de l'homme rlofe^ou la langue lireehors iufquesaux Layinges,8r par- ant diuers langages jncongneuz à celuyquiellpolfedé ie l'efprit: & qui plus eft^ils parlent tantoft dedans le vé-^ :re,tantoft par les parties honteufes, que les anciens pour :ertecau(eappclloient syyec^^ox.v6oi<;^ & 'tyyxç^i^eiyruç & ivoïKxicti, & fi on veut dire comme \çs Academiens , que les Daemons ont corps^il fera encores plus cftrange,& co- tre les principes de nature jqui ne iouflfrét pas qu'vn corps pénètre l'autre : ôc toutesfoiscda s*eft veu de toute anti- quité,(Sc fe void ordinairement en plufieurs perfonnesaf- fiegeesdesefprits. CcftpourquoyAriftote di6l,quelc» anciens n'ont pas voulu meQerla difpute de la Phyfiquc aueclesfciencesMetaphifiques: mettant les Mathémati- ques entre ks deux pour faire entendre qu'il ne faut pas

B j apporcci

21 P R AE r A c r.

apporter les raifous naturtllesau iugrmrnt des Sorciers, 6: des adtions qu'ils ont auec lcsDaemoin& malings ef- prits. Et à fin que le fuict c ui c(l de foy difficile &oblcur, foit mieux entendu, i'.iydiujfél'œdurccn quatre parties. Au premier liure iepailcdeïa naluredcs cfprits, & de iMirociation des cfprits au ce les honimes (Se des moyens diuins pour fcaucir les choies occultes: puis des tuoyens naturels pour paruenir àniefme fin. Au fécond liurci'ay le plus fomniairenient q-.f il a cfié polLblc , touché les ans & movcns illicites des Sorciers, (atîs toutesfoisquepcr- fonnepuifie tirer aucune occafîon d'en faire mal Ion pro-; fit : ains feulcrnent pour monftrcr les pièges &. filets dcf- quels on fe doit garder, & foulager les iuges qui n'ont pas loifir de rccercher telles chofçs:& leiquels néants rnoins défirent clîreinlîruits pour ^ilfcoir iugement. Au i troifiefmc liure i'ay parlé des moyens liciiçs, & illicites i pourpreuenirouchadcrlesfortileges.Auquatriefme li- ure de l*inquifition & forme de procéder contre les Sor-j ciers, &de preuues requifes pour les peines contre eux prdonnpes.A la fin i'ay njis la réfutation de lean VVier,& la folucion des argumens qu'on peut faire en ce traité, rapportant tous mes difcours aux reigles & maximes dçs anciens Théologiens, ôc à la détermination faite par la faculté de Théologie de Parisjle 19. iour de Septembre îjpS.que i'ay fmCi adiouller pour y auoir recours,

F I N,

D E T E R M I N A T I O P A-

RISIIS FACTA PER ALMAM

ÏACVLTATfcM THEOLOGICAM

Anne Domini m. c c c. xc v i i i.flipcrquibu(^

dam lupcrftitionibus nouitcr cxoitis,

P R AE ï A T I o.

VNiVERSiS orthodoxe fidet 7elatortùtu Cancellarius eedep*. P*. rijicnjîs, ;i;- fitcultM Thfologt«tnalma vniiteT/îrate Partner:, ma- tre noflra cum intégra dtutni cultttt honore fj>i:m hahere m (tomino: at ïn vnitatrs (^ tnfiri'tu fiiljai ntn reiptcere. Ex attitquU latebris emergcns nouiter error fœda coUuu-.o recoj^^itare commonutt : efuod flejùmejue verttas catholtca apudjl-udio/bs in/àcrùhtfTÙ aperfif^ Sma. ejt: eju/t c*teres latet,ntntirHm lum hoc proprium habtat omnuars ntant* Jejiarn ejfe exutarU m ea,fic ex eu ctvfu rgat ilUmaxima , Cmhbet tnjtta arts perita credendum eft. Htnc efl olationum illad (juod Hieronymm ad Paultnum fcnbem ajJUmit .^iH^od meitcorum e/l,promtttant medtct : tradent fiibrtlta Jk- iri..y1cccdit adhac tnfkcrii Itterii aliudjf>eciale^ {juod nec experientia & /ènjtt tonftant alta artcs, Hec pojjfunt ad eculu circumuolutU nttbe vittorum jnci! ^ dC" ^ pnhcndi.Excacauit entm eosmalttin eorttm. ^it fiquidem ^poftoltM quiod frotter auantiam muitterrauerunt àfide: propterea nott trrattonabiliter tdolo-» Tum fèruitu* ab eodcm norntnatur: alijpropter tngratttudi»em,i]ui cum cognO" Uiffè/Jt D tum: non fie ut Deum glorifcautrunt ,m omnem tdololatrt/ctntputatem {ficHt id^ m commemorafj corruerunt, Torro Sdlomenem ad tdola^idonem ad tnagtcM artesperraxtt dtmcuptdt. ^tios poflremo mtfira timiAtta* tota ck crafiitioprndens in oùfèruattones JupeiJIttit/iJiimoA impiaf^dcpultt : tjuemad- nu>dumapudLucanuradefUto Tompet .Aîagnt , & apud htjioricosdeplurimk uotttm tfi.ltafit vt recédons peccator à Dco , declmct m vamtata &• tnjàntof JklfM ,& ad etiin qui pater ejl mendacij tandem impudenter palamque apojia^ tandop conuertat.Sic Saul a'Domino dereliCtui 'Thyt9nijfir/i,cut pnui aducr^ Jabatur ,confHlit : fc OchoT:aA Deo Ifrati Jprrfn, mijTt ad conp^hnânm Dtum ^charon.Sfc dentcjue eos omnes qutfide vei opère abftj^ Deo verojùnt, vt à De» jklfo ludificentur n':ce,fe efi. Haac ig:tur nepirtam peftiferarrt morttfefatniju* tiifkmarum jktjarum cum fini h*rejibui abominationcm,p[u*folito ntftra Ata- te cémentes wualut^Jè, nefhrfkn Chrt/ltampmum. rtgu>im quod oUm :nonJlr9 e^ruit ^Deo protegente cartbit , tnficere valeat tam harrend* tmpietatu <> peruicto/ifima contagionii monfirum : CuptcKtes totU conntibtuobmare, me- mores injïtper noftrét profejùonit , procfue legu z^elo (ùeeenjî paucos ad h.^ncrem articulas damnationu cauterto (nedemccps jkUant tncognmjnotare decreuu mué :rememarantcs tnter cetera tnnumera , diCtum t'iud Japtenttjîtmi do£ioris ■^yiuguftini dtJUperJîttio/ii ob/èrhattontbm, ^.od qui taltbui credunt , aut ad eorum domum euntcs , aut fuis domtbmintroducunt aut interreqant. Jetant fidem Chriftianam ^^ baptrjhjum pr^uarkaijè ,& paganum ^ apojîatamjd efi rétro abeuntcm lir Dei tnimicum & tram Detgrauiter incurrtjjè, nt/îBccle/îa' ftica panttentta emendatus, DeorecenctUetur.Hxc file, l^cftte tarnen mtentia noflra efl w altquo derogare cjutbufcunque licitif &■ v:ris tradittonibus^fitent^t ^ arttbué: fid mfanos errores atque facrilegas injtpittittum,^ ferales ritmpr» 4]Hanto fiiem orthodaxam ^ reltgtonem Chriflianum Udunt, contaminant, <«* fctunt.radtcttM quantum Jàsnobit cji (KttrparijpKn^imw, t^ honortmJùuTjft ^n^erhta Ttlm^tart vmmt*

ESt Avte m primus.irticuUis , quod pcrartcsiTiâcicAi ^1 6c malcficia & inuocationtrs ncbuas quacicrc fammari- iatcsôc amicitiai Ôtauxiliatiocmoniim non lit idolatiia. ïnor. Qiioniarmlacmonaducrfariu* pcrtinax ôc implacabilis Dci Ôc hominis iudicaïur : ncc cft honoris vtl Doinini cuiuf- i cunquc diuini vci(^ feu participatiuc vel aptitudinalitcr Tufcep- tiuus vt alia: çrcatuix rationalcs non dannnata; ncc in (îgno ad placitum infiituto^ vc funt imagines £currpla,Dcus m ipGs adoratur.

Sccundus articuUis,quod darf,vcl offtrrcvcl Dromittere dx- "* monibus qualemcunqucrcm vt adimplcant dcndcrium hcmi- jiis, aut in honotcm cor um aliquid olculanvcl poi tare, non fit idolatria.Error.

Tertius,quodinircpa(ftuiTî cum dacmonibus tacitum vcl ex- prcfTumnon fitidololaTriavclfpccies idololatiix vcl apcftafijc. £rrof. EtintendimusefTcpaftnm implicitum in oiwniobrer- uationc fuperftitiofà>cuius effcûua non débet a Deo vcl patuta rationabilia exped^ari.

Quartus,quod conari pçr artcs magicas dzmones in lapidir bus,annulis,rpcculis autima^lnibus nornineeorum confecra- tis vel potius cxecratis inçluaerc,cogcrc ôc ardhive vcl cas vçllç "viirifîcare, nonfitidolatiia. Enor.

Q^iintus, quoJ iiçitum cft vti niagicis artibus, vcl alijs qui- bufcunquefuperftitionibus à Deo ôc Ecdcfia prohibitis pro quocunquebonofîne. Errorrquia fècuodum Apcftolum not^ funtfacicnda mala vt bonacucniant.

Scxtusquodlicitumftt aut ctiam pcrtnittcndum malcficia jnalcficijsrçpellcre. Error.

St ptimus,quod aliquis cum aliquo poiTît difpenfarc in quo- çunquecafujVt talibus licitèvtatur. Error.

Oftauus^quod ânes Magicae ôc fimiles ruperllitioncs corutn ©breruationcs fint ab Ecckfia inationabihter prohibitae. Error,

Nonus,qucd Dcus per artes magicas 6c maleficia inducatur çompellcrc danrjones (îiis inuocatiombus obcdirc.Erior.

Decimus,quod thiirificationcs 6c fufFumigationes qii2C fifit jntalium artium Ôc maleficiorum exeicitio iint ad honorcm pci Ôc ei placeant. Error ôc blalphcmia , quoniam t)eus allas ^n veniret vel prohibe rct.

Vndccimus.quod talibus 5c talitcr vti non cft {àcrificarc feu immolare dacmonibus & ex confcqucnti damnabiliter idola- trarc. Errpr.

Dtiodçcirous,quodvcrba(ân£^a Ôcorationcs quacdamdcuo- tx 5c iciunia ôc balncationcs 5c contincntia corporalis in puéril ôc a]iis,milîarum cclebratio : 5c aliaopcra de génère bonorum <juxiîunt pro cxcrccndohuiufmodi artes, çxcufcntcasà malo

ôc non

25

^nonpotiusaccufcnt.Errorrnflm pcrtaliafâcracresimmoip- fc Dcus in Euchâriftia darmonibus tcntatur immolari , & Uarc piocuiatdaemon , vd quia vult in hoc honorari finulis altillî- |iîo,velad fraudes fuas occuliandas, vtlvtfimpliccsillaqucct iacilius , & da^inabilius pcrdat.

Dccimus tenius , quod fân£ti prophctae & alij fanai pcr ta- |cs artes h.ibuciunt fuas prophctias', Ôc miracula fecciunc aut dacmoncs cxpulciunt.Eiior & blarfphcmia.

Dccimufquartus , quod Dcus per fc immecRarc vel pcr bo» fiosnngdoÂtaiiamakhcia fanais homiiiibus rcuelauerit. £i- ror & blarphemia.

Dcciniufquintusquod pofïîbilccft pcr taies artcs cogère U- bcrum hcminis aibitiium adi voli^itatcm feu dciidcrium altc- fius.EironÔc hoc conari fiacerc cfifiinpium & ncfarium.

Dccimu(rcxtus,quod ideo artes prjtfataE; bonac funt ôc à Deo, ^ quod cas licet obfcruare : quia per cas quaudoque vel (àrpc çucDitficutvtcntes cis quacruntvel pracdicunt, quiabonum quandoque prouenit ex eis.Error.

DccimuiTeptimus , quod per talcs artes dacmones vcracitcr coguiuur & compclluntur,& non potius ita fe cogi fingunt ad fcduccndos homines.Etror.

Dccimufbâauus^quôd per taies artes ^ ritus impies , per fortilegia,pcr carmina & inuocationes damonum, per qualHa infùhationes & ahamaleficia nullus vnquam efFcdus miniAc- fio dampnum fublequatur.Erior.Nam tahaquandoqucpci - piitiit Dcus contingereipatuit in magis Fharaonibôc ahbi plu- ïicsiYcl quia vtcntes, feu confulentes proptcv malam fidem & alla peccata nephanda dati funt in reprobum fenfum 5c demc- fcntur fie illudi.

Decimufnonus,qupd boni Angeli indudantur in lapidlbus Çc confecrent imagines vel veftimenta aut alia faciant quas \n jftis artibus çontinentyr. Error:ôc blafphemia.

Vicefîmus,quod ranguisvtpupsevcl hoedi vd altcrius ani- |nalis,vd pergamenum virgijieum,vel corium Iconis 6c fimilia , habeanr cflîcaciam ad cogcndos vel rcpdlendos dxmoncs mi- ^lifteriohuiufmodi artium.Error.

Vicefimufpi imus, quod imagines de aeve, plumbo vd auro» de cera albavel rubea vd alia materia baptizate, cxorcizata; ôc confecrataefett potius execratsfccûdum prardiâas artes & fub Certis dicbus habcnt virtutes mirabiles,qijae in libris talium ar- tium recitantur. Error in fide & Philofophia naturali, &. aflro- nomiavera.

Viccflmufïècundus, quodvti talibus& fidem darc non fit idolatria ôc infidditas. Êrror.

Vkcfimu{lcrtius,quodaliqui dscxnoncs boni funt , alij om-

S ^ nia

26

nia fcientcs, .ilij nfc filiiati, nrcdAmnati. Errof.

Vicefimulqiiartiis , quod fufïiiinigariones quae fiiint in hl^- jufi-nodi opcrationibus conucrtuntui in fj^iritus, aiit quod fint dcbitaceis.Error.

Viccfîmufquintus,quod vnus da:mom fit rcxOrictis fie prar- fcrtim (iio merito,& alius Occidentis,alius Septcntrionis, alius Mcridiei. Errov.

Vicefimuiïcxtus , quod intcllicrentiamotriKcœli influitia animam rationalenu ficut corpus cœli influit in corpus huma- num. Error.

Vicefimufl[eptimus,quod cogirationcs noftrae intcllectualcs &volitioncs noftrx intcriores immediatxcaufantur à cœ!o, &quodperaliquam traditionem magicam talcs pofîîntfciri, & quod per illam de eis certitudinaliter ludicarc (it iliicitum. Error.

Vicefimufb£lauusarticulus>quod pcr quafcunqucartcs ma- gicas polTîmus deueniic advifioncm diuinac ciTcntixvel fàii- âorum fpiritum. Error.

AÙ2. fiint hacc & poft maturam crcbramquc inter nos Se de- putatos noftros examinationem,conclu(a in noftracoaclufio- iicgcnerali Parifiis apud Sanftum Mathurinum de mane fupef hoc fpecialitcr celebrata. Anno Domini. m.c c c. x c V i i r. die X I X. menfis Septembris. In cuius reitcftimomû figillum àiùx facultatis prefcntibus litèris duximus antcponendum.

■Otïgmttk huius àcterminationis efi figtUatummagmfigâo facuîtmsThcoîogiu Paripjs,

SOMMAI-

SOMMAIRE DES

CHAPITRES. Liure Premier.

A Définition rf« Sorcier, "

Chap. r.

DeralJociation des Ecrits atiec les honi"

mes Chap. i t .

ladijference (tenfre les bons &wdmgs

Efprits. Chap. i i !•

De la Prophétie & autres moyens ditms pour fcauoir les cho^

fes> occultes, Chap. i r i i.

Des moyens naturels & humains^ four fcauoir les cho^s oc^

cultes. Chai. v.

Ves moyens illicites pour paruenir à chofe quon frttend,

Chap. vi.

De la Terafcopie,Artf^icineyOrneoma7nie,Jîierofcopie,<T au^

très femb labiés, C h a p. N i if.

Liure Second.

D

E la Uam en G encrai.

ChapI

I.

Des inuocations tacites des malings ejprits,

Chap. i i.

Des inuocations exprejfes des malings ejprits. C h a p. 1 1 1 .

De ceux qui renoncent a dieu par conuention exprejfe, & lils

font trafportez, en corps par les Déim'os, C h a p. 1 1 : i .

Del'Ecflafe & rauiffejnent des Sorciers, àr desjrequetattm

erdtnaires qutls ont auec les Ddwons, C h a p . v.

Vild

2%

Dj U LjCdnthropie.&fiUs Ijprits peuuent changer Us hsin-

mes en hijies. C h a p. v i .

Siks Sorciers ont copulation auec les Démons. C h a . v ï x ,

St les Sorciers peuuent enuojer les maladies yjlerïlitez.^ grejles;

& tempeftes,& tuev hommes & befies. C h a. v i i i .

Liure Troifielme,

LE s mojens licites à! oUàer aux charmes & Sorceîte^ ries, Chap. ï.

Si les Sorciers peuuent ajfeurer la fanté des hommes allaigres^

& donner guarifon aux maladies, Chap. i i .

Si les Sorciers peuuent auoir par leur mejîier , la faneur des

grands, la beauté Jes plaiftrsjes honneurs, les richejfes , cr

lsfçaum,& donner fertilité. Chap. i i i .

Si ki Sorciers peuuent nuyre aux vns plm qu aux autres.

Chap. i i i i.

Des noyens illicites pour preuenir les charmes & maléfices^

é guarir les maladies , Chap. v.

De aux qui font aptgez, & forcez, par les mdmgs Efprits^

C les moyens de les chajfer, Chap. v i .

Liure Quatriefmc*

DE Tinquifttim des Sorciers, C h a ï^. i ,

Des preuues requifespour auerer le crime de Soreel- ferie. Chap. i i.

Vtla confefton volontaire & force que font les Sorciers,

Chap. i i î,

P / prefumptions contre les Sorciers, Chap. i i u . Bs peines que méritent les Sorciers. Chap. y.

l^futation des opinions de îean VVier.

F I N,^

LA DEFINI- TION DV SORCIER-

Chapitre Premi'er,

Orc I ER eftceluyquiparmoycs Diaboliques fciem met s'efforce de paruenir à quelque chofe.raypofe ccfte définition qui eft nccefïairc feu le m et pour entendre ce trai- té , ainsauffi pour les iùgemens qu'il faut rédre contre les Sorciers, cequiacfte'obmis iufques icy de tous ceux qui ont cfciit des Sorciers, & neantmoins c'eft le fondement fur lequel il faut baftir ce trai^flç.Deduifons donc par le menu noftre definitioij . Premièrement i*ay mis le mot, Sciemment : puis qu*iUftainfi que Tetreurnc peut emporter aucun côlèntemét, corne dit la Loy * r^ J,'**^*^^ tellement que le maladequi vfede bonne foy d'vnc rti.uJifiZ receptcDiaboliqueàluy baillée pat le Sorcier , qu'il 2!7'^'/ penfoit eftre homme de bien, n eft point Sorcier, car ^t jahl ilaiuftecaufed'ignorance: Mais non pas le Sorcier ''*/**'"'i'* l^uy déclare * ou s'il inuoquc les malins efprits en fa prefènce , comme il fe faidt quclquesfois : ce que i'ay mis feulement pour exemple & (èra plus atnplement déclaré cy après en fon lieu. Mais il faut fçauoir quels "*"W»- font les moyens Diaboliques , Le mot de Diable fi- j^^*^, gnifie en Grec Calomniateuï+ , parce qu'il efpie tou- Ag<». îiours les adions des gens vertueux, comme il fe voit en refciipturcl^lainde, & les calomnies dcuanr Dieu: ^io.e*.f.

Elles

2%

D: la IjCdnthropJe.&fiUs Ijprits peuuem changer Us htnt^

mes en befies. C h a p. v i ,

Sites Sorciers ont copulation auec Us Démons. C h a . v i i ,

Si les Sorciers peuuent enuoyer les maladies yjlerïlitez.^ grejles,

& tempeftes,& tu^v hommes & befies. C h a. v i i i .

Liure Trûifîefme,

LE s mojens licites ^obuier aux charmes & Sorcelk^ ries, Chap. i.

Si les Sorciers peuuent ajfeurer la famé des hommes allatgres^

& donner guartfon aux maladies, Chap. i i.

Si les Sorciers peuuent auoir par leur mefiier , la faueur dts

grmds, la beauté M^ plaifirsyles honneurs, les ricbcjfes , cr

kfçaum,& donner fertilité. Chap. i i i .

Si ki Sorciers peuuent nujre aux vns plus qu aux autres.

Chap. i i i i.

Des noyens illicites pour pretienir les charmes & malefces,

é guarir les maladies . Chap. v.

T>e aux qui font afitgez. &fùrcez,par les malmgs Ejpytts,

C les mojens de les chaffer, Chap. v i .

Liure Qu^atriefmc.

DE rinquifitim des Sorciers, Chap. i.

Des prennes requifespour auerer le crime de Sorcel- lerie, Chap. i i. Dda confefion volontaire & force que font les Sorciers,

Chap. i i i,

T>s prefumpîions contre les Sorciers» Chap. i i u . r^speines que méritent les Sorciers. Chap. y.

'Sifututton des opinions de lean V Vier.

F I n;

LA DEFINI- TION DV SORCIER-

Chaîpitre Premi;£r,

Orc I ER eftceluyquiparmoycs Diaboliques fcieinmcts'efifbrccde paruenir à quelque chofe.raypofe ccfte définition qui eft ncceflairc fculemét pour entendre ce trai- ùé y ains aufti pour les iugemens qu*il faut lédre contre les Sorciers, cequiacfte'obmis iufques icy de tous ceux qui ont cfciit des Sorciers, & neantmoins c*efl le fondement fur lequel il faut baftir ce traiiflc.Deduifons donc par le menu noftre definitioij . Premièrement i'ay mis le mot, Sciemment ; puis qu*iUftainfi que Ttirturrc peut emporter aucun côfentemct, cômedit la Loy * ! tellement que le malade qui vfe de bonne foy d'vne rccepte Diabolique à luy baillée par le Sorcier , qu'il penfoit eftre homme de bien, n'eft point Sorcier, car il a iufte caufe d'ignorance: Mais non pas le Sorcier luy déclare j ou s'il inuoque les malinsefprits en fa prefènce , comme il fe faidt quclquesfois : ce que i*ay mis feulement pour exemple & fera plus amplement déclaré cy après en fon lieu. Mais il faut fçauoir quels font les moyens Diaboliques , Le mot de Diable fi- gflifie en Grec Calomniateur+ , parce qu'il efpie tou- îiours les adions des gens vertueux, comme il fe voit en refc(iptuictiain<^e,& les calomnies deuanrDicu:

Et les

pTHm, de admit. f.'L Mut jaQa

dtfSHuJf.

Xut,

JO Dus SORCÏERi

Et les raaycns Diaboliques font les fiipcrflirîons , S^ impierez coiurouuecs, &ci]feignccspar Sacin à (es icruitcurs pour ruiner cii perdition le genre humain. Et pour cefte canfe les Hebrieux l'ont appelle Satan, /.5^^«Vw. c'eft à dire l'ennemy, comme di(5t Salomô* que Dieu €.j.&i'c- acreé l'homme à Ion ima^e, pour eflre inimorrcL J7.à-Ge. mais que pari enuie de Satan \^ mort elt entrée au nftscap.x mondCjCcqui elt auflî lecitcen plullcurs lieuxde l £- *' icripturc fain^le. Enqiioyil pieluppofè non feule- ment qu'il y a vn ennemy du genre humain, ains aufîî qu'il àeflé dcslccommcncemeni, commeileftdi6t A£r*^<7. en lob *. Et non feulement la fainute Efcripruie, ains aulli tous les Acadcmictens , Pcripatcticiens, Stoïciens, ôc Arabes demeurent d'accord de l'cxi- ftence des cfprits ; tellement que le reuocqiier en doubte (^comme font les Athciîlcs Epicuriens) ce' feroit nier les principes de toute la Metaphyiiquc, ô: rcxiflence de Dieu, qui elt demonftrec par Ari- fuphy/îc. ftote t* & le mouuement â<:s corps celedes qu^il at- ^cutj>hy. jfi^jQg auxEfprits Se Intelligence, car le mot d'ef- prit s'entend des Anges & Dxmons. Et combicri que Platon, Plutarque , Porphyre , lamblique, ôc Plotin tiennent qu'il y a de bons & mauuais " Damons : (I ell-ce que les Chreftiens prennent j. ^ttf.w toufiours* le mot de Dasmons pour malings efcrits: /f^w.rr^fl. £^ mefmes la détermination refoluë en la Sor- ds'autuû bonne le xix. Septembre Ï578. coJamne comme jyeted.22 hérétiques ceux qui tiennent qu'ilyade bons Dx- rareii^.e. mons , luyuant laduis df^s anciens Docteurs , tout /i. &iti'' ainfique les efprits Angéliques font toujours efti- fliih^os.ca. mez bons ,qut elt vnereiolution trjs bonne, ccne- jj.pcen. ceiîaire pour trancher rexcafe,&: impiété decenx qui ]th, jT^"* ^pp^^^'^^^^ » & inuoqacnt les Diables foub^ le voi- le de bons D.rmons. Et quant à l'Origine des Dx- rwoiis c'ell choie bien fore difficile pour 1 adcurer : 6c

de

LïvrïPrbmish. jl

le faid Platon quand il en parle au Timecjl dit ainfî:

]ô\Y, X7.è r.ixaç Tiiçiov éÏTclç eîpyjxoffiv Sftxrj'oo-^cLev . cVit ldire,quclcdifcourS5 6<:oiigincdcs Daemonspallc loftre entendement, & qu'il faut s'arrefter^ ce que es anciens en auoient dit. Aunipouuonsnous fuy- jre Topinion des anciens, qui tiennent que Dieu ircii tous les efprits en grâce, & fans pechc,& que es vns fc voulurent clîeuer contre iuy, qui furent )recipicz. Et rapportent à ce propos la cheute du 3rngon attirant auec Iuy grand nombre d'EAoiiles igurcen i'Apocalypfe1"par le Prince des Dxmons f^yip*€,r» kfesfuiets: ce que les anciens Payens ont rapporté lia Gygantomachie : Et mefme Pherecidcs eft de cft aduis , appellant le Dragon Ophionaum , chef des ,ngesrebclles,î^Trifa]egifte inFœmandro, ôc le dire i'tmpedocle , qui appelle les Daernons tombez da iel cvi^œvoTnTiîg, Samd; Auguftin efl de ceft aduis uffi au luire vin .chapitre xx 1 1 . de la Cite : laqucl- e opinion pour fon antiquité, de pour Taucloriié le ceux qui l'ont tenue ,eftreceuc des Chreftiens. iftantdoncques trébuché ce grand Satan du com- nenccment du monde, que l'efcripture appelle Be- icmoth, ik Leuiathan n'a faiô: touiiours aulrre cho- s que perdre, galler,Ôcde{liu ire ; Etpour ccftecau- ^iouuent il s'appelle Afmodjius ^du mot S amad^ qui ignificrumer: comme Dieu parlant au peuple He- •rieu de la vengeance qu'il deuoit prendre de tous ï^ premiers nez d'hommes 6c beftesen tout le Roy- ume d'Egypte, le nepermettraypas,dit il, que le )c(lru<5lcurentreen vosmaifbns . Orphée l'appelle u(îi le grand Dîçrrîon vengeur ; Et comme il cftoic laiftte Sorcier il Iuy chante vn hymne, & le Pfalmc i<5t : Ce grand Leuiathan que tu as forme pour ciompher de Iuy ; Et ce qui eft did en Exode , ic t'ay

faia

j2 U»S5ATCtBRf

faid ô Pharaon pour monftrcr ma puilfancc en to^s ce que s'entcd (outre l'hiftoire litcralc j de Satâ,com- me ildidenEzechicl: Mevoicy toncnncmyôPha- rajn grand Leuiatlian , Dragon couche au milieu de tes flcuues.qui as dit:Le fleuue c(l ï moy,& ic me fuis fAid&c.Ieieferay lapalluredcsoyfcauxda ciel. Les interprètes fontd'accord que Leuiachin, Pharaon 5< Bchcmothfignifiecegrâdennemy du gcrc humain* & que le Royaume dVEgyptefignific la chair, <3c U eupiditc,(S<: cntcndoit par le fleuue, le rorrct de la na- ture fltiidc, qui va touliotirs coulant en corruption, qui c(l propre au deftrudeur , contraire à Dieu créa- teur de toutes chofes. Car toutainiî que le Créateur^ Père Ôc Gcnernteur opère à la création & génération^ au(fi le corrupteur à la corruption du genre humain^ comme aufiTj au xxx. chapitre des Proucibcsalleguo- riquesde Salomon, ileftdi(fbquc les corbeaux dii lourrentcreuent les yeux à celuy qui ic mocquc de fon pcre , Se mefprirc la dodliine de fa mère , il entend les Diables de ce torrent élémentaire, qui apparoilfent ordinairement noirs comme corbeaux,; éc qui cflcigntnt la lumière de raifon de ceux qui mc- fprifent la loy de nature,5<: fe mocquentdeDieu. Et d'auantagc les Hebrieux tiennent que Dieu punirai fatan en hn,& allèguent Ezechiclchap. xxxi. &Ie- fCdf.27. fayç*,où ileftditque Dieu tuera vn iour ce grâdLe- uiathan ce grand levpcrtt tortu , quicften la mer,& tntend par la mer matière fluide,que Platon^ & Ari" ftote,charchans lorigine dumalontditeftrele fuiec de tous maux,& que Salomon en fcs allégories & pa- raboles appelle femme, quand il di(ftqu*iln'y a ma- lice qui approche la malice de la femme: &:tanto{l illappelle paillarde , qui reçoit tous hommes, com- me la matière toutes formes, ainfi que le Rabin May- t ^*./. mot l'a interpretc.Ik difcnt auiîi qu<s Içs hômcs qui fe

font

L I V R E P R E M I E R. jj

(bntdcdiezda tour au (cruice de Dieu en ce monde feront comme Anges de D\c\x:Erunt,di<^ l'efcripture, *ficut Angeli Dei, Ôi que par me(mc moyen les ho ttiQSi^Mar. g a, ont renonce Dieu,<Sr le (ont dédiez au feruice de Sa- tan,outre les tourmeus, qu'ils foutfiiront ils feruirôc cncores comme DiableSj& bourreaux de la iufticede Dieu,& qu'ils périront en fin,&: allèguent Zcaharie^ i l did; Auferamjpmtum immundum de terra: Et que les marques des Anges, & Diables>des eleuz & des re- prouuez eft que les vns auront la vie eternelle,les au- tres mouront éternellement. Voila fommairement l'opinion des Théologiens Hebrieux , de laquelle les mciens Grecs ont eftcabbreuuez. Carnous voyons ^ue Plutarque * encre les raiïbns qu'il met , quand il * ^niihê^ lifcourt pourquûv les Oracles font faillis(ce que Ci- ^^^' '^** :eron t efcric élire aduenu long temps au patauant ^J^*^" uyjil di6t que Toperation des Démons cft limitée , Se jci^r^^i- ju'iceax defliillans^le Oracles ont celTe : Et Porphy- '^^' :e ''auiîj raporte l'Oracle d'Apollon en ces vers: dtmnaûJ

cl oîfAtit t^'istù^k; çovec^^TîTi 0 ty^ir* Azs-oXt<.ù9 "^'

C*eft àdire:Helas helas pleures tripodes , Apollon Zly{7^ :ft moit ^ ileft mort , par ce que la lumière flamboy- <?)<Aocrô^ mte du ciel me force. Etdefaiél + Eufebehiftorien^^*''- Lccleliaftique, allègue l'hiftoire mémorable rappor- ,'s'/^'^' ee àl*Empercur Tybere,qui eft aulfi en Plutarque * : * -tt^o zr^É ]'eft à fçauoir que plufieurs palîàns en vn naulre^^*^**' es Ides Echinadesouyrentvne voix en l'air appel- yg^^^~*J^ ant plufieurs fois Thamus qui elloit le patron du iauire,auquel il fut dit quand il arriueroit aux Palo- les, qu'il declaraft que le grand Pan eftoitmort; Ce [uifutfaitt, & foudain onouyt de grands gemifTe- iiens,& hurlemés fans voir perfonne. Or fainc^ Au* uftin , Thomas d'Aquin , & plufieurs Théologiens iebrieux , & Lapins ont tenu ^ que de la copulation

C des

94 DES SORCIERS

des Djrmons aucc les femmes ( qu'ils difcnt cftre fpc*

•acn.c.f, cifîec en l'efcriptnrc * fain6le,&: que les Sorciers ont toufiours confi (Te j prouicnnent ues hommes diabo-

hdejfc*p. liques,quc les Hcbrieux appellent Rochoth + ,& qu'ils f dilcnteftre Diables en figure humaine, & pareille- ment les Sorciers, & Sorcières, qui dédient leurs en- fans à Satan fi toft , qu'ils font nez , ôc qui continu- ent la vie detcftablc de leurs pcrcs &mcres, font de la nature Diabolique. Et pour ccfte caufe Dieu ay* ant en abomination extrême cefte impiété , il a don- né vue maledidion exécrable à ceux qui offrent leur icmence à Molech* :lcs menalTant qu'il les arrachera

^^'*'*** de la terrCjComme il fit les Cananéens qui envfoient ainfî , defquels Salomon did ^ que leur femencc

SafitntZ. eftoit maudite de Dieu : 6c mefmes ils facrifioient fouuet au Diable leurs enfansjes faifans bruflcr tous vifSjOu les maflacrantjcomme fiftla Sorcière Medec pour fe vcgerdc lafillede Creô Roy de Corinthe,qui auoitefpoufélafonfonamy.Soirdôcquesquelesde* mons foient rresbuchez de la grâce originale , en la- quelle ils eftoient créez, fi ne faut il pas pourtât qu'il entre au cerueau des homes qu'il y ait iniquité * en

V»^a* Dica,côme faifoit Mânes Perfan chefdesManicheés, lequel pour euiter,comme il difoir, rabfurdité que le mal vint de Dieu, s'il confelToit qu'il euft créé Satan maling par nature: ny pareillement que Dieu euft créé Satan en perfection qui par confcquent ne pou- uoic pedier (comme il difoitj ne dégénérer en nature maligne , Ôc peruerfe : pofa deux principes égaux en puiirances^ origine: l'vn principe de bien, l'autre du mal,qui efl: la plus deteftable Kerefie,qui fur onc- ques,«&: de laquelle S. Au^uftins'eftdeparty, difant que le mal n'cft que priuation de bien : ce qui toutef- fois n'a pas contenté ceux qui tiennent que les vices font habitudes , âuili bien que les vertus j ôc que les

i ^ ' " * vnet

Vriesaiiffi bien qucles autres s'acquicrent paraâios^ & d ifpofitions. Mais tous les argu mens des Manichc* ans font trancher par la racine^fî on préd garde , qu'il îi*y a rien en ce monde qui ne foie bon, comme didk Dionyfiusauliure^âf/«//fîf/îo;m'fc: Et ne fefaidt rien qui ne foit bon en foy ou par relation ^ comme 9 tresbicn did le Maiftre des Sentences : Tout ainfi que Dieu a faicldes plantes qui portent poîzons aux vns & médecine aux autres : Et mefmes fes fetpens & vi- pcre5,quc les Manicheâs difoiét cftre les créatures du Diable,feruent à côpoier la plus excellére médecine, quipourceftecaufeeftappellee theriaquc, &quel- quesfoisguarirles ladres,&maladics incurables. Ain- neftildiâdes Àdtions mefchantesen foy j comme Id Voleur qui afladine le pafîàger pour auoir fa dcfpo- uillc a côiTiis vn a6i:ecruel,& capital en foy^ôc néant- moins il ne fçait pas qu'il a,peur eftre , tué vn parrici- de, ou que lia tire des icalamitez de ce monde celuy tjae Dieu aimoit cômc dit Salomon au liure de la fa-» geiTc:c^ que Dieu s*e(l feruy de Iuy,5c neâtmoins que par ccfla<5te,ie voleur eftrecerchéjtrouué,^ puni par le lugement de Dieu ineuirablc:Et en fin il donne lo- uange à Dieu. Et côbien que Pharaon faifbit tuer les en fans maQes Hebricux au pris qu'ils naifîbient. Ci eft ildidt en l'efcriptuie fainéle,qae Dieu Tauoit endur- Èry, 6c rendu rebelle à foy , affin quelapui(ïànce de Dieu fuit efclarcie , ôc publiée par toute la terre , qui cftoit auciineriientcnfeuelie, & cachée» C'eftpour- quoy Salomon did,que le melchant bien fouuenteft çileué, &c noiirry feulement poujrferuir à la gloire de Dieu au lourde la vengeance: Car quoy qui fe face en ce monde» en fin le tout fe rapporte , ^ reuffit à U gloire de Dieu:&: en cela principalement fe cognoift [a indice y & fagefTe de Dieu incomprehenfible , qui fcait tirer fa louage des homes les plus décelables , Se

C i fai<à

36 DES SORCIERS

h'ték rcu(Tîr *i fa gloire les cruautez des mefclils pour exécuter fa vengeance : Faut il donc faire mal , affin qu'il en adiiienne bien .? SaindPaul faidt ccft argu- met en l'epillre aux Romains furccmefmedifcours: puis il refpond que ceux font damnables , qui par- lent ainfi, &concludfondifcours par vne exclama- t adRom. j-Qj^ ^^. j^ fagelïè de Dieu emerueillable. + O altittldo diumarumfapienmjfcientidDeil quajnincomprehenfibtlta funt 'tudtcta etus ! 1 1 adunit à Paris n'a pas long temps, qu'il y eut vn gentilhomme conuaincu par faux tef- moins non reprochez d'auoir tué celuy qu'il n'auoit iamais veu>fe voyant condamne par aireft de la cour, ôc fur le poinét d'eftre exécuté , il confe(îà qu'il auoit cmpoifbnnc fon pererle cas eft notoire à plufieurs. le pourroismetirevne infinité d'exemples , qu'vn cha- chun peut rçauoir,mais il fuffira d'auoir touché (bm- mairement,qu'il ne faut pas imputer à Dieu qu'il fo'it iniufte quand ilatfoufFcrt que les Anges ayenttrcf- bufché ,non pUisquedeblafmerlesegouts, & cloa- ques, & autres réceptacles d* ordures, qui font necef- faires au plus beau palais du monde. Et celuy qui ca- luranieDieuencerchantlemalen foy , qui eft en ce iTionde,portera.vne malediélion beaucoup plusexe- crable,que celle, qui fut donnée à Chanaam, duquel lepereChams'eftoit mocqué des parties honteu fes de.Noc, dont il eftoit y (Tu , que fes frères couurirenr, cndeftournantlaface. G'eftpourquoyenl'efcriturc faindie après lacreatign de ce monde admirable en | beauté, grandeur & perfe(5l:ion , il eft diâ: que Dieu a veu que tout ce qu'il auoit faidt eftoit beau , & bon à merueiiles. Car la cloaque du monde eft cefte petite •c5»To75 particule du monde élémentaire que Procle * Aca- }iùyûtç demique ne daigne appeller particule du mode, mais ^^ vue appendice, ou apoteiclmes carce ncltquevn poind infenfible que la mer , & la terre eu efgard au

ciel

I

L I V R E P R E M I E R. 37

ciel, cômc il eft tresbien demonftrc par Ptolotncc. Et neantmoinsencefte cloaque la puanteur, & le mal de ce monde eft reclus , il y a des œuuresde Dieu belles , & merueilleufes. Or tout ainfi que Dieu qui de fa nature eft,(eul bon,ne peut faillir ny faire chofe qui de fa nature ne foit bonne , au(îi les Diables ne peuuent faire chofe qui foit bonne en foy : tout ainû que les Anges ne peuuent faillir &ofFenfer. Or tous les Anciens demeurent d'accord que les Anges font ordonnez en partie au mouuement des cieux , &: lu- mières celeftes, & à la conduire de nature: les autres à la conferuation des Empires & Republiques , que Pfellus , & Porphyre appellent Mo-f^Âyùv^, ^ ^ la con- duidte des homn>es:les autres à feruit* , clouer Dieu fpecialement, combien que tous enfemble confpirct \ la gloire & louange de Dieu. Quant aux malins Ef» prits ils feruent auflî à la gloire de Dieii , comme exé- cuteurs & bourreaux de fa haute iufti ce , & fi ncfonx rien qiiepar vneiuftepermiflionde Dieu: car côbien que les malins Efprits ne font iamais bien , finon par accident,&: à fin qu'il en aduiennevn plus grand mal comme quand ils guariffentvn malade pour l'artirer ï leur deuotion , auflî eft il tout certain, que Dieu ne permettroitiamais,qu*ilfefeift malquelconque,fiçc n'eftoit à fin qu'il en reuiîît vn plus grand bien: côfpç a tresbien did faincft Auguftin,lequcl a fuiuy la defi'- nition des Démons que nous lifons en Apulée^ des plus fçauans Sorciers de fonaage , qui eft telle: Da^v trônes Çunt génère anïmalia,'ingenïo ratïonabïlia,anmopaf^ ftua,corpore aerea^tempore dterna. le mor <£terna prend properpetua.aut diuturna, comme fpuuent en la fain<Sl:c efcripture. Car il n'y a que D ieu éternel, c'eft à dire, qui n'a eu commencement, & n'aura iamais fin, ou corne did Iefaye,Qui a eftc deuant tout, Se fera après tout. Quant à ce qu'il did,que les Démons ont les

C } corps

|S DESSORCIERS 1

corps aériens j cela cO contraire à la nature des efprie^l qui font pures intelligences: Aufli les Académicien! ne difent pas que lesDcmons foient pures intelligent i ces. PhilonHcbiieu interprétant ce quieftdidt aux* Nombres, Que Dieu départit de Tc^prit, qui eftoiç furMoyleau lxxi i. Eleuz,di6tqucccrtoitcom-» me d'vnc lumière, le dirois pluftoft qu'ils font dVno quinte eflcncç, comme on did du Ciel pour euirer aux abfurditez de la corruption des^ efpritSjJfi on didt qu'ils font élémentaires: quieftlefeul poind pour^„ quoy Ciccron a (buftenu que les âmes ne font poinéfcj clcmençaires. Apulée ne diét pas fi les Démons font bonSjOu mauuais : combien que les anciens tenoyct qu'il y en auoir de bons,les autres mauuais> les autres; . neutres : Et Pfellus entre les Chriftiens , Plotin entre les Académiques, lamblique entre les iCgyptienSjf mettent trois di{Ferences5& conftituent generalemcc tous les Dempus en fix lieux:à fçauoir , au ciel , en lai haute région de l'air , en la moyenne région, es eaux, en terre, & foubs terre. Toutesfoisnous fuyurons U refolution des Théologiens , c'eft à fçauoir que lou^ Demos font mahns.Auffi eft-ilincompatiblede met- tre vne neutralité en la nature intelligible : veu mef- mes que les anciens n'ont iamaîs eu que ces deux e-. pithetes des Demons,à fçauoir ^vW^ey & ^Ko^u/ftov.Ce poindrefolu touchant l'origine, nature, ôc qualité des Diables, ou Démons, nous achemine au premier | poind de noftre définition, pour entendre les adions | desDiablcs & moyens Diaboliques,defquels ils vfenç pour ruiner les hommes : lequel poind prefuppofè auffi Cocictétôc alliance auec les Demons.Difbns dôç

s'il eft poflîble que telle (bcieté fe face.

1^. -^ - '

DE

DE UASSOCîATION DES

I,JpYits au€€ les hommes.

C H A P* II.

LAsociETE, & alliance ne peut eftre , finon entre chofes femblables , ou qui ont quelque fimilitude , ou accord IVne a Tauirc: tout ainfi que les moufches k miel s'afTocient enlèmble pour la fîmilirude quelles ont. Se pour tirer profit de la fo- cieté mutuelle : ain(î lesformis, ôc autres animaujc fociables. Mais entre les Loups & brebis , entre Icf* quels Dieu a mis vne antipathie , & vne irrécon- ciliable, & capitale inimitié, comme entre les me- Ichans homes à outrance j& les faindVs perfonnages, il ne peut y auoir focirté qui tienne, non plus qu'en- tre les Anges ,& les Dcmonsrmais il y a des hommes qui ne font ny bons ny mefchans, 8c s'accommodent auxvns, &aux autres, tellement qu'on peut dire que l'ame, intellcduelle de l'homme efl: moyenne entre les Anges,& les Démons. Car on void que ce grand Dieu de nature a lié toutes chofes par moycs, qui s'accordent aux extremitezj&compofe l'harmo- nie du monde intelligible ,cclefl:e, & élémentaire par moyens & liaifons indiifolubks. Et tout ain- fi que l'harmonie periroit. Ci les voix contraires n^e- ftoyent liées par voix moyennes : ainflcftildu mon- deA' de (es parties. Au ciel les figues contraires font pliiez d'vn ligne qui s'accorde à l'vn & à l'autre. Entre la pierre,& la terre on void Targille, & balme : Entre la terre ôc les mettaux , les marcafites de autres miné- raux : Entre les pierres, 8c les plates font les efpeces de corail,qui font plates lapifices produy (ans racines,ra- meaux & fi:uiâ:s:Entre les plâtes,& les animaux font les Zoophitçs,ouplantcbeftcs,quiontfentimeot &

C 4 mouue*

mouuemcnr, & tiret leur vie par les racines attachées aux pierres: Entre les animaux terR'ftres,^: aquati- ques (ont les AmphybieSjCommeleslitures, loutres, tortues, câcresfluujatiles: Entre les aquatiques ôc les oifeaux font les poillbns volans : Entre les autres be- lles 8c les hommes font les Singes, & Cecropuhes.Eç entre toutes les beftes brutes, & la nature intelligible (qui font les Anges & Daemons) Dieu a pofc l'hom- me , partie duquel eft mortelle comme le corps , ôc partie immortelle,commel'intellc6l-. Orfainâsper- fonnages,qui mefprifènt la partie mortelle, & terrc- ftrepour ioindre leur ame intelledèuelle auec les An- ges, font la liaifon du mode intelligible auec le mon- de inférieur. Ce qui fut fai(5t premièrement lorsque Adam fut créé en eftat de grâce , ayant neanîmoins le J^^'J*^/J^* franc ^ arbitre d*eftre bon ou mauuais ; C'eft pour- /♦. quoy les Hebrieux difent que Dieu créa l'homme le dernier,y appellâtles AngeSaCommediâ- Philon He-, brieu , tant pour monftrer quiltenoitdelanature intelligible, que pourvnir le monde foperieur, au inonde inférieur. Maisqiiant aux autres animaux il cftdiâ: qu'il commanda aux eauxdc produire les oi- feaux & les poiflôns : C^ à la terre de produire les au- tres beftes: & non pas Thomme qui deuoit eftre le lié du monde intelligibile &vifible, laquelle liaifon a continué entie les Anges , & fainds perfonnages par la priere,& moyen delqucls le genre humain eft con- tP/a/w./. ferué. Ceftpourquoy ileftdià auxPfalmes t, que nutfitTum Dieu afaid l'homme peu moindre que les Anges,ou ab ^ngeiu le vcïQtUekh'tm ne fignifie pas Dieu,comme quelques vns onttradui61::aufliles lxxii. Interprètes onttra- duic *yygAa«f & l'Interprète Caldean a tourné M4/4- chth qui eft pris du mot Hebrieu Malachim qui fignifie Anges,& ofte lequiuoque du mot Eloh'im:Èt par ainu çplieu que Ufons. Tu Tas faid tel,que plus il ne luy

rcftc

efte fors cftrc Dieu, il pouuoit dire : Tu Tas Ci haut lïeucdefoncftre, quil eft peu moins que l'Ange de a dextre.C'ert pourqiioy les '' Hebrieux appellent les « /„ /^^^^ Vnges les Pedaeocues des hommes.comme les nom- f «H'-'*^»'* nes (ont bergers des animaux:ce que Flaton * ayanCyr^Trof^- ;pprisd^s Hebrieux , adicl que on ne baille pas la 5<"^ -/"''*- ;arde des chcures , aux cheures, ny des bcftes aux be- ^,î, legib, tes : ains aux hommes, & la garde des hommes , aux ^ ^>»- \nges.Nos(tnquitj ficut oues mira diuinorumpaflorum eu- lodtafemper egemus. Puis donques que les Anges font )ons, & les Diables mauuais , auflî les hommes ont e franc arbitre pour eftre bons, ou mauuais , comme Dieu did en fa Loy ^, Tay, dit-il mis, deuant tes yeux ^j^/^'q^ ebien,&: le mal,la vie & la mort.choify donc le bien nef.^. ?ctu viuras'.Ecencoresplusexprelîèment enautre **^"'-'^- ieii il eft ditSb : Dieu ayant créé l'homme l'a lailïe en on franc arbitre,& luy a did: Si tu veux tu garderas nescommandemenSjils te garderont: le t'ay baillé le eu & l'eau , tu as puifFance de mettre la main à IVn )u à rautre.-Tu as le bien & le mal,la vie & la morr,& ;uras lequel il te plaira. Et pour monftrer qu'après le >eché d'Adam l'homme n*a pas perdu le franc arbi- rc,le propos eft infère en la loy de Dieu, Se mefraes il # ^^^ utdià * à Gain, qu'il auoirpuidànce de faire bien )U mal : Surquoy Moyfe Maymon diét, querous les -lebrieux foncd*accord,que l'homme a le franc arbi- re,& que cela n'eft point reuoqué en doute, dequoy ^ , , li6t-il,Dieu (oit louc.Voila ces mots '\ Erparainfila T^/mr^ ieci^on desTheologiens demeure veritabie,quc tous fprits (ont bons , ou mauuais , &: (eparez les vns dts utres:ce que 1 es Théologiens di fent eftre (îgnific par es mots,que Dieu diuifa les eaux d'auecles eaux : & [ue les hommes font le moyen entre deux. Caries ns font aftociez auec ks Anges,&: les autres auec les )a5mons:6c fe tfouucntauflî des hommes, qui n'ont

C / ^ jfoing

than nU' uim.

i

loing des vns, ny des autres. O r l'anikic, ic fbcîetr, fbic âuec les Anges, (bit aucc les Démons, commence paiconucntionstajfibleSjOU ex p relies: Nous v fer on deces mots defquels ontvfè S. Auguftin, Thoma d'Acjuin, & les autres Théologiens. liyabicndc homes qui nes*adonnctiamais àcotemplerles cho^ Ççs intclîeAuclles,(Scnc leuct jamais rcfprk plus haut que leur gueiile^viuans comme poarceaux &beftei ^TpiL^e. bruteSjdcfquels Tefcripturc ^ faindc di(5t: Ils ne fbni plus hommes , ains aux beftes refl'emblent , defquel^ meurt râme,& le corps tout en femble. Et quant S ceuxlà,iiremble,qu*ilsncpeuucnt pas auoirfocietè aueclesefprits,foyentbons,oumauuais,pourladi/^ feience trop grande, qui eft entre ces pourceaux la^j & les efprirs , qui de Icurnaturel font cnTcnces incor* porelîes5& fpirituelles. Mais celuy qui s*adonnc, Se tourne (es pcnfecs à tout mal & melchancetc » alors fbname dégénère en nature Diabolique * , comme à'id: lamblique : premièrement par partions tacites comme nous dirons cy après , puis par conuentions cxprellès. Et au contraire Thomme s adonne à bien & qu'il elîeue Ton ame \ Dieu , à bien, à vertu , apret que Ton ame fera purifiée d Vne grâce diuine>s*il s'ex- erce aux vertus morales , ôc puis aux vertus intelle* <5tuelles, il fe pourra foire , qu'il ayt telle focictéauee TAnge de Dieu,qa*il ne fera pas feulement garde' pat iceluy, ainsilfentirafaprcfence, & cognoiftra le* chofes, qu'il luy cômande, & qu'il luy défend. Mais celaaduientàpeud'hÔmeSj&dVnegrace&bdtéfpe-* ciale deDieu:Auerroc*s appelle cela Tadoption de Tin- tclleâ:>&diâ: qu'en cela gill: la félicite la plus grande, qui fuit en ce môdeiCe que Socrateaperceut des pre- miers entre les Grecs , comme iious lifons en Platon fon difciple in Thcagç»AdeJljnquiLmihi diuind quadam forte Ddmonium quoddam à frima fumùa m& fequutum,

c'cft

LIVRE PREMIER. 4?

c*e{lài dire^Dcsmon enfance i*ay toufiours fcnty ic ne tç-'.y quel cfptitjqiîi me fuit i Puis après il did^qu'il oyoit vnc voix, par laquelle il cogiioilTôit qu'il ne de- uoit pas faire ce qu'il vouloir entreprendre. Celac- ^ (loir bien fort fréquent cnrre lesHcbrieux, con:imc nous voyons en l*e(cripture fainétc , qui eft pleine de nulle exemples , comme Dieu par (es Anges a affîftc aux fainds pcrfonnages^dc parle par lesAnges à iceux intelligiblement: aux autres par (igne fans parole» Ec entre ceux-là qui ont {bcieicaueclesbonsefprits^il y a plulieurs degrez. Car aux vns Dieu donnoit va A nge fi excellent,quc leurs Prophéties ôc prédirions cftoicnt toufiours certaines >3c infallibles , comme on did de Moyfe,HcIie, Samuel, Heiifee. Les autres n*ont pas toufiours cflé infallibles, foitquelesefprits fbient moins parfaits les vns que les autres, foit que !e fuict n'eft pas fi propre : tout ainfi que le Soleil ne monftrc pas fi clair en la terre qu'il faid en l'eau, ôc h'eft pas fi clair en leau trouble qu'en l*eau claire, n'y en l'eau agitée qu'en celle qui eftrcpofee: auiîî les paffions de l'ame troublée, ouquin'cft pas coye Ôc rranquille,ne peut fi biéreceuoir la clarté intclleétu- clle.ray ditquec'eltvn fingulierdondeDicu, quand ilenuoyefonboefpritàceluyqu'ilaime, pouV eflre entendu de Iuy,& guide' en toutes (es avions : Car il fe peut faire que l'homme fera vertueux,& craignant Dieu,& le priera affiduellemct, & neantmoins Dieu, peuteftre,ne luy donnera pas fonefprit: mais bien Ijy donnera tant de fagelTe ôc de ptudencc qu'il luy fera befbing , ou bien s'il luy dône ibn bo Ange peut le garder , comme tiennent les Theologiens,6«r qu'i 1 cft dit en l'efcripture "^ de celuy qui eft en la garde du ^'^^''^•*'' haut Dieu, lequel a fai(5b commandement à fes An- ges tiefdignes de le garder (bigneufemcnt, quelque part qu'il chemine. Neantmoins il ne fcntira , ôc

n apef-

^4 JJ Ct O OV^JVV^ICIVJ

n'apcrccura point la prefence de TAnge de Dieu, co- rne Abraham didt à Eliczer,que Dieu cnuoyeroic fon Ange douant luy pour le guider, ce quifuft faid , en- coies que Eliezer n*en a;^erceut rien non plus que les enfans,& panures enfenfeZjqueDieu garde bien fou- uent par Tes Anges, qui ne pourroyent autrement ef- chaper mil &c mil.dangers de mort. Mais celuy à qui Dieu fai£t la grâce fpeciale decognoiftre fenfiblc- ment la prefence de Ton Ange, & communiquer in- telligiblement auec luy^il fe peut dire beaucoup plus heureux que les autres,& tresheureux s*ilaledonde Prophétie, quiefl leplushautpoindd*honneurou Thomme peut élire efleuc. Auflivoid on qu'il y en a toufiourseufortpeu. Lorsque Dieu menoit l'on peupleparledefert jiln'yeneuft queyi. à qui il ^{ï ceftegrace,combien qu'il y euft fix cens mil hommes au delFus de vingt ans : Et ne fe trouua que Hieremie de fon temps , auquel Dieu dift , qu'il fîft à fçauoir à Barachie,qui demandoit à Dieu le don de prophétie, qu'il dcmandoit trop grande chofe. Toute Tefcriptu- refaindeefl: pleine de telle communication de l'An - ge auec les cfleuz. le fçay bien que les Epicuriens, Se Atheiftes tiennent cela pour vne fable ; au(îj ien'ay pas délibéré de les faire fages; Si eft ce que toutes for- tes de Philofophes tiennent cela pour indubitable, Plutarque au liure qu'il a faid du Daemon de Socra- te, tient comme chofe tref-certaine, l'alîbciation des efprits auec les hommes ,& dit que Socrate, qui eftoit cftimé le plus homme de bien de la Grèce, difoit fou- ucnt à fes amis, qu'il fentoit affiduellement la prefen- ce d'vn efpritquiledeftournoittoufiours dcmalfai- rc„& de danger. Le difcours de Plutarque eft long & chacun en croira cequ'il voudra.Mais ie puis alTèurer d*auoir entendu d'vn perfonnage , qui eft encores en vie , qu*il y auoit vn efpcit qui luy adiftoit aflîduelle-

menr^

I.IVREPREMÏER, 4J

nent.& commença à le cognoiftre, ayant enuiron rente fepr ans,combien que le perfonnage me difbit ju'il auoit opinion que toute (a vie! efprit l'anoit ac- :ompagncfparles fonges précèdent, & vifion qu'il a- loitcu de le garder des vices 6c inconuen:cns:& tou- csfois il ne Tauoit iamais apcrceo fenfiblemér, com- Tie il feift depuis l'aage de trente fept ans , ce que luy iduint comme il did, ayant vn an auparauantconti- lué de prier Dieu de tout ion cœur foir Se matin, à ce ju*il luy pleuftenuoyer Ton bon Angc,pour le guider ;n toutes fesadions , ôc après &:deuart la prière il îmployoit quelque temps à contempler lesœuures le Dieu jfe tenant quelquesfois deux ou trois heures :out leul a(îis a méditer de contempler , 6c cercher en on efprit, pour trouuer laquelle déroutes les reli- gions debatuës de tous coftez eftoit la vrayc, 6c difoit buuent * cesvers: fTfaim

En feigne mey comme il faut faire, ' "^"^ '

Four bien ta volonté parfaire.

Car tu es mon vray Dieu entier,

Tay aue ton ejprit débonnaire

Me guide, & meineau droi^ fentiet. Blafmant ceux-là , qui prient Dieu qu'il les entre- îenne en leur opinion , &c continuant cède prière & ifant les faindes efcripturesjl tiouua en Philon He- 5rieu au liure des facrifices, que le plus grand 6c plus igreable {àcrifice,que l'homme de biê, 6c entier peut ■kire adieu j c'ell: de {bymcfme, eftant purifie par luy. iruiuitceconfeiljOfFrantàDieufoname. Depuis il :ommença,comme il m'a did^d'auoirdes fonges, 6c rifions pleines d*inftru6tion:&: tantoft pour fe corri- ger vn vice , tantoft vn autre , tantofl: pour fe garder i'vndangerjtantoftpoureftrerefolu d'vne difficulté >uis d'vne autre , non feulement des chofes diuincs, lins encores des chofes humaines,& entre autres luy

fembla

4<ï DES SORCIERS

fcmblaaiioir oiiylt voix de Dieu en dormant^ quî liiy diftjc fauueray ton ame: cVft moy qui t ay appa- ru par cydeuanr. Depuis tous les matins fur les tiois ou quatre heures IVfprit frappoir à fa poitc,& Ce Icua quelqucsfois ouurant la porte, 5<: ne voyoit perfonne éc tous les matins rcfprit cotinuoic^ & s*il ne fe Icuoit il frappoit derechef^ &: le rcuclloit iurqucsàcequ'il fuft leué. Alors il commença d*auoir crainte , penfani que ce fuft quelque maling efpritj comme il difbit.\ pour ceftecaufe il continuoit de prier Dieu, fans fail- lir vn feuliour,queDieUluycnuoiaftfonbon Angc^^ &chantoitfouucntlesPralmeSj qu'il fçauoitquaft tous par cœur. Et lors rcfprit fe fciftcognoiftre eri veillant, frapant doucement, le premier iour, qu'il aperceu£fcn(îblementplu(îeurs coups fur vn bocal de verre qui Teftonnoit bien fort , & deux iours aprcs ayant vn îîcn amy Secrétaire du Roy , qui eft encores en vie,difnât auectuy^oyant que refpric frapoit ainfî fur vne efcabellc ioignant de luy , cômcnça à rougit & craindre, mais il luy dift, n*ayez point de crainte ce iveft rien: Ton tes foi s pour l'allèurer il kiy cota la vé- rité du faicfc.Or il m*aa(reuré,que depuis, roudoursit l*a accompagné, luy donnant vn Ggnç fcnfible, com- me le touchant tantoft à l'oreille dextrc» s*il fai(bit quelque chofe qui ne fuft bonne : ôc à loreille fene- ftre s'il faifoit bien: Se s'il venoit quelcun pour le tro- per,& furprendre, il fentoit (oudain le lignai à Torcil* Icdextre; (îc'eftoit quelque homme de bien ,&qui vint pour fbn bien, il fentoit auiïj le fîgnal à roreillc fcneftre, Étquand il vouloit boire ou manger cho- fêqaifntmauuai{è, il (èntoitlefignal : s'il doutoic auffi de faire ou entreprendre quelque chofe^ le mef- mcfigniillayaduenoit. S'il penfoit quelque chofe, maiîuaife .5c qu'il s'arrcftaft, il fentoit aufîitoft lefi- gnal pour s*çn deftoumert Et quelqucsfois quand il j

çommeii.

LIVRE P R E M 1 E r.. 4^

ommcnçoit MouciDicu de quelque PfaIme,ou par- rrde Ces merueillcs , il fe fcntoit failî de quelque for- c fpirituellcj qui luy donnoit courage. Et alBn qu'il ifccrnaft le fonge parinfpiration aaueclcsaucres îfucricSjqui aduienneiir,quàd on eft mal difpoféjOU u'oneft trouble d'cTprit 5 il eftoiteueillc de refpric Lir les deux ou ttois heures du matin, ëcwn peu aptes \ s'cndormoit : alots il auoit les (bnges véritables de c qu'il dcuoic faire, ou croire, des don btes qu'il a- loitoudecequiluydeuoit aduenir : En forte qu'il iébquedepuiscetempslailncluy eftaducnu qua(î hofe qu'il n'en ait eu aduertiHcment , ny doubre des hofcs qu'on doibt croire, dont il n'ait eu refolu- ion. Vray eft qu'il demandoii tous les iours a Dieu, [u'illuy enfcignaft favolonrc,raloy,fa veriic.Etem- ^loioitvniourdcla fepmaine, autre queleDiman- hc (pour les débauches qu'il difbit qu'on faifoit ce ourla) pour lire des bons liures, &puismeditoir5c ►cnfoit à ce qu'il auoit leu, puis après il prenoitplai- ir à loiier Dieu,d'vn Pfalme de louange: i^ ne fbrtoit ►ointdcfamaifon leiour qu'il Fefioi oit : & neant- noins au furplus de toutes Ces adions il eftoit aflez oycux,& d'vn efprir gay, alléguât à ce propos le pafTa- re de l'efcripture qui dit, Vidi faciès fanâerÛUtas: Mais lencopagnie il luy aduenoituedirequelquemau^ uifc parole, &delaillcr pour quelques iours à prier '

Dieu, il eftoit aufH toft aduerty en dormant.S'il lifoit m liure qui ne fut bôjl'c fprit frapoir fur le liure pour cluy faire laiflcr , & eftoit aufli roft détourne s'il fai- bit quelque cho(e contre fa faute, &en maladie ^ardé foigncu femct. Bricf,il m'en a tant cote, que ce croit chofe infinie de vouloir tout reciter. Mais fur ^ :outil eftoit aduerti de feleuermitin, &c ordinaire- nent dés quatre hcures,(îk: did qu'il ouy t vne voix en loiraanc qui difoit. Qui cftceluy qui leprcmier fe

leuera

DESSORCÎERS

leucra pour prier? Au(îidi6b il qu'il elloit (buucnt ad ucitY(ie donner raufmofnej & alors que plus il donoiwaumofnCjplusiirenroit que fcs affaires pro- rperoient:& comme fcs ennemis auoienr refolu de le tucr,ayant (çeu qu'il deuoit aller par eau, il euft viCion cnfonge, que Ton père luy amenoit deux chenaux, l'vn rouge & l'autre blanc,quifiucaufe qu'il cnuoya loiier deux chenaux ,& Ton homme luy amena deux chenaux, Tvn rouge & l'autre blanc, fans luy auoit di(5l de quel poil il les vouloir. le luy demanday pou quoy il ne parloitouuertement à lefpric, il me rift r fponfê5qMVne fois il le pria de parler à luy , mais qu audî toftl'cfprit frappa Dien fort côcrefa porte, com- me d'un marteau , luy fiifant entendre qu'il n'y pre- noit pas plaifif,& fouuent le deftournoit de s*arrefl:ei: àlireny à efcrire, pour repoferfon efprit & à me. ditcrtout feul oyant fouuent en veillant vne voiîÉ bien fort fubtile,& inarticulee.Ie luy demanday Ci ia hiais il auoit veu Tefprit en forme,il me did qu'il n'a uoit iamais rien veu en veillan% horfmis quelque lu- mière en forme d'vn rondeau bien fort claire : Mais vn ioureftantenextremedangerdefa vie, ayantprid Dieu de tout fbn cœur, qu'il luy pleuft le preferuer, furlepoindlduiourenfommeillantildit qu'il aper- cent fur le lid il eftoit couche' vnieune enfant ve-* ftu d'vne robe blanche changeât en couleur de poui- pre,dVn vifàge de beauté efmerueillable : ce qu'il af- feura bien fort. Vne autre fois eftanr au(îi en danger extrême, fe voulant coucher,refprir l'en empefcha & necefîà qu'il ne fufl: leué:& lors il pria Dieu route la imi<5l fans dormir , Le iour fuyuant Dieu le fauua de la main des meurtriers d'vne façon eftrange, & in. croyable. Et après auoire(chappcledanger,ildi6l qu'il ouyr en dormant vne voix qui di (bit : Il faut bic dire , Qui eii la garde du haut Dieu pour iamais fe re.

tiic

De s SO RCTiER s

Hrc. Et pour le faire court,en touics les difficultez, Voyages,cntreprifes qu'il auoit à faire , il demandoic conlcilàDieu.Et cômc il priaftDîeu qu'il luydônaft' fa bencdidion, vnenuidril eut vifion en dormant comme il di(5k,qu il voyoit Ton perc qui benidbit.ray bien voulu réciter ce que i*ay Tçeu d'vn tel perfoniia^ ge , pour faire entendre que railbciaiion desmilings cfpritsnedoitpas eftre trouueeeftrange,files Angt'S &bonsefqrits ont telle focietc^ C?f intelligence au ec<| les hommes. Mais quant k ce qu'il didt, que le bba Angeluy rouchoit roreille,cela eft bien noté au liure de lob chapitre XXXI 1 1. &enlefaye au chapitre cin^ qaanricfme.où il di6t.Domim« velhcamt mïhï aurem di" lucido. Ec lob le didt encores mieux , decouurant le (c^ cret aux hommes entcnduz , par lequel Dieu fe iASt peu à peu co^noiftre f^nfiblement. Et quant à ce qu il di6t,qu*il oyoit fraper comme dVn marteau , nous li- Çons que ceftoit la première marque des Propherest car au liure des luges il eft diâ: de Manoha,que L'An- ge de Dieu com mença k frapper dcuant luy , comme diâ: Rabbi Dauid , le mot Hebrieu Lepaghamo il-* gnifie frapper,& fonner,du mot P4^4»io»,qtirftçriifiè nntinabulum.ovi rabourin. Or de dire que chacun a fon bon Ange.cela eft fans difficulré,& cefte opinion cft fort ancienne côme ces vers Grecs le raonltieiiti

A* 'Tfocvrt dalfAUV K.wpt rS yivofx.h S. A* Trx9Toçiç}fAvçuyiJf^^rii0iit»

C*cft à dire, que chacun a vn efpric conduéîieurde (i vie : toutes fois il (emble du contraire, neantmoinjs ce bon Ange abandonne (buucnt la perfonne pour la malice & me fchanceté. Caronvoid euidemmenc que Saul après auoirefte beneic, & facre de Samuel, Ôc qu'il eut rencontre la bande des Prophètes au che- min, qui iouoyent des in^umens, l'efprit de Dieu l^ ùiCit^èc fe tcouua(di6k l'efcriptarejtout change.C'eft

D pourquoy

#• I,IVREPREMIER.

poufquoy Samuel luy dift , qu'il feift alors tout ce quiluy viendroitcn lapcnfèc: mais aiantpechc con- tre Dieu le bon cfprit le laiflfbit. Car l'cfprit de Dieu cft comme la lumière qui fc communique fans dimi-* nution,& qu'il n'eft qu'en peu de perfonnes^^ n'y eft pas toufiourSjCommc en cas pareil,il cft dià que l'c^' fprit de Dieu lailîa Saul , ôc quelqucsfois Icmaiing clprii le courmentoitiEt fi toft que Tes ambitfàdeurs^. qu'il enuoya par troisdiucrfes fois à Samuel & à Da- 1 uid,c^ autres Prophètes qui eftoicntaucc eux, approj" choientrauflî toft ils eftoienf faifis de l'efprit de Dicn^ ôc ptophctifoient.Et mefmesSaul y eftant venu pour les prendre , Se les faire mourir , futaudî toft faifidit •Sémàêiu S'E'fptitA commcnça*àlouerDicu,& prophetrfcri //. &apres qu'il eut laifle la troupe des Prophetes,refpric deDieulelaifla, &futquelque temps au parauanc fai(îdumalinefprit,&deuintfurieux,&prophetiroit: ys*muit. ainfî par Tcfcripture t^ accommodant fe mot de pro- * ' '* phctifer, en bonne & en mau uai fe part , corne le ma^ ling efprit veut contrefaire les merueillesdc Dieu, Se faire entcdre qu'il (çait les chofes futures. Toutes ^ois il (c peut faire,comme i'ay diâ: , que laperfonne foie conduite , & gardée par l'Ange de Dieu,fans l'apper- ceuoic^ny auoir cômunication auec celuy qui le gar- de intclligiblement.n'y fenfiblement,foitque l'excel- lence àç^ Anges eft b ien différente, comme i'ay dit de l'efprit de Moyfe^de Samuel & d*Helie,qui furpaftbi- cnt de beaucoup tous les autres Prophètes, foit que ta perfonnen'eft pa*; capable de l'intelligence fpirituel* le. Voy la quant à l'aftociation des bons efprit s auec les hommes. Quant à Taftociation àcs hommes auec les Diables,nous en parlerons en ce traidc.Mais prc- nn'ercment il faut fçauoir la différence des bons, Se des mauuais efprits.

LA

DESSORCIERS î^

t A DIFFERENCE QJ^' 1 1 \

j A mtre les bons , & malins E^tts.

C H A p. I lî.

NO V S atton$ dick que le Sorcier , eft ccluy qui s'efforce païuenir à quelque chofc par moy- ens Diaboliques, pais nous auons parlé de Taflb- ciation des efprits auec les hommes : il faurdonc fçduoit* la différence des vns&: des autres, pout co* gnoiftrelcsenfans de Dieu d*aucc les Sorciers. Ce qui eft bien necclîàire, pour leuer le voile de, pierc^ 8cdelareligion,& le mafque de lumière, quelcdiai. ble prend afièz (ouuenc, pour abuier Icshommcsi Les anciens Grecs ck Latins remarquent, qu'il y aj. tioit de bons Se de mauuais efprits, & appeîloienc Ie$ irns*"^*'i**<*''<*5, les autres '(9&««^«i(t*»)'«ç , ôc *iAfitV»ça6$> &»*<*• x<tt^yfl6<*uç,|es Latins,Le/w«rfj,ce que les hommes igno* ransncpeuuentj&lcs Atheiftes rie veulent croire, &

les SOrcicrs^qui font bonne mille pour leucr la fuô>i- :ion qu'on auroit d'eux , S*en niocquent eh apparen- :e , mais en effeét ils l'entendent trop bien. Nous a- Lions affez d'exemples que le Diable s*efforce de con* crefaifelesœuuresdeDieu , comrtîc nous liions de» Sorciers de Pharaon» Au(fi liforts nous que les malint sfprits anciennement trompoienr, comme ils font rncores à prcfcnti en deux fortes : rvncouucrtem^crj uiec parlions expreflcs, iln*yaUoirquafi quelet pi' Iourdaux,& les femmes qui y fuffent prifcs.L'au- rre forte cftoir pour abufer les hommes vertueux , ôc bien nais par idolâtrie , &C foubs voile de religion , en forte que Satan pour fe fiire adorer ik deftourner Ici^T»/,,^^^- lîo m mes de l'adoration d'vn vray Dieu, nevouloit^w'^M/n*. rendre fcs oracles, ôc refponfes que p-ir celles qui ^f^^^''JJ^" îlloicnt vierges*i(î^ «JUi ieufnoicnt en ptiQics^ôc orai- /«^it»

D 1 fonst

09 I-IVREPREMIER.

f{)n$jqu*ellcs fiifoyent à Apoll6,&: autres Dieux fem- fclabies: ce qufe le Diable a fçeu (i bien entrctenir.que aux Iflcs Ckcidefitales , il sMl rrouuc au pjrauâcque les Efpagnols en fijffcnt feigacurs , que les Prcftccs, qu'ils auoient fai (oient de grands ieulhcs , & prières^ j ^c chanroieiu à l'honneurde leurs idoles : puis après" ils eftoient faiûsdesefprits malings^6c difoicnc mer* uciUeSjComrrvç nous lifbns es hiftoires des Indes Oc- cidentales.: Et pou relire plus fon rauis ,ilsfermoicnt» les yeux , les autres S'aueugloient faciifians les hom* tncs, & toutes fortes d*animaux à leurs idoles , ^ y a- ! lioitplufîeurs 6Uesg irdees foignecifement par hom- jn^cs chaftrez, ayans le nez & les leures coupées, auec peine de mort à celle qui auroit fouille fon honneur comme il fe failbit en Rome aux Vcftalesj&: ceux qui vouloicnteftrepreftv^s, ferctiroientauec lespreftres veftus de blanc es forefts , ils palîoient quatre on cinq ans^^ puis ils en prenoient ade. Et le plus grad pieu qu'ils adoroient eftoit le Soleil, qu*ils appelloi- ÇBt<3Uâça,&;Paniciana fils du Soleil & de la Lune» Toute celle hi(lQire,ainfi qu'elle efl: icy cfcripte , fuft rccitet deuant le Roy d'Efpagne au confeil des Indes. Or il eft tout notoire que les Amorrheans , & autres peuples, que Dieu extermina, s'exerçoient en telles îbrtesdeSorceleries.iâcrifians aufliles hommes aux Diâbks,aufqucls ils parloient,& qu'ils adoroient, ÔC pcincipalement le Soleil, i'appellant par excellence Bâhal,c*e(l à dire en Hebrieu, Seigneur, d'où efl: venu Bahalzebuf, qui veut dire Maifi:re mouche, parce qu'il n'y auoit pas vnc mouche en fon temple «com- me on di<5l: qu'au Palais de Venifc il n'y a pas vne feu^ Je mouche, de au palais de Tolède qu'il n'y en a qu'v- ne,qui n'eft pas choie eftrange,ou nouuelle: car noui iifons que les Cyrenaiques après auoir lacrifié au Pieu Acawn, Dieu des mouches ,& les Grecs à lup^

piter

DES SORCIERS^ 5>

pîter lurnom m c My iodes c eft à dire Mouchard,tou» CCS les moiiclKS s'enuoloientenvnc iluee , commo nous lifons en Paufanias in ArcadicUy 8c en Pline au H* lire XXIX. chapir.vi. Audi void on les Sorciers aucc quelques p.uollcs chaffer tous les ferpens d'vn pays. Ce nVfl: donc pns merueille leur maiftre Sata chafle routes les mouches. Mais il faut iuger s'il eft ainS qu'on did de Tolède , 8c de Vcnife, qu'il y a quclquo idole enterrée (buz relfueil du Palais : comme il s*efl dcrcouuerr,depuis quelques années én?v*ne ville d'iE- gipte , ou il ne fe trou u oit point de Crocodiles com- me es autres villes au long du Nil, qu'ilyauoic vit Crocodile de plomb enterre fous leflucil du temple, que Mehemet Ben Thaulon fift bruflcr : dequoy lé» babirans fe font plaindts difans que depuis les Croco- diles les ont fort trauaillez. Ezechlel Roy de ludec pour mefme occalion fift brufler le Serpent decuiure à fin qu'on ne ra<iorafi: plus. On peut voir au troifîef^ mcliuredeRabiMofesMaymon les cérémonies Se facrificcs des Caldeans, qu'il a extrait du liure Zeu- ait, qui elèoit le liure des cérémonies de ces peuple» làjOÙ l'on trouue les facrificcs,prieres^ieu(hes,danfea procédions quafifemblables à celles^ qui (e faifoicnt es Ifles Occidentales : & mefmes les Prêtres de Bahal eftoient aufli Prophètes fe retirans du monde , habil- lez de drap enfumé,qui eft la plus hideufc coulcur,& pourcefte caufe fe appelloient Camarin; Et , qui çft chofepluseftrange, on void qne ceux des Indes Oc*» Cfidentalesauoient la mefme opinion que lesAmor- rheans, & les Grecs &" Latins du SoleiLoa Apollon, qui eftoic le Dieu des Prophéties. Qui monftre bieri^ que le Diable auoit enfeignc à tous ceux-là ceftc bel- le fcience. Et mefmes Ochozias Roy d'Ifracl IVn de« plus grands Sorciers qui fut de ce temps eftanc Eombéde fa fcneftcç enuop fes AmbaUadeurs ait

54 1 1 V R E P R 5 M I E !t

jrcmple de Bahal,pour fçauoir s'il en rechapr roit , 9i çomc Helie les eut rccontrcs ayant {çcu ils alloiérj, y ail point,dift'il,4c Dieu au ciel pourdcmâdcrcon-il feil^ Dites au Roy qu'il en mourra. Il ne faut donc ^ pas s'esbahir fi les peuples d'Occident eftoicnt enibr-J celez par Satan (bubs voile de prières, icuines^facnfi- ces,proce(îion$,&: propheriesrpuis que les peuples , PaleftinCjde Grèce iS^ d'Italie n'aiioient autre rcligio, ii*y rien de plus grand. EtU ondi^lquelesplusù- ges n'y croient rien : ic trouuç que les plus grandj Philofophcs cenoientcela pour choie duiine 6c trcl- ceirtainc.Et qui fut onc entre les Philofophes plus di-'l tiin que PlatonfNeanrmpuis Toracle d'Apollon ay^c refpôdu aqxAthîrniens,que la pelle ne ceilèroit poiiiC que {bnautel,quie|loit carre en tous fens ne fut dou- l)le,&PIai6 leplusgrandGcometrié qui fut alors^y- antirouuc le moyen de ledoubler phyficalcmcnt<Si groflîerementdit aux Athcniens.que Dieu leurauoiç demandé la plus difficile queftion qui foitcn toute U Çeomctric , & qui de faiéi n'a iamajs encore.* eftc de- jnôftré, pour les deflourner de l'auaricejde i'ambitio^ des volupté? deshonneftcs,pour les tirer à la contem- plation des chofes intellcduelles, & œuures admira- pies de Dieu. Le Diable voyant la pefte grande princ cefte ocçafion, & en fift fou proffit, ce qui açcreut de beaucoup l'opinion qu'on aupit de ladiuiniic de To- jracle.Apres Platon,Iambliquei£gyptien au temps dç, l'Empereur lulianl'Apoftat, fut efti me le plus grand' & le plus diiiin,& que Porphyre (qu'on appelloit le Philofbphe par excellence) recognoiflbit pour foi* \ maiftre, neanimoins on void en les liures des Myftc- J^'p' ;/* res,qui font entièrement traduits,& impri mes àRo-i & /^. ine^& non pas au fragment de Marfilc Ficin,qu'il re*i f.TJ'J-' P^^ouuc l'impietc 1^ de ceux qui faifbient d^ images, *7r ;^ char^cres pourprophetizer, & {X)nciud que * la

prophctiçji

V h:^ bU R.%J l hK^ ss

prophctîc n*cll point naturelle, ainsqucc'eftieplus grand don de Dieu * , &queteldonnevientquedei'rf«fM% Dieu,à celuy qui a lame purifiee,& qui plus eft,il re- ^^"'('i^^ prouue ceux qui penfent acquérir le don de prophe- ^J^, tic "'par le moyen des efprits que les anciens appclioi- ,tt«>T«<i ^iii\xîft*ia/i Tr»^î\cvq, qu'ils portoicnt dedans lesan-j<*v*'*' neauXjOU en fîolesiEt neantmoins 4 il dit que la pro- "^"^"^.J*^ phetie s'acquiert pir Hydromâtie,Lithomâtie, ÂÊfci-w/.^.^.^/. nomancic,Xilomantie,Rabdomantie,Orneomantie,4'*-' •'•£'* & Alphiromacie^s eitonnant corne les Dieuxs abau.r«</i«7».4« ioient iurques"* à la.de mettre leurdiuinitc en viades: »'''^P*^'» dequoy Porpnyrcdoutoitfort : ficcômande d adorer />4rfra«, ladiuinitédesDicux en toutes ces chofes. Or nous V*^**''* soyons combien Dieu a detefté toutes ces impietez.'J^ & fpecialement il a défendu ''adorer à la pierre à*\'Vocatut, ma^ination.-Wnterprete Caldean a tourne , la piètre l*** ^J '* d adoration, que plulieurs ont interprète vne ftatue*L#*»i.«^^ fans propos. Et lemefme lambliqueefcrit, que Ta- meparladiuiniteedquelquesfoisïibien rauie hors ierhôrae,que le corps demcure*in(ênrib]e,&: ne (ênttA/.f.*^ ny coups nypoin<5tu tes: & par fois quclecorps,&^^î^ rame fonttranfportéSjCequil appelle «xrawov, laquel- le ecftafeeft ordinaire aux Sorciers qui ont paâiôex- n'edèauec le Diable,qui fontquelqucsFois tranfpor- :cz en cfprit,demeurant le corps inicnfible , & qucU quesfoisencorps,&ename,quâd ils vont aux aflcm- blees la nuit,comme il a elle aueré par infinis proccr linfi qu'il (êra ditcy apreç.Et ncantmoins ïambliquc îyantaperceu que les malins efprits venoicntau heu les bons efprits, il di^ que la Thurgic , ou (àcrificcs aiéfcs indignement, deplaifbit aux Dieux, & qu alors es malins efprits au lieu des Dieux vcnoient aux hô-» nés. Ceft pourquoy Porphyre,quoy qu'il fuft enne- ny capital des Chrefticns, dit que tous les Dieux des Laciens eiloient ujalins efprits, qu'il appelle Caco<i

D 4 demon«4

dcmons. Orlambliquedilcouroit du plus (ain iuge- ment qu'il cuft,&qui eftoit en rc putatiô le plus faindt & le plus grand pçr(bnnage de Ion temps : En iortc. ^uelulianrApoftatluycIcnuantpluficursfoisenfcs cpiftrcs, metioit fur les Icçtres, Au grand lamblique lequel neantmoins ayant aucc (es compagnons vou- lu defcquuiir, qui (c roit Empereur après Valens , pat i^leâiiiomantie, après que le coq eut decouuert les quatre premiers lettres, ^"^> Valens eftant aduerty, fift mourir vne infinité de Sorciers : & lambliquc pour efchapper le rupplice^s'empoifonna. Mais pour ïKonllrer que les plus gràds cerucaux,&:les plus (aini$ perfonnages font abufez bien fouuent,& que la plu$ forte forcelcric prend vn beau voile de pieté : il fçrii monftré par cy après que l'inuocation des diables ( de laquelle les plus dcteftables Sorciers vfent ï prefent) <ft pleine d'oraifons, de ieufnes, de croix & d'hoftieSg que les Sorciers y employent.Et ny a pas long temps qu'il y eut vnc Sorcière à Blois , laquelle pour guarir vne Femmequi eftoit enforcelec jlanguilfànte au lia; fiftdirevneMefTeduS. Efpiit à minuid cnTEglife noftrcDamedes Aydes,& puis fe couchade fon long furla femme malade, en marmottant quelques mots puis elle fut guarie. En quoy il appert que Satan luy auoit apris cçfte cérémonie, comme fift Helie le Pro- phète y quandilrefTufcitalefilsdekvefueSunamito par la puilîàncc de Dieu : mais deux mois aptes celle ! quela;Sorciereiuoitguarie retomba malade, donc ; cllc;mourut,& la Sorcière enquife diét quelleauoit * trop parlé, comme i*ay fçeu de Hardouyn hofte du Lyon de Blois: Car elle auoit dict que la Sorcière qu£ rauoiténforceleeauoit donné lefbrtàvnautre, qui < çft chofe ordinaire à tous Sorcicrs,qui contrefont les tnedeçins,comme il fera dit cy après. Et le proiedleur dejkjSpiciçts , après auoir mis les cercles ^caraderes

detcfta-»

r)ESSX)RClERS 51»

etefl:ables(quc ic ne mettray point)pour rrouucrlet refors.ilefcriptqu*!! faut en folloiancdiie IcsPfal- leSyDeprofundif. Dem mtfereatur nojtri &€. Vater nojler, ue Maria &c.à porta mferuCredo videre hona Domim &c. equtein dternam &c.$i liie laMellè. Et pour paruenir quelque autre chofe que ie ne mettray point , ils cC* iiucnt en quatre tableaux de parchemin vierge. 0»i- isjpmtus laudat DominurHy Ôc les pendent aux quatre iiurailles de la mailbn.-Et pour faire autres mefchan- etez,que ie nVfcriray point, ils difent le Pfalmecent c huiâ^iermc. Et qui plus eftlan 1568. les Iraliens,dfc Ifpagnols allant au pays bas, portoient des billets leins de fortileges, qu on leur auoii baillé pour cftro arentis de tous maux : comme quelques Aleman» ortent la chemife de Neccflj te faided'vne facjon de- eftablc,qn il n tft befoing d'efcrire,& forcecroix par Dut:Et en cas pareil le maiftre Sorcier(qui ne mérite *c(lrenommé)pourrinuocationdcsmalingsefprits eut qu'on ieufne premièrement 5 & qu'on face dire neMelîedu S.Efprit. Ce n'eftdonc pas chofe aifee le defcouurir les Sorcicrs,ny de les cognoiftre d'aucc es gens de bien^ beau coup moins ancicnneract, qu*a >rcfent : combien que tous les peuples, & toutes les edcs des Philofophes ont condamné les Sorciers, omme àiù Samâ- Auguftin , ^ Sedoi omms Uagm%' c.llf^f^ *œnM decreutffe : & Seruius parlant des Romains diéb Dei, Luffi qu'ils ont eu touHours en horreur les Sorciers & rnchanteurs , comme il aptrt par les loix des x i i.ta- >Jes,& en leurs Pandedes * : &c neantmoins tous les ^'•^''''J' oracles qu'ils auoient pour les plus facrez n'eftoieni ^"««!^/rol peSorceleries , comme nous auons di<5l, & fera cy ^^g"^-"^' ipres déclare plus fpecialemcnt. Et par ainfî de dire ',.^«/J de que la marque des bons ik mauuaisefprits fe doibt '^"''^'f

Il r 1 n 1 <^ rnathe^

lugerpar les bonnes OU mauuailesœuures, lUltbîen matici^.i. rraj:maisiadi|Eculc<f cftiqn'ellesfom bonesœuures ^|' ^^^f^^'

D j car corn- /Jfcii,'

5l LIVR E PR EMIEIt ^

car combien que les ieii fnes , prières » 6c oraifons , fi chaftetc & pudicitc,rollitiidCjCOntemplation,guaup les malades foienrde bonnes œiiures en foy : (i eft-cc que Cl elles Ce font pour Thonneur qu'on face à Satan, à vne idole, &: pour fçauoir des oracles des choies paC {ces ou à venir,tant s'en faut que ces œuures foicnt bonnes^qu elles font deteftables,diaboliques,& dam- nablcs. Or il aperr par les anciennes hiftoires que leg Paycns, qui condamncoent les Enchanteurs , ôc ceux l[iih.4.de qui faifoient les tempeltes,comme di6t la loytjfaifoi- maiefitit. ^j^ç ^^^j ^^Y^ ^ ^ mefmcs les Amorrheans, & Indois.

Vray cft que les vus eftoiét Sorciers volontaires. Mais Javraye marque & la pierre de touche eft la loy dr Dieu,qui faitcognoiftre au doigt & à l œil le forcier^i & la différence des bons & maauais efprits. Car en U fD*«i.// loy Je Dieu f JQQ5 fortileges font eftioidteméc defen- dus,& fpccificz en plufieurs fortes qui font cognoiftre que les autres fcmblables font aufli défendus. Et nd fefaurpasarrefteràccquedidtlofephc au liure hui-?^ Aiefmc àts AnriquiteZjque Salomo rrouua la fcicn-? ce de coniurer les malins efprits , cai il n'eft pas à pré- sumer qu'on eut oublié cela,veu les moindres chofê^j qu'on a efcriptesde luy,& qu'il ne s en trouue pas va j feul Xïàxù, en tous Ces e(cripts: C\ ce n'cft qu'on vouluft faire Salomon autheur des liures deteftables , que les fbrciersontfoubsletitredeSalomon : &peuceftrc que lofephe a eftc auffi bic abu fc comme lamblique. Car il efciit qu'en la prefencede l'Empereur Vefpa (îan,vn luif nome Eleazar,ayant touché d'vn anneau les narines dVn homme podèdc du Diable , fift (brric le malin efprit par la vertu d'vne racine qui eftoit de-i dans fon anneau , que Salomon a monftré comme il | dir.-qui eft vn erreur pcrnicieuy,& mefchant (côbien ' qu'il y en a plusieurs en ccfte opinion , que c'cft lai Squille , & la pendent aux entiecs des logis , pour

chalTcr

BES 8 ORCIEKS 5f

chadèr les malins efprits) car ilcA tout notoire que ii\ y a forcicr qui ait mis fa poudre en vne bergerie, le beftial y mourra , f\ Dieu ne le garde. Ec tout ainfi queS.nanguariftquelqiiesfois Icbeftial&les hom- mes enfprceiez , par le moyen des Sorciers fês mini- ères (baillant touiiours neantmoins le fort à vnaucre, i fin de ne rien perdre,comme il fera dit cy apresjaulfi Fair-il bien fouuent fortir les malins clprits dçs hom- mes demoniaques,fcignât ce faire par moyensdiabc iques,comme faifpit ccluy quedià lofephe, par fon mneaujou il n'y auoir point de racine , mais pluftoft Mimalinefprit,parlapuillanceouintclligcçeduquel autre efprit fort,^'fin que l*on adioufte foy aux for- :eleries& idolâtries ^defquelles'Satan entretient ieg Jauuresignorans. Et fi on dit que les loups ne s'entre- ïiangci pas volontiers,n y les malins efprits ne chaf» cnt pas les malins efprits.il y a refpôfc, que le royau- ne de Satan en ce cas n'eft pas tant diuilé, qu'il eft îftably &r alîèurc , Se Tldolatrie appuyée de tels mira* :les^&: entretenue parce moyen : combien qu'il h'efl: )as inconuenient,c6medi€l: S. Auguftin,queles Dia^^ >les ne chaiîent les Diables, Se que les vns ne foyenc uy nez par les autres,comme les mefchâs ne font nu nés ordin^iremet que par les mcfchans,par la voloni éde Dieu,ainfi qu'il did en Hieremie, Vlcifcar inmu 'OS measper inimicos meos.lt vengeray mes ennemis par îîcs ennemis. Et Ci les bons fouuct font la guerre aux )ons,à plus forte raifon les mefchans aux mefchans, k les Diables aux Diables. Or nous lifons en Daniel ^ que les Anges font gouuerneurs des Empires, ^j^t), Royaumes, &: font guerre aux Anges: car l'Ange de '#• & Dieu dift à Daniel, que Michiel l'Ange Prince des ^'•'•* Hlebrieux eftoir venu à fon fecours , contre l'Ange de ^crfc: Tputesfois ie rapporteray toafiours Tinterprc- ation de ce lieu au Sages. Aiafi Dieu « pofc au ciel

'jin.K

«« LPVRE PREMIER.

les mouuemens contraires, (5c les ctfcds des cftoilleyj & planertes, & les clemens contraires , & en toute la nature vue antipathie dVne part,& (imiathie d'autre & en ceftc contrariété (S«rpIaifantconibar , l'harmoi nie du monde s'entretient. Mais la confufîon des boi &malingserpritse(l venue de ce que les nouueaux Académiques ont pofé cefte maxime, qu'il faut cou- plera lier le ciel & la terre, les puilïàncescelcftes ÔC terreftres,& conioindre lesyns auec les autres , pour attirer la puilîànce ditune,par les moyens elementai* res, & celeftes. Voila l'hypothefe de Procle, lambli- t/4wW/f»«qwe,Porphyre,& autres Académiques, t Sur laquelle inhb.de hypothefe on peut dire que le maiOreen Tart Diabo- f»lUtei>js. liqyç (jyqyel qj^ imprime les œuurcs auec beaux pri-. uilegcs , a fondé toutes les forcelerics & inuocations éts Diables,qu*on imprime par tout âuec priuileges «les Princes, qui cftlVue des pliisdangereufes pelles des Republiques.Car il compofe des caraderes,qu*il did propres aux Démons de chacune planettc, let quels charaéieres il veut eftre gtauez au métal propre à chacune planette, à l'heure qu'elles (ont en leur ex* citation ou mailbn auec vne conioin<5fcion amiable, & veut alors qu'on ayc auiîi la plante, la pierre, & l'a- nimal propre à chacune planette, &:de tout celaqu'6 face vn facrifîce à la Planette,^: quelquesfois l'image delaPlanette,& les hymnes d'Orhee le Sorcier ,aull queles le Prince de la Mirande s'eft trop arrefté foubz ombre de Philolbphie, quand il ditrles hymnes d'Or- phée n'auoirpasmoinsde puilîànce en la Magie, que les hymnes de Dauid en la Cabale^ de laquelle nous parlerons en (on lieu : & fe vante d'auoir le premier decouuert le fecret des hymnes d'Orphée, lequel e- ftoit le mairtre de la forciereMedee.Maison void que ces hymnes (ont faids à l'honneur de Safan,àqaoy (e ataportece quedit^ Picos^Fr/zj^r^ uaîuunt Aàtqui Pana

non M-

D E s s O R C I E R s «i

m attYAxerit.Oï paf mefrae moyen le maiftre Sér- ier inftruii^l fcsdilciples en toute idolâtrie, impiete'i k foicf leiie.Iaçoit qu'il fcmble que lesAcadcmiques juc Tay did, en vloicnt par ignorance, & parerreur^ k y alioient a la bonne foy penfant bien faire ; mais fVgrippa en a vfc par impiecc deteftabie : car il a efté oute fa vie le plus grâd Sorcier qui fut de (on temps: k (budain après (ii mort Paul * loue efcript, & pluf- h^lmm", ' curs autres, qu'on apperceut vn chien noirqu*ilap^ )elloit mon (leur, forrant de fa chambre^ qui s'en alla )longer au Rof«c,qui depuis nefut.ycu. Or la loy de 3i?u ayant fagement pourucu à telles impietez de :euxqui veulent lier la partie du monde inférieur à a partie fupcrieure, pour marier le monde (comrnc ^ hék PicusMirandula^ couprant loubs vn beau voile /ne extrême impiété, & par le moyen des hei bes, des inimaux,des mctaux,des hymnes,descharci6leres,& facrifices, attireclés Anges ,& petits Dieux, & par ^eux-cy le grand Dieu Créateur de toutes chofes: pour obuier,dy-ie,àce(le impieté, Dieu fembleauok iefendu bien exprerfèmentjqu'on ne feifl: point de de- vrez pour môter '' à fon autehce que les Platoniques ^,^ . n'ayant pas bien cntcdu, ont voulu par le moye n des Démons infcrieurs,(Sc dcmy- Dieux attirer les Dieux [uperieurSjpour attirer en fin le Dieu fouuerain.No'* dirons donc que les Platoniqucs,&3utresPayens qui par vue (implicite de confcience , & par ignorance a. :loioienr,& piioicnt Iupiter,Saturnus,Mars, Apollo, Qiane, Venus, Mercure, &r autres demy-dieux, viuâs famdement, prians,iî?v: ieufnans, & faifans tous ades de iufticCjde charité, & de pieté, ont bien efté idolâ- tres,mais non pas Sorciers, ny ceux qui (ont en pareil trrcur,encores qu'ils cfForçalîèntde fçn uoir les chofes Futures par moyens DiaboliqueSjattendu qu'ils pen- foient faite chofe agréable à Dieu. Ceft pourquoy

nous

41 L I V R E f R E M I E !t.

ïiousauons mis le moc fciemment,en la defifiicîôn dd /orcici*. Mais ccluyqui aco(;noi(îànccdclaIoydd Dlcu&qui(çiu , que routes (csd:uifiationsdiaboli- qucs font défendues, & qui en vfepouf pariieniri quelque chbic,ccliuy la c(l Sorcier. On void donc que la plus certaine marque pour iuget ladifccnce des bons & maliiiS efpritSjdc pièce 6c impierc , eft voir fi on s'adrciTe aux Créatures au lieu du Créateur pourparueniràfesdedcings. Erd'autantquily enâ plufiicursquis^âbufeni aux prédirions, éprennent Je bien pour le mil,ileft befdingde declaterlespredi-

dèions & prefàges;

■■ - "'" "• " ■». " '^

DE LA PROPHETIE ET AV-

très moyens dium pour fçauoir Us chofes occultes.

C H A p. IIIL

LE s Grecs appellent le Diuin fMfrn, 6c fidtnif va^k TOfMyréviSif dc d'autant que relies gens (ont remi plis d'impoftures Ôc menreries, le François appelle vu nomme menrc)nger,Menteur,quilemblceftrecircdii t^;w»i» Grec. Les Latins t l'appellent D/«i»«wi,mil à propos, dwftat, donnant vn tresbeau no aux lorciers,aulli bie qu aut Prophètes. Le mot eft venu de f^^rH* quafi f*»^^»t d'autatquelesDeuinsenforcelez.&rpoflfedezddma^ ling efprit eftoient la plufpart furieux , Se la Prcftrellâ Pythias ne deuinôic point, elle n eftoic en fureur." CVftpourquoy le mal caduc eft appelle morbus fa^ eery par ce que les forcicrs rauis font comme ceux qui ont le mal caduc, hts Hchn'cux appelloieut au com- mencemét les Deuins, Videntef,côm<: Saul ayant per-' tah^vUtt ^^^ ^*^ Afncs,allacerchervn Deuin pour en fçauoir sudiji^m- des aouuelleSjOn luy dift que Samuel eftoit voyant , 1^ tttiexiu ^dsinaadâ àfoa compagaon vnc dragme d'argent "^^ ' "^ ~ "~ "" ' ' " ' pour

DESSORCIE115 «1

50nr bailler au Deuin , & demandant à Samuel s'il rftoit voyanf.il luy dill qa*il cftoit voy ant;car (dit le + +5*/««f exic)lcsvoyansnes'appclloienipas cncorcs ftabiim, ''*^''* :*cft à dire,Prophcrcs;lcqucl mot vict de NaLa, qui e(l #^^^;„^ juafi couùours en laconiugationpaflîuc * , pour J««»«*/ nonfticrqacla vrayc diuination eft reccucde Dieu, '^"j/^^ Il quant au mot de prophetie,qui cft Grec, il fignific 2 6. vcrj.f )iedid:ion,roit en bien, ou en mal. Et quant à ce ^*f^"* ]ue nous appelions Sorciers vfans de poudres , & ^relTeSa les anciens , ik mcfmes Ariftote les appcUoit :n Ton vulgaire «< îs^^ç^ t«j ?!»ç(itfi6jc««f , & les Sorciers pct^uuKikçy comme on peut voir au liure 6. chapitre i8.&au liure 9. chapitre 17.de Thiftoire àQS Ani- ifiaux , ou il àiù. que les Sorciers fc fcruent de THip- ximanes. Et pour entendie qu'elle diuination eft li- :iie ou illicitejnous dirons , que toute diuination eft Jiuine,natureilej humaine,ou diabolique. Et de ces quatre^nous dirons par ordre. La diuinati6 première ^^m^, l'appelle diuine,côme venant dcDieu extraordinaire- ^'''j^^^^ T>ctj& outreles caufc? naturelles. Et quant à celles cy nous en auons le tefmoignage de Dieu^ quand ildid: ainfijS'il y a quelque * Prophète entre vous ie luy ap- ^^^^ paroiftiay parvilion^Sc parleray à luy par foge : mais quanta Moyfe mon efclauc tresfidclle, & loyal entre :ous , il n'en fera pas ainfi , car ie jiarleray à luy face à ^ j)<.r„^4 Face»AuquelpalTagclesHcbtieux t ont note que Mde^it. Prophétie eft vne largeiîe enuoyec de Dieu , par le ^^'^''^y. nioyc& miniftcre de l'Ange ou intclligcce ad-iue fur rnonu, Ijime railbnnable premicrement , &: puis fur l'imagi-'*''' ^*^** nation:& n*exccptétquela Prophétie dcMoyfcjqu'iis ticnnét auoir clic faide à Moyfe immediatcmét par- iant ^ Dieu fans moyen & en veillant, ce qui efliauflî fignific,quand Dieudift 2iMoy(c=f,ray apparu àAbra-"^^*^*^*'** hi,l(âac,& lacob en mon nom Schadai,mais ic le ne leur ay pas monftré mon grand nom l£iiovAH,ôc

au dcr-

#4 LI VRE PR tMIER.

au dcrnicrchapitrc du Deutcronome,il efl: did, qu'i n'yeutiamaisProphcceremblableàMoyfe, qui co gnut Dieu face à face. Ecparaiiilî tous les propos d<. Dieu en tourc la fainétc clcripturc aux Prophètes , (c, fontparle moyen des Anges ou intelligences ,oueii fonges,& vi(îons:c*eftpourquoy lesTheologicnsHe< •fRafAMt-^ brieux^, qr.iohtentendu la doétiinedesProphcte! àLj/""" ^^ bouche en bouche, ont bien diligemment exami- ne toutes les fortes de fonges&vilions diuines, que S. Auguftin a comptis briefuement en cinq efpeccs,^ compris les fonges humains, defqiiels nous ne paiioj pas icy,& aurqnels il nefliutauoir luciî elgArdjCom-i ine il eft diét en TEcclefiaftique, ains feulemét a ccuy qui font ennoyezde Dieu:comhien que les vns Ôc les antres font compris foubs le mot chMch qui fignifi^ amant, que Grec hv-Tcnov, ou fofnnium, &r les viiion fSyncjTtu CheTGOth, que Syne^us + appf^Ile '**'» ovx^JiufMretque lei ^'•','% Latins ont appelle vij'î0««. Et la différence entre Icdl r»fwy '"' ^^^^^ ^^ ^'^" notable: ôc premitremeni pour la rece^^ ption de T/ne &c de lautrcrcar le viray fonge diuin fi reçoit en dormant. Mais la vifion fe fai(ft en fommeil . ..:, lâtitaaecvncviueimpreflîon en Tameimaginatinc.^ qui reprercnte les chofes , comme fi on les voyoir de| yenxrpour inftruire les hommes qui font de tout dif^ fcrents aux fonges humains & desbeftes brutes-, qui n'ont rien que Timpreflion naturelle en rimaginatiii ainfi qu'elles ont eftéveuës en veillant. Or les moyé

d'auoir les fonges diuins, Se d'approcher au dcgrc ai prophétie , efl defpouiller premièrement toute arro- gance & vaine gloire, s*ab(îenir des voluptés deshoiî-' neftcsôcd*auaricc, puis aptes s*adonneràviu rêver.* taetffèment & fur tout à sVmployer à contempler, (^ cognoiftrelesœuuresdeDieUj&faloy. D'auântagc . ^t^t^T l<^s anciens Théologiens * Hebrieux tiennent queUjfi ^.//»- irifteiTcj ÔC vicilleUè grande ^ cmpefche beaucoup i

l'efFeâ

DES SORCIERS. es

*iéffe<5b de Piophetie,&difentqueIa pliïfpaert des ^ropheies eftoyct ieunes.Et le plus haut poindè pour r ittaindrc eft de louer Dieu d'vne certaine ioye Ôc aL cgrefre,& d\n cœur entier/ouuct luy chanter PfaU lies, &mcrme ment furies inftrumens de Mufique: :*cft pourqlioy le mot de prophetizer (îgnifie aufli lo^ icrDieu,comme en Samuel chap.io .&:. 1 5 . behinabo" o^cîim Prùphetiz.areîM eftjaudaret. Et ne faut pas ar- efter,pour entendre la force des vifions,& Prophctir s diurnes, auxdifcours des Philofophes cjui en ont larlc ï veuë de paySj^" tiennent que celuy quia le na- urel mieux tempéré void les fonges plusveritablesi ai fouuent l'homme ertant au poin(ftde la mort, naïade à rextremifc, prophctize n'ayant iamais Pro-- •heti^c en la fleur de fa force . Aufli Ariftôte ne (ça- hantcn quoy fe refoudre au hure des (bnges, di(5è, inln*y acaufevray {êmblabledediuincr, (îcen'eft necaufediuirte & occulte, ôc qui pafle fdidfc-il^ loftrc entendement . Or il faift bien à noter ce qui fl efcript au X I I . chapitre des Nombres ^ que Dieti le fe communique aux hommes , finon en dormant horfmisàMoyfc)par{bnge& vifion, & feulement ux Prophètes : pour monftrer la différence de la vir on au fonge, & du (bngc diuin aux fonges bu« lains, ou qui aduienhent par maladies : ôc entre les 3nges Ôc vifions diuines y a plufieurs degrez. Le pre* lier degré de Prophétie eft la reuelation en fongc de adôner a bié,& fuir le mal, ou pour euiter les mains ".s mcfchans,& alors ceftuy-là fenrif a en fon amevii ccccpteur,qui le rendra fa^e,& aduifé ( comme di- fnr les Hebrieuxj &.deceftuy-cy l'cfcripruredidè» uel*efprirdeDieus*elèrepofé furluy, ou bien que )ieu a eftc auec luy. Le fécond degré de Prophétie, (l quand quelcun apperçoit en veillant quelque hofe^qui entre en (on ame^ qui le pouffe à parler à la

£ louange

LIVREPKEMTER

louage dcDieu,&dc fcsœuureSjCÔme ondîtqucDa* tiid alors côpofoit les Pfalmes, Salomon les liurcsdes Paraboles,qui contiennent les grâds & beaux fecrets couuerts d'aHcgories. Mais Danid Ô^ SaIomon,n'ont ' pas efté au degré de Ifiye , Hieremic, Nathan^ & au* très temblableSjainfi que les Hebiieux ont noté. Et toutes les fûis,(]uon lit en l'elcriprurc, que Dieu dift à Dauid,ou à Salonr»on,le6 Hcbncux incerpretcnt pac « le moyen des Pipohetes,comme GaJ,& Nathan, qui auoient les vifionsde Dieu pour les faire entendre à' Daiiid: comme Salomon auquel futenuoycHaiah Sillonite. Et mefmcs ils tiennent que ce qui fut dict à Salomon qu*il feroit lepins fagc & entendu qui fut oncques , ne fut pas vne vidon , mais bien vn (ongc diuin. Au(Iirercripturedi6t,que Salomon s'efueillâc aperçeutquec'elloitvn fongc, EtauGl quand il e(b diâ;,que Dieu apparut à Salomon la féconde fois , il*^ difent^quc ceii'eftoit pas vifion. Le tïoi(icfmcdegrr cft quand Tefprit purifie voit en fonge quelque figu-' re^foit hommc/ju beftejou autre chofe, & au meiine inftant > qu'on entend ce que veut dire la figure de ce qu'on voidjComme en Zacharie fort fouuét. Le qua* triefme degré e{l quand on entend des paroles fans voir aucune figure de chofe quelconque.Le cinquic* fme degré' eft quand on void en dormant vn hom me qui parle , & reuele les chofes diuines. Le fixiefme quand il(èmble qu'on void l'Ange qui parle en dor- mant. Le feptiefme, quand il fembleen dormant que tiefa^cs. I^Jc" parle,commc lefayequi di<5i,ray vcu ^ Dieu,(5c a dit,&c &en Ezechiel, Michee, & autres fembla* blés. L'huiâriefme eft qiiaçd lavifiondeProphe* tievientauecIapaioledeDieu , & en ce degré les anciens Hebdeux mettoient lesvifions d'Abraham, horfmis celle qui fut en la vallée de Mambrc qu'ils cneuenc au iieufiefme degré, La dixierme eft quand

onvoid

'DESSORCIERS. 67

on void l'Ange face à face pailaiu comme au fa- crifice d'Abraham. Le dernici-,& le plus haut, eft de voir , àc parler à Dieu face à face en veilknt (ans au- tre moyen,qui fuc propre à Moy(c , comme il efl: diét en l'elcripturc + :,-? Et par ainfi quand lefayc didl qu'il X vcQ Dieu au chap.6. cela s*entend en vifion, & non ?as en veillant; & quand on lie enEzechiel, qu'il leftc tranfporté en vn champ , encre le ciel & la ter- re, tout cela fe fai(5b en dormant:car mefmcs il en didt ju'Ezechiel perçoit la muraille du temple de Hieru- àlemj&neantmoinsileftoit cnBabylone , comme m cas pareil quand il fut dit à Hicremie, qu'il cachait rnbrayerenEiiphrate, rinieredeBibylone,&quel* jues iours après qu'il cftoit pourry : lequel Hieremie le fuft oncques en Baby lonc. Ainfi eft il de la toifon le Gedeon,3c fouuent les lieux^les temps, les perfon- îcs & auties paiciciilaritcz font fpecifieespar les pro- >hetes & neantmoinsc'eft: vifion. A quoy plufieurs ^ayens & infidèles n'ayantpris garde ont eftimé que outes les Prophéties & paroles deDieuont efté rc- lelee*; en veillant, ^ cerchent occafion de bUfraer la âin(3:eefcripture: carilydeschofesenvifion , qui bncimpoffibles en veillant. AuIÎj void on en l'eGrii- ►turc , que les Prophètes interrogez, ne refpondenc jue le iour fuyuant , s'ils n'ont eu la vifion preceden- è,commc eut Aias le Prophète, qui refpôdit foudaia ilaRoynedeSamariefemmedeleroboam. Mais la ^rophetefiè Holda dift aux AmbafTadeurs du Roy ofiasqi'ilsattendifïènt la nui<5l, ^ Baleham dift aux Vmbairadeursde Balac,qa*ilsdemeara{Tent la nui(5t, >u il y eut vifion qui liiy {embloit qae fon afne parla: [Lii n'eftpas en veillant comme pluficurs penfcnt. Ec nefme le Diable qui veut contrefairelesœuuresdc )ieu , faifoit anciennement dormir les PreftreflTes l'Apollon en la cauerne , ceux qui vouloient fçauoic

Ë X (ju^el^ue

«s LIVRE PREMIER

quelque chofe de l'oraclc dcMopfuss'endofmoIcnt fT>e»rM. autfmplc, comme didlPlutarque *, qu'il yeutvn *w#m* 20iiucrncurd*Afîe,aucc quelques autres Epicuriens moqueurs de toutes religions, qui enuoyercnt va fèruitcui au temple de Mopfus auec vnc lertrc bien cachctee,oij il y auoit ceflc qucftion, A fçauoir fi Mo* pfus vouloir que legouucrneur luy facrifiaft vn veau blanc ou noir.Lc garçon eftant de retour après auoir dormy vne nuicl au temple, dift qu'il luy ièmbloit a- uoir veu en dormanr vn homme , qui ne kiy dift que ce mot,Noir:<5«: depuis le gouuerueur creut àMopfbs & luy fàcrifia louuent.Mais il y a deux cho(es bien re*'^ marquabks , pour la différence de la Prophétie de * Dieu,&:desenchantemensdeSaran. La première eft que ceux, qui fout infpirez des Démons, font alors- les plusfuricux&infenfez, & ceux qui fontinfpirez de DieUjfont alors plus fages que iamais. C*eft pour- quoyrefcripturediddeSaul , quand refpritde Dieu Teuft faifi^il eftoit vertueux,entier,&: rage,& fut deur- ans,en ceft eftattmais quand refprit malin le faififlbit fiémnei il deucnoit furieux , & prophetizoir : Ainfi parle Te- L^'motdf f<^"pfurct. Et quand il fut en l'allèmblec des Pro* fr»phete, phctcs, Tcfprit de Dieu le faifit , & commença ï pro- Jjç^f^^^'^pheti2er,& louer Dieu : Ceft pourquoy les anciens^ ^Enchan'. Hebrieuxdifoient qu'il ny a que les Sages qui Coicnt ^vJùtn f. Pfophetes.Et tout le contraire ie void des Sybilles &c' //. ' Prophcteftes d'Apollon , qui ne difoient rien qu'en fureur & en rage efcumantc. Et void aufîi le fem- blablc des Prophètes démoniaques , qui dcuiennent en furie extrême au parauant qucdeuiner. L'autre différence de la Prophétie diuinc d'auec les enchan- temcns eft,que la prophétie diuine eft toufiours veri* table,6c celledu malin efprit toufîours faufTe^ou bien elle tire pour vne vérité cent menfonges. Ceft pour- ^uoy Dieu dîa en loy, A cela vous cognoiftrez les _^ _ Prophètes,

DE:s SORCIERS. «9

Prophètes, quand ils diront quelque chofc, &n*ad- uicndra ''poinr,ie n*ay pas parlé à eux. Et tou tes fois v»i>f«f,^ il ne faut pas iugcr pour cela IcProphete faux^ou me- '' ^• fchantjlequel aura eu don de prophétie, qui vient par fois,&nonpas toufiours, &puis après qu*ilayt vh fonge humain, qui ne (èra point enuoyé de Dieu , s'il di6t qu'il aduiendra quelque chofe & n'aduienne point, il y a bien erreur , mais il nelaidera pas d'eftrc hommede bien & craignant Dieu : Mais Dieu veut Faire entendre, qu'il ne faut pas s*appuyer fur les fon- yçs humains.Et en l'Ecclefiaftique il eft didè qu'on (c îoibt garder de croire aux (bngcs, s'il ne font enuoy- ?z de Dieu.C'eft pourquoy de tous les Prophètes qut îftoient au temps du Samuel, il n'y eut que Samuel jui fut appelle 1" fidèle & loyal, &quiiamaisn'adi(3:|^^^Y; :hofequi nefoitaduenue. Et de faiétrous les Théo- /.£*«/<•/:' ogiens font d'accord , que les fain<5is prophètes n*Ôt ^^P-f""*^- )astoufiours eu le don de prophétie: Et tel n'a ia- nais eu qu'vnc vifion de Dieu,ou deux, ou trois fon- des diuins. Et quelquesfois Dieu continue cefte fà- leur toute la vie du prophète, comme à Samuel; He^ ie,Helifee,Hiah Silonirc.Et quelquesfois la prophe- ieeft donnée aux prophètes qui n'aduientpas, coin- nconlitde Vlichee qui auoic menace Hicrufâlem, k lonas auoit menace & prophetizc que Baby Ion fç-. oitrafee bien toftapres,& celle-cy dedans quarante ours , ce quin'auint point : car Dieu futappaifcpai: )cnitence. Cela eft remarque non feulement en Hiç- emie2(> & lonas $. ainsauflS en Ezechiel 17. Mais )rdinairement la prophétie a cefïc en la vieillefferco- ne on void de Hieremie au chap. j i .il eft did que les jarolesde Hieremie ont cefTé, & neantmoins il cori- lue l'hiftoire.Les Hebrieux fur cela ont note , que la ' >rophetie alors cefla en luy. Et du vieillard Heli il eft lid , qu'il ne voioit plus goûte , ce que les Hebrieux

^ 3 entendent

70 LIVRE PHEMIÏR

entendent de la vifion Prophétique : Etdcfaié^ Sa- muel fort ieunc en la vifion, pour déclarer a Hcli le iugemcnt de Dieu donné contre famaifon. Et c cft pourquoyon lit en loel le Prophète, qn'aux der- niers iours les iouncs aiuont des vifions , & les vieux auront des fonges.Or le fonge eft beaucoup moindre que la vifion. Qurlquesfois aufîj rinfufion & grâce prophétique fefai^liur la partie raifonnable & non pas fur rimaginatiue,ce qui peut aduenir pour la foi- blenè de Timagination: ou hien Tinfufion (e faidè fut Timagination , & ne paiTe point ï la rai (on , pour la foiblefled'icelle, &qiielaper(bnnenes*excrcepas à contempler. Quelquesfois l'infufion eft tclle>quela perfonne eft contrainte d'exécuter le mandement, comme on vojd en Hiercmie,quicftoitreul prophète de Ton temps.Dieu luy commandoit en (bnges & vi- vons, de déclarer au peuple , que la ville de Hierufà- lemjque les ennemis afllcgeoicr,reroit forcée, le Roy & le peuple mis au trenchant de TcPpee , le temple bruflc, & la ville rafce.Il n*o(bit dire la vérité : mais il «li(5l:quere{pritde Dieu preflbit fi fort,que force luy fut de déclarer la Prophétie. Et lors le peuple cria qu on le feift mourir & de fait il fut gctté en vne foflc pleine de fange & d'ordure , & endura la faim quel- ques iours, iufques à ce que IcRoy le manda en (ècret auquel il dift la vérité, Car fouuent la prophétie, ôc le fongeeftenuoyéMVn. pouraduertfr ou menaflèr, ou declairer la côdemnation dVn autre: Corne d'Hc- lie au Roy Achab,de Nathan ï Dauid, êc Haiah à le- roboam:&: ncantmoins Dauid auoitrefprit de Dieu, mais il n'auoit pas la vifion prophétique , comme les autres prophètes , ou du moins il ne Tauoit pas Ci ex- cellente.Et qu*ainfi foitjquad il vouloii faire la guer- re ou en trcpt endf e quelque chofe de con fequence, il niandoit à Gad le prophète ce qu*il vcrroit,ou bien il

difoit

DES SORCIERS. 6i

tlîfœtauPreftre qui Taccompaignoit , qu*il veflift TEphod, pour voir le vouloir de Dieu parVrimSc Thun:mtm.Ces moiSyVrm ScThummmy font Hebrieux que les 7 r. ont interprété , Déclaration & vérité :& l'interprète Caldean les a laillcz fans les interpréter, comme les Hebrieux auoient accouftumé de cacher lesfecrets:maiscnHcbrieii cemot Kriw, fignific lu- mières, ÔcThumfnim pet ferions. C'eftoitv ne table, ou il y auoit douze pierres pretieufes enchalîècs, 5c les noms des douze enfans de lacob engrauez : la- quelle table pendoit auecdeux chenons fur la poi- €trine du grand Prefl:re,commeonvoiden Exode *\«^^^,,,_ Et aux Nombres * il cft diôfc qiie Eleazar Pontife fuc- +<r*p.i7* ceflTeurd'Aaron interrogera félon ta forme de Vrim, & que félon fa parole 3c refponfe , on fe goiiucrncra. Silachofe qu'on deuoit entreprendre deuoit bien fucceder , les pierres à Tinterrogatoire qu'on faifoir, donnoicntvneviue lumière: ou kpreftrcinfpicc de Dieu difoit ce qui aduiendroit: comme il peut voir en rcfcriprure1",& en lofephe aux ^ Antiquitcz^ouilt.,^*.^*, di(5tque cefte lumière celîa deuxcensans aiiant (bn*«»•7• aage,il^afquit 30. ans après lefu Chrift.LesGrccsap-^ '-i'^'f* pelloient ce pedoral ^-oyiov, c'cft à diie Toracle, qu'on a tourné rationalc : Caries Roys en toutes les aé^i-. onsdeconfequencedcmandoientconfcil à Dieu par le Pontife , & s'il n'y auoit point de refponfe , cVftoit (îgne de l'ire de Dieu. C'eftpourquoy Saul ellanrdc- laiiTéde Dieu,ne trou u a refponfe aucune,did:rcfcri- pture*,ny par Prophetie,nv par fonge , ny par Vrim, itSamnti & Thummim : alors Saul dift qu'on luy trouuaftvne i^^jî^*/ * Sorcière , qui euft vn efprit Diabolique pour (çauoir l'ifTue de la baraille,qu*il donna le iour fbyuanf,ou il mourut.Etaucoutraire Dauid toufiours eutrefpocc *par vifion de quelque prophete,ou par fongc,ou par» Samuel Vrim, & Thummim, auffifaifoit il diligemment ce s.<.3,&f

£ 4 (^u*4

qu'il luy eftoit mandé:&: Sau 1 pour auoir obey fut de^

lairte de Dieu,& du peuple,& fin tue par fes ennemi^

Et fur ce qu'il fc vouloir cxcufer <lc n'auoir mis

t Samuel ^^y ^^^ Amacelites,&: tout le beftial à mort , pour en

€ap./f, facrificr ï Dieu, Samuel "^ luy dift que la de(bbeillàncç

cfc€.6. y^ Dieu eftoit pire,que l'idolatne ôc Sorcelerie:Et que

l'obeiflance valoir mieux, que touslesfâctificesdu

^ * '^'^^ monde. Aufli lifons nous en lob, que Dieu ^, ayanç

Î>itié des hommes, les aduertift en fonge, ô: leur tire 'oreillç,les enfeignant de ce qu'il faut faire , pour les lendreplus humbles, & le faid par trois fois. Mais s*ils n'obciflènt à la troillefmefois , ils fontdelailîez. Etficeluy àquiDieucnuoyefonbon efprit pour le guider^ne luy obeift, Tefprit le menace de le quiter & abandouner: s'il fe corrige, il n'eft point abandonne: s'il ne s'amende , il eft delaifïc. Voy la donc les trois moyens, à fçauoir, la vifion, les fongcs, & le pedoral ancien , par lefquels Dieu a déclare aux hommes la volonté anciennement. C'eft pourquoy le Prophète Balaham infpiréde Dieu,beniflanr le peuple d'UraeJ, diibit, O peuple heureux qui n'a point de (brcelehe ny de fortileges , mais auquel Dieu reuele les chofcs futures quand il eft befoin.Et combien que depuis la publication de la loy deDieu,& après tant de prophe- ties^vifions, & iugemensde Dieuconfigncz ésefcri- pture^,^ hiftoires fain6tes,parltfquels nous f^mmej bieninformez de la vérité', Ôc volonté de Dieu , qu'il ne foit pas bcfoin de prophètes: neantmoinsili çft bien certain, que Dieu ne laiflèpas d'enuoyer auxj hommes,fonges,vi{îons, & fes bons Anges , par lcl->i quels il leur faiâ: cognoiftre fa volonté , pour fe gui-?^ der,&inftruire les autres. Etmcfmes nous lifons ésl doiSteursHebrkux,que iaçoit que l'oracle de Vrirn^ & Thummim ceiTaft après le retour de Babylone , Ci <ft*ce qu'il côfeflènt que coudours on oyoit quelque

voix

•DES SORCIERS. 75

foix diuinc , tjuelofué fils de Lcui appelle * Betkolt*inUhr» « c'cft à dire,fille de la voix,que lesQrecs appellent i;t^. J^^rke^b^h Etlavraye marque pour lecognoiftre ceux qui ont tcllcsgraces, il faut bien voir, &cognoiftre leurs a- flionSj&furtoutqueleftleDicu.qu'ilsadorent.Çar il le peut faire,que tel au ra vilîon & ibngc , <^ dira ce qui e(l à vcnir,& aduiendra,& fer» miracle, & neant- itioinsil prefchera qu'il faut adorer d'autres Dieux que ccluy qui a faille ciel & la terreîmais il ne faut pas pourtant y adioufterfoy : carc'elU'vndesfignes, que Dieu a expreffement articule par *■ raloy,dirant#7)^,.^^ qu'il enuoye ce fQngcur,& ce prophète, pourellayer n- il nous raimons,&: le craignons. Qui monftre bien que Dieu n'enuoye pas ieulementlcs fonges vçrita^ bits aux dieu z & gens de bic , ains aufli aux infidèles & melchans pour les faire précipiter plus rigourculè- mentauecquesefpouuantemcs. Leshiftoiresenfonc pleines, comme nouslifons des fonges de Pharaon 5c de Nabuchodonofor: & principalement aux prin- ces quand il eft quettion de Teftat, & des chofes con- cernans le public. Mais ordinairement les mcfchans ont des vifions terribles & c(pouuentables, comme didSalomonauliurcdelaSagelîè: &les bons, ores qu'ils foient quelquesfois effrayez par fonges , fi ont ils toufiours aireurance & confolation : Ainfi liions [îous, queVefpafian fongea qu'il feroit Empereur, pand Néron auroit perdu vne dent , ce qui aduienc ,c iour fuyuant. Et Antonin Caracalla eut vn fonge» ^uc fon père Seuerus tenât vn glaiue luy difoit. Tout linfi que tu as tue ton frère , auffi faut il que tu mcu- :es de ce coup. Et Hippias tyran d'Athènes fongea le our précèdent qu'il fut tue, qu'il eftoit précipite de adextredeluppiteren terre. Artemidore eft; plein ic telles hiftoires. Encores il eft à noter que la pluf- >ari des fonges naturels fignifient rhumcur , ou ma-

£ S ladic

74 LIVRE PREMIER

ladic naturelle du pei fonnage : comme Galcn cfctrpt^ que lexpcricncea faidcognoiftrCjquelcfbngcdc la cheute dVne cftoilIe,ou le bris d'vn chariot , cftant le malade dedans le chariot,cela luy lignifie fa moit.Lc» anciens remarquoicc les fongcs véritables au poin6k duiouren celuy qui n'elloit point trouble dcfprir. L*ercripturefain(fle baille vne reigle de n'adiouftec'j foy au {bnges,s*ils ne font éuoyez de Dieu. Et la mar- queeft quand ils fortent d'vn homme de bien ôc ve- ritable,oud'vn mefchant, pour exterminer. Maislef fongcs heureux des Sorciers , ou des Atheiftes , ou de ceux qui meinct vne vie dctcftablc, font enuoyez dcg malins efpritSjComme nous dirons cy après.

DES MOYENS NATVRELLES.

four fçauoir les chofes occultes.

C H A p. V-

DIVINATION naturelle eft vne anticipation» | des chofes a venir ou pajîèes, ou prefentes,& ' neanrmoins occultes par la cognoifTance des caufès cnchefnee$,& dependentes IVne de Tautre, ainfi qudj Dieu les a ordonnées dés la création du monde. Tay pofc cefte définition, pour faire iugement certain qu'elle diuination eft licite, & qu'elle diuinatio eft il- Jicite,ou Diabolique/uyuant les termes de la àcfini» tion,que nous auons donnée du Sorcier. Or tous les Philofophes & Théologiens fontd'accord , que Dieu clUa première eau fe éternelle, & que de luy dépen- dent toutes chofes.Car combien que Platon ait pofé trois principes du monde, ^ fçauoir Dieu, la matière, & la foime : Ci cft-ce qu'au Timec, & au Theetete, &

cnpluficurs

DKSSORCIERS. 7$

en plulîeurs^ autres lieux,il mec Dieu par deflus tou- tfpfi, res les caufes,& hors la fuitte & ordre des caules. Ari--j^^,^'j^^'^ ftotc ^ pareillement a dcmonftrc,qiril faut par ncce(- tThy/;ce{S lité, qu'il yaitvn Dieu première caufè, de laquelle ^^^'"^ toutes les autres dépendent. Qui eft pour ofter Tim- T«i>i)«v pietédes Manicheans, qui ont voulu (oullenir, qu'il 12. y auoii deux principes,rvn bon^l'autre mauuais: Tvii Créateur du monde elcmentaire,& Tautredu monde celefte,& des bons cfprirs. Combien que Epiphanius dit qucMarcion en mettoit trois, & Bafilidcs quatre, qui fontopinions rcprouuecs,^ deccftablcs : car commediibitProclc* Académicien, le Polytheifmc **9r«ç<^ cftvndroidlAtheifme, & qui met nombre pluriel, ^^J^j^J ou infini de Dieux, s efforce d'ofter le vray Dieuceil ^i»^ dire, itv^^i'x rc9%y ù^m^h. Mais les Philofophes ne xtAuV- font pas d'accord auec les Théologiens de la fuite ^»t<««- des autres caufes. Caries Académiques «5c Penpa-v^^^J"*' letiques difènt que Dieu cft caufe efficiente de la première inteHigcncc , que lesHebrieux appellent Metatron: Etcelïe-cy eft caufe de la féconde, & la fé- conde delà rroifiefme, ÔC conlequcmment des au- tres, iufques aux dernières caufes. C cft pourquoy Iulian l'Apoftat fuyuantl'erreurde Platon & de^ fon maiftrelamblique, au liure qu'il a faiâ: contre les Chreflicnseftdecefte opinion t^blafmant les Chre- 1-^^«4 ftiens qui tiennent que Dieu efi: principe & origine J^',^1J"^^ deschofesvifibles&inuifibles fans moyen, qui eft ^''*''«'» <•«»- toutesfois félon texte formel de Thiftoirc iàcree, cyùalleni ou il eftdidb, Au commencement Dieu a crée le Ciel "'^«Z^"- & la tetre,(5(: puis chacune des creaturcs,commc il eft porté par ordre de la création des Anges , afin qu'on n'aitribuaft la création des chofes aux Anges : Et les plusdodesauxfecretsdclaloy difent que ces mors. Dieu a crée le Ciel & la terre,{ignifict la matiere,& la forme: pour ofter Topinion de ceux qui tiennent que

Dieu

70 1. 1 V K t F K 1:. M I E R.

Dieu nefaift pas la matière , ains feulement la form^ cftant ja au parauant la matière confufe-.qui eft vn er- reur pernicieux. Vray eft qu'il y en a qui tiennent comme Origine, que Dieu a toufiours par fucceflfion crée des mondes infinis,& quand il luy a pieu il les a ruineZjà (çauoîr le mode élémentaire de fept en fèpt mil ans:S<: le monde celcftc de quarante neuf & qua- rante neuf mil ans,vninant tous les efprits bien heu- reux en foy,& laiiTànt rcpofer la matière confufe fans forme mil ans, & puis renouuellant par fa puiffancc

toutes chofes en leur premier eflat& beauté , & ra-

f)orterentle repos de la terre le feptieme an , & après e quarante &neufiefmelegrandiubilc,&: pour ccftc caufe il difent qu'il n eft faiâ: mention de la création des Anges à la création de ce monde , pour monftrer qu'ilzeftoient demeurée immortels après la corru- ption des mondes precedens ,ceque le Prince de la Mirandeatenu pour certain en {es portions fur la ^Rati iu~ Cabale. Voyla que les Hebrieux + en leur fecrete phi- Hetr*M, lofophie ticnnent,& Origine *au(îi:laqutlle opinion ^cAterii. combien qu'elle ne foir pas reccue de quelques The- ^g ; ' ologiens,par ce qu a lemble que c elt entrer par trop iu aqantanx fec rets profonds de Dieu , fîeftce qu'elle tranche l'impiete' de ceux qui fe mocquent de Spiri- dion , & autres Euefques au Concile de Nicene , di- fans que c'eftoit chofe fort eftrange , que Dieu depuis cent milliers d'années, voire depuis vnc éternité infi- nie fefuftaduifé depuis trois ou quatre mil ans^de faire ce monde , qui doibt périr bien toft : Et par ce moyen auffi l'opinion de Rabi Eliezei^ auroit quel- que apparence , il àxù,^ que Dieu a faiâ: les cieux de la lumière de fon vcftement , comme de matière: ^ ihttbr» <iuieft fuyuant le dire de * Salomon,ou il fuppofe la ,Sapienn£. maticte confufcjàu parauant la création de ce monde Ôc audi quand il dicl qu'il n'y a rien de nouueaa

foubs

* DES SORCIERS. 77

{bubs le Soleil , & toutesfois quand il y auroit eu des mondes infinis par fuccedion , ce qu'il ne fant pas prefumerjfî faut-il confefîcr^que la première matière fat crée de Dieu, ce qu on ne peut nier fans impieté! autrement l'éternité de la matière s'en enfuit, & la caufc efficiente aviffi toft que refFcd, & pluficurs au- tres abfurditezincuirables, que i'ay remarquées en autre lieu*, contre ropiniond'Ariftofeimpo(ribIe,&:*/2^'^ incompatible par nature , confellant ^ qu'il y a vne caufc première comme il a demonftre', Auflî les He- brieux,& les Académiques & Stoiqucs ont reproauc dVn commun confentemcnt , comme aufljPlutar- que t, & Galcn ^, & mefmes les Epicuriens s en font . ^^^^^ mocquez. Et par ainfi nous arrefterons là, que Dieu a ^^^i ^y^ creéla matière de rien,ce que le mot bara (ignifie,c*e(l cV Tâ>/r<- ï dire Creencar autrement Tefcriprure euft dif^ç-alfah f*"**^ "^y c'eft a dire,Faire,comme quand il eft did, que Dieu a J,„/.^ Faicî l'homme du limon de la terre, ayant pris la ma- p^'*f» ricre,qu'ilauoit ia prepaîee,&: qui fignifie auffi vn fe- u/^^Tu. cret plus haut,c*eft à fçauoir,que Dieu de l'ame a fait '«"«• rintelledjComme didt le Rabin Paul Riccius. Énco- res eft-il bien à noter que cqs mots, Dixïî &fa^afunt^ le mot /r;M4r,nefignifie pas feulement, dire,ainsau(îî «vouloir, de fa propre fignification, & les Hebrieux [*interpretent ainfi : car Dieu n'eufl: pas addrclTé fa parôleà lacreature,qui n'eftoit pas encores : mais de- puis La première création de toutes cho{es,Dicu a di^ flribiié Ci^s Anges , par moyen defquels il renouuelle. Se cntr^ticntjfes créatures. Et quand on di6t que Dieu cftlacaufeefficiente,laforme,& la matière du mon- de , ce n'eft pas qu*il foit la forme du ciel , ou d'autre créature, mais que c'eftluy qui donne efi:re à toutes chofes,^ que fans luy rien ne peut fubfifter. Quand iedyAnge, i'entends générale ment toute puifTance, Se toute vertu , que Dieu donne aux créatures,

âuiîî

994. .

71I I-IVR* l'RtMltK.

auflî bien que ks cfpriis bons iSc mauuais , ^ Ici homracs aiifll , &lcsvens, & le feu s'appellent An-

ff/a/w, g^s ^ en Pcfcriprure *. Etparainfi quand on void les cieiix ^ lumières ccleftes (c mouuoii, cela Ce faiffc par le miniftere des Anges, ainll qu'on appelle An- geproprcmenr,coaimetousles Thcolegiens &: Phi- lolophes corifelïènf , & mefmes Ai^flotediâ:, que s*il y a cinquante cicux, il y a autant d'Anges ou in- telligences: non pas que Dieu ne puifTe de fon vou- loir fans autre moyen, conduire toutes chofes: mai» ilcftplusfeantàlaMaielté diaine d'vferde fes créa- tures. C'eftpouiquovon litenrcfcripturequeDieu cft en l'adèmbiee des Anges , & que les malins cfpiits fe trouuent auiîi en l'allèniblee , comme did Mi* V^ chcc le Prophçte , aux Roys de luda & de Samarie,(Sc ^ Dieu parle à Satan en l'allèmblee des Anges , comme

^»f.t./i ileftdidenlob *. Ce que tous les Hebrieux in- terprètent du miniftere des créatures , defquelles il fe fert en toutes chofes. Nous auons dit cy dcirus,com- meil nepatieaux hommesqucpar fesAngeSjaufline ^i\x. li rié anx chofes corporelles, que par les corps cc- lelleSjvfarrtde fa puilfance ordinaire, ou immcdiate-

*^ mctvfàntdcfapuilTanceextraordinaireiCequieftaf.

fez moftré en la vifion de Zacharic^'^ïdes fept lumières du chandelicr/cc qui a depuis efté traâflatc au Hure de rApocalypfe)&: que l'Ange interprète au mefme lieu des fept yeux par lefquelsDiea void, & les Anges qui vcrfênt de l'huile de deux oliues à la dextrcde Dieu: que tous les Hebrieux inrerpretent les fept planetteSj aulquelsla vertu duiinceftinfufe , pour départir en tout ce monde , Et par ainfi de s'enquérir de la vertu àt^ lumières celeftcs , pourueu qu'on n'excède les caufes naturelleSjil eft,5c a toujours eftc licite , & eu

V'*JuT ^^^^ §^^ ^^ gloire de Dieu,de fiire chofes Ci emerueil-

r«/^>. ' labiés par tCs crcatutes.C'cft l'aduis de Damafcene t,

&dc

1 ^

i

* CES SORCIERE, 7f

& de Thomas d'Aquin an liure de Sorribus , Seau li- iirc des iugcmcns Artronomiqiics : & de mefme opi- nion cft auffi l*Elcoc:Et par ainfi il ne faut pas fuymc rcrrcar de Ladance Firmian , qui didt que i'Aftrolo- gie, Necromantie, Magie, Arufpicine, ont eftc troa- uces par les malins efpiits: ce qui cft bien véritable des autres, maisl'Aftrologie, &]acognoi(îàncedes cffedlscelefteseft donnée de Dieu. Et combien que Caluin+de propos dcliberc,comme il fera ble, voyant î-^«'«^ que Mclandhon auoit en trop grande recommanda- ^j}r«û^ tion TAdrologie , la raualee le plus qu'il a eftc poflî- &****• bleineautmoins il a eftc contraint de conférer les cffeds efnierueillables des Aftrcs: adiouCtant feule- ment que Dieu eft par furtout cela,& qu'il ne faut rie craindre à cclu y qui fe en Dieu.Et Ptolemee en die bien autant, que le Sage commande au Ciel: ccft pourquoy Abraham'<'Abenefra,grand Aftrologuecn-#^«r//rf«. tre les luifs di(5t , que les enfans d'Ifrael ne font point '^^'i***' fubic6fcsauxAftres,il entend tous ceux qui fient en Dieu. Vlaisccluy qui ne craint point Dieu il pafFera, diiSt Salomon,fous la roue : ou il eft certain qu'il en- tend le ciel, Ô: les vertus & inflneocesceleftes. Et par mefme moyen Philo^i Hcbricu interprétant lesallc- goriesdelaBîblcjOu jlcftdiél que l'Ange Cherubiit au deuant de Paradis, fait la roue d'vn glaiue flâboy- antjilditquec eft le ciel flamboyant, & plein de lu* mieics cdeftes par la force, <S: influence defquelles Dieu entretient ce monde matériel , laquelle matière cmpefche l'homme brutal d<c adonné aux voluptez tcireftresde s'efleueren la cotem jlation desœuures, & memeillcsde Dieu ;ains (ont comme enfeuelis'en leurcorpSjComeen vn (epulchre. Defquels parle Tc- fciipture au Pfalm.yS.verf./. ou il eu diù: S icutvulne^ ratt dormientes mjepulchris, quorum non es memor amplitis, &ipfpd€manHtHarefNiftftmt: lequel palîage trauaillc

pluficurs,

MO j^ivivjcrivr.iviii:iv i

plu(icurs,aiu n'ont pas efgard aux allégories HtbriN l qucs-.maisrinteiprcceCaldean tourne ainfi. Stcutoc^ ctfigladio dormïentes in feptdchrts , quorum non rccorduberis éimpltm,& ipft ijuidem'a facie dmmtatïs tuàt feparatt ftmt. JI entend par le glaiue le ciel, & influence naturelle de ceux qui fuyuent le cours naturel, & vie biutalc des beftes.Ceft pourquoy il elt aufli diù que Dieu du 'I uifa les eaux qui font foubs le firmament,qui font les influences celcdes, des eaux fur celeftes , qui font les Anges & monde intelligible. Nous auons encorci vn tefrnoignagâ de Dieu plus précis de la pui (Tance qu'il adonne aux aftres, quand il parle à lob: Pour, •/•5.^^/ras * tu,diâ:-i!, lier les Pléiades, ou defioindie les e- ftoilles de la grand'OurfefProduy ras tu les Hyades,(^ fi tu pourras gouuerner les eftoi l les d* Ardu rus j* lia remarqué les afl:resde! tout le ciel , qui monftrent la ^ puifîance la plus grande en ce monde eleraentaire, ôc quifècognoiftcs faifons ordinaires , au leuant de] couchant,heliaque,& chronique d'iceux. Puis après Dieu en gênerai di<5l à îob ^ Sçais tu bien les loix da l ciel feft-cetoy qui donne la puidance au ciel, qu'il a ' fur la terre ^ Qui font tous pafTages^qui monlhcnt \ grande puidànce , que Dieu a donne aux corps celé* ? - ftes fur le monde élémentaire. *An(lii après la création des flambeaux cele(lcs,Dieu di6t qu'ils fèroient pou iignes des temps,& des ans,iV des iours, qui ne Cignù fie pas feulement pour conter lej iours , car vn miK liond*eftoille$ne'eruiroientde rien. Or tant s*« faut que cède puifïànce, ôc vertu fi grande & fi admi rable des corps celeftesdiminiie en rien .quepluftoft pariccllelapuiflancedeDieu eflrechaufl-ee ^reuc- lee à merueilles. Car nous louons Dieu voyant la vertu d Vne pierre,d*vne herbe,d*vn animal, combien plus grande occafion auons nous de louer Died, Yoyiinc la grandeur, la force, la clarté , la vitcfiè, l'or*

dre,lc I

DES SORCIERS. U

(îre , le mouiieiTienr terrible des corps ccleftes?Ccfl: pourquoy le Pfalmifte ayant loue Dieu des chofes qui fort icy bas , quand il vient à remarquer la puiG- fance dei> Aftres , il cft raui hors de foy , ôc s'efcrianc

didainfi ^. i^vfaim.s.

Mais quand le voy, & contemple en courage,

tes Cteux, qui font de tes doigts haut OHuragCy

BfioilleSjLtme,& oignes différents,

Quf! tu as faicls,& afiis en leurs rancs:

A donc ie dy a part moy ainfi comme

Tout esbahy, & queftce que de l'homme^ Et à dire v ray ,le ciel eft vn rresbeau théâtre de la louange de Dieu,6^ plus on cognoift les effcdls de ces lumières celeftes , plus on eft rauy à louer Dieu . Les plus lourdauxsVrtonnent de voir qu'il y a plein flot de mer, quand la Lune eit pleine ou nouuelIe,& aux quartiers le flot eft bas^Sc qu'a chacun iour le flot fc retarde d Vue heure,&en mefnlepaySjmcflTie région mefmc climat^en diuers ports le temps du flot & re- flet eft diuers.Les pefcheurs voyent que toutes (brtes de coquilles font vuydes: brief, les animaux,les plan- tes/5: tous les elemcns Tentent vu mcrueîlleux chan- gement du fang, des humeurs, des mouëlles , au de- --» clin ^Vaccroillèment. Et en la pleine Lune les char- pentiers ne couperoient pas vn arbre pour baftir, fi- non au declinde la Lune,aurrement le bois cft inuti- le à baftir,au mefme temps faut enter , & couurir les racines des plantes, vanneries grains & légumes au déclin de la Lune, & infinis autres obferuations re- marquées par les anciens , qu'on peut voir en Pline^ liure 1S.chapir.32. Les Médecins confelïent que les iours critiques des fleures & maladies font tous rcgis parla Lune, &mefmesGalen enafaid plufleursli- ures , s*eftonnant d'vne chofe qu'on void ordinaire- nient en rfïorofcope du malade, que Toppolùion ou

F quartiec

Sa LTVR-E PREMIER

quartier de la Lune au Soleil donne vnchangemei notable aux malades : Et tjuand la Lune atrainâ: 1 op-, pofitiontnj quaiiicr du lieu ou lilc eit partie , quand la maladie a commence , on void auflfi fbuncnt es pe- ftcs & autres maladies populaires que à chacun quar- tier en vn moment il tombe vn nôbrcinfiny demorc il fbudainc.Or G dcn lugcoii pir l'cxpcricce qu'il auoit | appris des obicruat-ons de tous les anciens : car il ne 'l fçnuoif pas feulement le vray mouuemcnt de Li Lu- j^T^sdiê' ne,c6rnc d appert par fc s Imres* : Mais il euft bié pluSvf tttfiecrt. cfteeftonnc, sM euft entendu les effets des autres ' p9cr<,tes in planètes, S^ des coniondcions , ôc regard aa vues aux /»*././>fo- autres, dr aux eftoilîcs fixes, mermemcnt fur le corps, & dilpohnon '"•e laprrlonne. Car les anciens ont re- marque pour maximeSj&parcxpcricnccdeplufieurs'i fieclcs , que Sarurnc iS^ Marcureeftanioppofiieçen ' vn figre brutal , rhororae ordinairement, qui n*aift . alors,eft; bègue ou mueiiqne la Lun» ellant au leuanr, la perTonne efl faine, & en l'eclyple, l'enfant qui vient ànaiftrenepeut viuie: Etceluyqui-naiften lacon ion<5i:ion de la Lune, ne la faidl pas longue . Bricf leSj Arabes ayant cogneu la force des influences celeftes fur les corps, ne vouloyenr pas que le médecin fuft re-. çeu s*il n*auoit la cognoiflancc d'Aftrologie, & ceux-, qui auoycnt les deux s'appelloy ent latromathoma^ ciensen Grèce. Erpour le faire court, par les influen* ces cclcftes on void les humeurs,& la difpofition na- turelle des corps, & des humeurs. Et ce qui l'a fdid: blafmeraefté Tignorance deccuxqui'enontefcript a veue dcpays.Mais il ne faut pas que les Aftrologues (c mcilcnr de iugcrdes âmes, des efprits,des vices^des vertus, des dignitez,des fupplices,&:beaucoup moins d- la reIigion,commc plufieurs ont faid: , (uyuant les faux monnoyeurs qui tirent bien la quinte eUènce i|t des planics, éi miaerauxj & font des huiMes , & eaux il

admi«i 1

BESSORCIERS. S$

admirables, & ('aliuaircSj&ciircourentfubtilemctdc b venu des métaux, (?»: transmutation d'iceux : mais aucc cela ils font de la faulîè monnoyc:ain(i (ont plu- Heurs A(lrologues,apresauoir déclaré par l'Horofco-i pe,rhinneuri5:difpo{îrion natuiclle du corps, ilzpaC fcnc plus outre aux chofes qui ne touchent en rien le :orps, a (çauoir^aux mariages, îiuxdigniccz,voy âges, richellbs, <?cautics choies (cmbliblcs, ou lesaftres l'ont ny force n'y puilTanceiSc quâd ilz auroyet quel- que puidànce, c'cft impiété de s'en enquérir , ôc noti- enlement impieté^ams aulîi vue extrême folie.Car d c Deuin prediâ: faulfcmct que Thôme fera bruflé on )cndu , le mifcrablc fouffrc mille morts deuanr que nourir,& fans occasion. Et fila predidio d'eftrebru- eft véritable, fon mal redouble, «Se n:x iamaisre* )os. Si le Deuin affeurc àquelquVn faufèmenc qu'il eragrâd^ riche,ilfcracaufedeluyfairedifiipales tiens Se d'cftrc vn fair-neanc , {bubs vnc vaine cC- erance . Si la prédication eft; véritable , l'cSperancc ifFeree faiél viare la perfonne en langueur, corn- ue di6t le Sage : Etquandlachofeaduicnt, leplai- ;r eu eft perdu : combien que Dieu permet ordi- airemcnt , queccuxqui s*enquierentdetdlescho- ;s foyent fi uftrez du bien qu'ilz attendent, & que le lal qu'ilz craignent leur aduienne.Mais Timpieté eux eft mexcu fable , qui font (eruir la religiô aux in' uencesccleftes:commc Iulius Maternus^quiefcript ue celuy qui à Saturne au Léon, viura longuement, c en fin après (a mort qu'il montera au ciel, ik Albu^ amar , qui a tenu que ccluy qui faid fon oraifbn à )ieu, citant la Lune conionâ:e|ivneautre Planet- : , que ie ne mettray point , &c tous deux au chef de )ragon, obtiendra ce qu'il demande: ce que Pierre 'Apponmailhc Sorcier, s'il en fut oncques, di^t lou* pradiquc , pour attirer les hommes à celle mep

F A chancetc;

14 1. 1 V R E P R E M I E R.

chanceté; En quoy il n'y a pas moins ci'impictc , qtie d'ignorance'.attenduque Icchef^&qucucdii Drago ne font rien que deux poindls d'vne intevfcdion ima- ginaire, & de deux cercles imaginaires , &:qui n'ont nyelloille,ny planette ,& variables àtousmomens: combien queAlbuzamar eftencoresplus dcteftable d'auoir ofé limirerla fin des religions par les influen- ces celefl:es,en ce qu'il a dit que la religionChreftien-j nefiniroicran i46o.&:neantmoinsil y aplusdccen aiis^que le temps eft expiré. Eren cas pareil Arnoldu Erpagnol ineptcment auoir prcdidt que TAntechrift vicndroit l'an 1 3 4 j-.&r le Cardinal d'Ailly, qui a rem- plyfonliuredetelsmenfcnges, difcourant de la fin des 5 .religions, fuppofe qu'il y a fept mil fept ces cin- quante 6c huid ans depuis la création du monde, ou il a faiUy de quinze cens ans par le calcul approuuc des Chre{liens,& des Hebricux, faifant auiîî en THo rofcope de la création du monde, que le Soleil foie au Belier,lequcl neantmoins eftoit en la Libre par le fSxoic. texte formel * de la Bible,ou il appert que le premier'! c.^l/f ^^'•^^ ^^ monde fut celuy que nous difons^le dixiefmc éLnt.\abï du reptiefme mois,qui eft le figne de la Libre. Cypria ^Jetefi^ Leouicedenoftreaageabien pafTé outre: car ildi6b tu 7.cap. que la religion de lelus Chrift, Ôf la fin du monde fe-' siumZïdt 1^ ^^^ ^ j ^3 '^f TâlTeure en roite,qu il àiOnfroculdubi $n menfe aîteïum aduenîumjîlij homwis m fede maÏ€Jlatufu<& puriun-î] tHUftt%m ï/<«^pour lagrandeconioindtion en la triplicité aqua 9$efi/ts efi tjquedelerusChriftrquiell vue incongruité notable' 'P" ^^* ç^ Aftrologiv%& im;^ietcen termes de religionrcar ia- niais Planctte ne ruina (on figne ny fa mai(on,& lup-; pitcreftconioindauxpoifTons, en la conioindlio qu'il craint fi fort, qui eft le figne deluppiter con- ioindè auec Sarurne^qui eft Ton amy. Et puis qu'il af- feuroit tellement, qu on n*cn doit aucunemct doub- ler, c'cft vne extrême folie h luyd auoir taillé pour

trente

D E s SO RCIERS. «5

rente ans d'Ephcmerides aprcs la fin du monde, cô- ne il a fait. Et le ingénient de Caidan n'eft pAS moins ntp''c,quiacalciilé>&faiâ:imprimerl'Horofcopedç efus Chrill: en Italiç,& en France^difant que Saturnç nlaneiiHefme mai(onfignifioitladefeïtionde larcf igion,& Mais auec la Lune en la feptierme moftroit s génie de mort : Chofe ridicule, attendu que Mars doit en Ton propre (igne^qui cft ignec. Mais l'impie- c cft beaucoup plus grande de vouloir aflcruir la re- igion aux Aftres , comme au(îi a faidAbenefraqui uoit prédit, qu'il naiftroitvn grand capitaine, pouc franchir les îiufsjqu'j! appelloit Meïîje,ran 1 464.ce [ui iVcft point aduenu. LaifiTantdoncqucscesopini-. ms,Sc diuinations pleines d'impiece,&d*ignorance, lous nous arrefterons feulement aux naturelles pre- li<ftions , pour le regard des influences celeftes fur les orps^Sc furies humeurs. Vrayeftquelesefprits, & neurs des pcr(bnnes , fuyuent bien fouuent les hu- heurs, comme did Galen, au liure qu'il a faidl. Que es mœurs fuiuent les humeurs : mais cela n'ed point iece(raire,6(: n'y a quVne inclination natarelle,&: no )as necefîité, Etparainfi quand nous lifons que la angue fainde (par laquelle Adâ,ainfi qu'il efl: efcript luGenefe^nomma routes chofes félon leur propriété naturelle appella Saturne 5'4to/>c*eftàdireRepofé& franquille pour l'inclination naturelle de ceux qui )nt Saturne maiftrede Horocofpe,qui foc ordinaire- nent melancholiques,repo(èz,& contemplateurs: & ;uppircrz.^rf^r,c*e(l:àdire5 Iufl;e,par ce que ceux-là juiontluppiterchcf de l'Horofcope femblent cn- :lins à la iuftice politique , & Mars martis,c[m fîgnific obufte , pour l'inclination naturelle qu'il donne, c- tant maiftrede l'Horofcope, rendant aucunement es hommes Martiaux, ôc propres au trauail , Ôc con- :quemmentainii des autres : Si eftcec^ue tout cela

F 3 ne m-

16 LIVREPREMIER

n'emporte rien qaV ne inclination, fans aucune ne* CcflTué, Nous ferons m cTme iugemcnt des grandes conionâ:ionsdes hautes Planetces,aux triplicitcz dif- férentes, après lefqucllcs les anciens ont remarque denonbles changcmens es republiques & empires. pnitk.dc^A neantmoins l'ay monftrc ailleurs^', qu*il n'y a ^dtteM point dencccŒtc . loind aufli, qu'ilacfté impof- htftoTMrû.(\\Àt depuis trois mil ans feulement , que nous auons lesobferuations Aibonomiques ( car la pluj. ancien- ne ell: de Sennacheiib Roy d'Aflyue) faire experien- ce,pour y allèoir certain iugement. Au{îî voyôs nou$ que Ptolemee&: Firraicus ont donne latripliciic de •jnfexù feu aux peuples de Septentrion ; & Albumazai* Ta '"*5"^"'-..donnc à l'Orient, & la triplicitc deseauxaumydi, t/»»«y?iI^quiaefte'fuiuydePaul Alexandrint, & de Henry de ««fi.tfrf. Malignes: Et neantmoins Alcabice Caphar , Abena- «»4/7m, cra, MefTahala , & Zael Ifraelite donne la triplicitc de terre aux peuples Mcriodonaux . Or il ell impofîjblc de faire certain iugement à l'aduenir d€% change- mesdesrepubiiques^fanseftreafîèurcdecefondemét corne i'ay monftré plus amplement au liure de la Re- publique, & pour celle caufe, îe le trancheray plus^ court . Et par ainfi il ne fau t pas determiner,n y vfer de predi<5tions fortuites, &qui ne foyent fondées en experience:& neantmoins quelques experiences,quc Ton puiflè auoir,il faut toujours raporter la domina- tion du tout à Dieu, qui peut arrefter le cours du So- !eil,&: de la Lunc,commc il feit à la requefte de lofue, <&: de faire rétrograder le Soleil , comme il feit ayant prolongélavieauRoyEzechiede xv. ans: Et n'y a doubte que l'homme qui fe fie en Dieu ne foit plus fort & plus puifiTantjque toutes les influences celeftes. C*eft pourquoy vn ancien Platonicien difoir , que ce- luy qui fuir le cours de nature, il s'afîèruit àlafatalc Ucllinee^ 6c couis naturel oidonc à toutes chofes ele- ; ' ~ ijientaires:

DESSORCTERS. t^

mcntaîrcs : & celuy qui cil ^girc du bon cCprk, i! fur* pa(îè lourcs les dcftinecs.Mais tour ainfi que l'a fcien-» ce de naturc,de$ nftrcs, & linniere.*; celtfUs, decouute k grandeur de Dicy,au(îjles)m>pofturesde$eiedion$ Arabiques font damm bit s, &: illicites. Etdeceux-cy ert entendu le décret du Concile de Tolède premier, chapitre 8. & le Concile de Carrhage 4. chapitre 89. Les autres diuinaiions naturelles (ont plus claires, ' qui reprennent de la difpOiîtion du temps, poureftrç Fexperience ordinaire : toute la fcience de Mctheores cft cofTpcfce de telles chofes , c'clià rçanoirdes im- preflGon&de feu en la haute regid, ou de la generarioi% des corps imparfai(5bs en la moyenne région de Tair, comme de voit la Lune rougejfj^nifie les vens: palie^ Hgnifie les pluies ; claire fignifiebeau temps . Gar rexaltation fumeufequi caufe les vens , & toucain(t que la fumée qui rend la flamme du feu rouge, &:lc charbon noirembrazc,eft rouge, comme di(5è Théo* phrafte, par ce que lanoircc ir, ôc clarté font cofu Ces; la vapeur humide caufe la pluye,&: ofte la clarrc fcrci- ne de la Lune, de Tair eftant net , icelle clairtc fc void [ans aucun empefchemét.Or telles diuinations natu- relles font d'autant plus certaines que rexperience refpond a la caufe, qui n*eft pas difficile , comme ell« cfl: quand on veutcercher lacaufepourquoy lapluyo aduienr pluftofl: en vn tettîps qu'en l'autre. Alors l'A- ftrologue dira, que lobferuaiion des anciens mon, ftre que la Lune conioncfte aux Hyadcs^, ou Pleyades, DU bien aux cftoiles du Cancre excite les vapeurs , ôc par confequent la pluye. Mais ily en a d€ bien plus tertiines les vnesque les autres, comme celle que tous les anciens ont cXf>erimentc, &qui{ecognoift à veue d œil, que la quatriefme & fixiefmc Lune cftac :laire & fcreine, (\5nc certain prefàge de toute la Lu* ae^s'il n'iatciuicnc quelque conionélion notable: Et

F 4 coûter-

>#

l

'1

toutcsfoison n'aiamaisencorcs dcfcouucrtlacaufc: ce que Virgile a bien noté,quand il did:

Sin ortum(jMarto(namj^ is certtfiimiis author) Tara nec obfcurU in cœhim cormbm ïbïty Totus & ille dtes,& qui nafcetur ab ïilo , Exa^um ad menfempluutjs,venîisj^,carebunt, Leliured'Aratuseftpldndc uileschofcs, qu'il n eft befoin d'efcrire par le menu, le laide à parler des prcdidtions naturelles des médecins , que chacû peut voir ik Galen & Hy ppocrare en ont traicSté par routes leurs œuures,& principalement au liure De arte par- «/trcommequandildi^tquelanerfonne Tentant vnc foibleflre& tremblement auxnerfs^peuts'alïcurerde la goutte à venir. Et h la difenterie commence par la melancholie, elle eft mortelle. Encores y a il la Phy tofcopie^qui eft la prediârion des chofes occultes par les plantes,comme la verge de Coryles , ou Coudrcs, diuifee par moytiéj tenue en la main , inclinée de la part ou il y a des métaux. Etc'eftchofcaftez experi-' mentee par les métalliques. Au(fi met on de la terre: de minière , pour la faire croiftre plus haute. Tou- tes Tes prediàionscogneuesparTexperience, enco- , res que les caufes foient occultes ^ & ignorees,neant-l moins elles font naturelles,& la recerched'icellesde-| couurc la grandeur,&: beauté efmerueillable des œu-»! lires de Dieu. Oi tout ainfi que les moyens naturels] queDieu nous a dônez pou r fçauoir les chofes occuU, tes &: futures, font bons & louables,au(îî font tous le* moyés naturels qu'ils nous a enfeignés pour nous en- tretenir,.nourrir, veftir, maintenir en fanté, force, allegrefle,& pour guarir les maladies,pourueu qu*oii' recognoiilè^que la force des alimens,des medicamcs, & autres puiftances occultes, qui font es elemens, pUnteSjpierres, métaux, animaux, viennent de Dieu qui relire faforce,quand bon lu y (emble , & qui rôpt

laforcc]

D E s s O R C I E R s. t9

iforcedupainjçomme ileftdidlenlaloy de Dieu, uandilenuoyela famine. Mais celuy qui prend la jrccoulapuiflancedes chofes naturelles , comme rocedans d'elles , faidt iniure à Dieu , auquel appar- ient la louange. C'eft pourquoy Galen à la findes xx. ures qu il atai6t de T Vfage des parties du corps hu- lain ayant defcouuert les fecrets admirables quiy 3nr,concludainfi : llmefemble, diél-il, que nous uonschantévnbcau chant d'honneur à la louange e Pieu . Et encores m jeux Seneque, blalmant ceux ui difoyent , narure faid: cecy, nature faid: cela ; Tu aturdïn Deo nomen mutais , c'eft à dire tu châge nature TiDieu. Combien feroit il plus beau de dire. Dieu ait cccy,Dieu fait celaf En toute Tefcripture fainde, :e mot de Nature^ne fe trouue iamais,ainfi roufiours l eft didbjDieu a faid: faire cecy, Dieu a faid faire ce- «i,v faut du verbe tranfitifHebrieu ^i/)M,c'efl:adire, aitfiire, que les Grecs & Latins ont traduiâ: par va reibeadif, lequel abus a elle caule de pluficuis cr- 'eurs, deceux qui ont attribue chofes indignes à la naieftcde Dieu. Corne quand ildi6t> Dieu a ofté les eues des chariots de Pharao: Dieu a tué tous les aif- lés d'iCgypte: Et neantmoins il eft tout certain,qu'il va rien fait que par fcs Anges, car il commanda à fou )euple de Marquer le furfueil dt^ portes du fang de 'Agneau Pafchal : à fin,di(Sb-il5que voyant le fang, ie jalîè outre fans vous touchera , & que ie ne foufFre, ^ ^ue le deftrudeur entre en vos mai(bns . C'eft Wcap.jt. rouftume de rEfcripture fain6te , d'attribuer à Dieu les œuures de (es créatures, foit bien ou mal, comme l^uanddicfcEfaye, l^uUumeft malum in cimtate, quod wnfieiri fecerit Domtntu. &enHicrcmiechap. xxxc i, Omne malum hoc ventre feci fuper locum ifltim , c eft kdi^ :e,qu'il n'y a calamité n*y afflidion, queie n*ayc faid: rcnir en ce pay s,& en ccfte citc^com bien que les ma-

F j lins

99 LIVRE PREMIER

lins cfprirs , &: les pins ir.efchans hommes en fôycnt miniftrcs •• comme ildldidl en Malachic, fcianfcra/j Icdeuorateur , afin qu'il ne gallic voz fiuiâ:s,&r ren« de voz vignes ilciilcs , à hn de n'auoir aurrcrecouri qu'à Dieu ,& ne craindre auire que Dieu ,& ncren- dre grAce r»y louange qu'à Dieu (eul.Ce n'clt pas quel les Hebriewxayent ignore ladifKrencc des œuures de] Dieu,& de naturf : cai Salomo Ta iouuent rcmarquéj quand il dir aux allcgoricrs, Tenflint t(l rage,qui obe- iftaux mandemensdu père, &: n'oublie pas la loy de lamcrc: Il entend les commandemens de Dieu, &j laloy de nature. Car toutes les idolâtries derclh- bles ne (ont venues que pour auoir laillc Dieu,& re«. du l'honneur , & la gracedes biens que nous rcceioi au Soleil &; lumitrscele(les,puis auxeiprits, &enfiiîc|j aux moindres créatures comme les i€gypriens , qui " adoroyentles bœufs, par ce que l'vn des plus grands profits reuient du bœuf, Ô: les Pakftins Amorcans adoroyent les moutons,qu'i'z appclloyent EHherot, ÔC qu'ilz mangeoyenr . II fuffifa donc de ce qui ell diék pour faire enrcndrc que les moyens naturels pous paruenir à quelque chofe, font licites & ordonnez de Dieu:quandonIuy enripporterhonneur,& louan-» ge,& non pas à la créature: foit pour fçauoir les cho- fes futures & occultes: foit pour effeduer toute autre chofe: comme de cercher les m inespar la marque de^j certaines pierres Ô: plantes , non par moyens dlaboli- ' " q'ies. Mais ie ne puis palier par fouffrance, ce que lean Picus Prince de la Mirande, aux pohtions Magi- ques errrîpt que la Magie naturelle n'cft que la prati- que delà Phyiique, qui eft le filet auquel Satan attire ; les plus gentils efprits,qui pcnfcnt que par la force î des chofes naturelles on attirera, voire on forcera les] puifTances celeites. Et neantmoins en la xx i ï 1 1 . po- ucion le mcfme aucheut fouHient qu'il n'y a rien qui

ait^

DESSORCIERS. 9t

itplus grande force en la Magic 5 que les figures &: araiteres : Et en la pofition x x* i . il fouftient, que les larollcs Biibares, 6c non fîgnificatiuesontplnsde ►uiflànce, que celles qui lignifient quelque chofc. ^Ious.:uonsmonftré lavanitc, oupourmieux dire, impiété de telles chofes. Mais pour defcouurirl" fe- rctde telle impofture que le meime authcur a cou- ierte,ou ccluy qui a emprunté Ton nom, nous voyôs ;nlaxx 1 X. poîition furies Hymnes d'Orphée ces nots, Fruftra naturam adit, qui Pana non amaxent: ^our néant on vfedeschofcs naturelles , qui n'aura itriréPan, c'efi:àdirequi n'aura inuoqué Satan . Car ous les anciens ont entédu par le mot de Pan, ce que es Hebrieux appellent Satan, & par les terreurs Pa- liqucs , ilz ont toujours fignifié les frayeurs desdia- >les , & ceux qui fbufFrent les Dacmoniaques fuyant £5 malins efpritSjquand ils viennét les vexer : & Plu- arque au liure de Oraculorum defe^u, appelle le Prince les Daemons, le grand Pan la morrduquellesau- les Daemons furent ouys faire de grands cris, &:ge- nillèmens, au temps de Tibère l'Empereur : laquelle liftoireeftauffi confirmée par Eulebe aux liuresde ' a Praeparatiô Euangelique. El par mefme moyen en vnzicfmc pofiiion,ou il parle de Leucothea, il enied a Lune,que les Hebrieux ^ppûlct lebanach, ceft à di- C5laBlanche,& en la XIX. pofition, ouildid, qu'il l'y a rien, qui puifle auoir cfFeâ: en Magie ,fine Vafîa, l cntéd les facrifices faiélspar feu. Le mefme autheur ai(5tde la Cabale vne vraye magie pernicieufe,&' qui leftruit entieremét les fondemcns de la loy de Dieu: :e que chacun pourra cognoiftre , qui y regardera de >res: car la Caballe n'eft rien autre cholë, que la Iroiéte inrcrpretation de la loy de Dieu couuerte bubs la terre : Et neantmoins fon but eft de faire des nicacles parla force des lettres ôc caraâ:eres. Tay

bien

92 LIVRE PREMIER

bien voulu defcouurir ccfte impofture, à fin que ceux quilifcnt Agrippe le mairtreSoicicr,& ceux qui font de mefme opinion^ ne foiciit abnfeZjV Tant de pieircs,» de plantes, & autres chofcs naturelles pour attirer les forces Si influences ccleftcs. Ocffcpourquoy Hippo- crate au liurerf^/MOî'^opcfOjdetcfte les Sorciers jquiliq vantoyent de (on temps d'attirer la Lune : car ce fe- roit,didt-il5a(rcriuir les Dieux à telz impoftures,& at« fiiiettir leCiel^claterreaux hommes, contre touf- les principesde nature 5 (Se contre le texte formel, d^ laSaind:e Efcriptureenlob, ou Dieu parle des loi:Ç; qu'il à donné au Ciel fur la terre. Aufli rimpofture fe defcouure par les caradtercs Se figures Diaboli* qucs , ôc par les mots Barbares , &r quelquesfois intelligibles , qui ne tiennent rien des Elcmens» n'y de la matière j n'y des formes naturelles, n'ydej qualitez naturelles quelles qu'elles foyent. Il n( faut donc pas foubz le voile de nature couurir fcs for^ celeries , vanitez , & fuperftirions Payennes desldo^ latres^Â: Sorciers: comme plufieurs Sorciers, qui faii foyent anciennement croire que les Sorcelcries n'e- y ftoyentquela force des plantes , des animaux , des pierres , des minéraux, èc des corps celeftes : comme les Arabes ont voulu faire croire, pour faire eftimer leur fcience,&: faire efchapper (hs Sorciers: (Si de cédé opinion eft Auiccne, Agazel, Alpharabius, ôc Agrî|>- padenoftreaage: qui eftoic auifivne opinion, qui eue quelque temps ion cours, ainfi qu'on peut voif en Pline liuie XXV i . cha. un .que l'herbe Echiopiddl faii5t feicher les cllangs &iiuleres,5c faicouurir touj tes chofes fermées : & l'herbre Achimenide iettee aif camp des ennemis, les faid trembler de peur«&:fuii & l'herbe Laace , que les Roys de Perfè bailloyenr leurs Amba(radeurs,faifoit venir abondance de tou* tes chûfesic'eil à f^auoir ^ les lettres patentes du Ro]

dcPerfc,

DES SORCIERS. 93

r Perfc,qui faifoit trembler tons les peuples» Nous ionsme(mc ingement de ce que di6l Pline de la eruaine, que les Giecs appellent herbe facree , que s Magiciens difent guarir toutes heures, &: toutes rtes de maladies , ôc donner l'amitic de toutes pér- imes.Mais l'Autheur Pline s'en mocque,&: tous les ledccins, quionttrouucpar longues expériences iVlle ne peut rien de tout cela, non plu s que Therbc ynocephalique, qui palî'e toutes les autres, &: Ne- :nthes d'Homère, &- Therbe Moly,de laquelle Pline mocq ue à bon droiét , pas qu'il n'y air de beaux crets de nature cachez , comme trefors, & qu'on îfcouure tous les iouis, mefme en l'abftraclion tks [iinteselïèncesparlereu,& neantmoinscesvanitez je Pline recite, ne 57 trouuent point. Nons ferons ireil iugement de ce que Pline i" recite de Democri- tf^^;/^^ : qu'il y auoit certains oyfeaux, du fang defquels/ï^. /«.<:. icflé , naifloit vn dragon , lequel mange faifoit en- l'a^f/^** 'iidre )a langue des oy féaux : mais il deuoit au(îi di- Ummta, î de la langue des Veaux. Nous dirons le fcmblable Li Diamant contre les enchantemcs,Gu courail rou- e contre les charmes,da lafpe contre \çs vmbres de- loniaqueSjdu Ly ncurium contre les preftiges, ^ de "quedidtDiofcoridcliure §. cbap.ij. que la pierre lemphitiquepuluerifee, & beueauecdn vin & de fau ,rend la perfonneftupidedu tout. Nousauons idl que les prédictions diuincs , ou prophéties ne iennent ny par nature, ny par la volonté des hom- îes,ainsparinfpirarion de Dieu neucment, & fans ioyen,ou par le moyen des Anges , 6c que les predi- Irions naturelles fe font par la cognoillance dts c&u- s preallablcs aux elfcds : & les moyens naturels de iruenir à quelque chofe,, fe font par voye ordinaire ^scauièsàleurseffccSbs. Or les prcdidions hiimai- eSjiaçoit qu'elles dépendent aucunement delana-

lutc

^4 LIVRE PREMIER

turc des chofçs, tourcsFois on les peutappellcrhu- maincs,d'aiuant qu'elles ne font pas toufiours ccrtai- jics,comme la nature, n*yioufîours incerrain^fs , foie pour Tii^norancc des catiics , foie pour rimbccillitcde rcfpnr humain,& chacun en fou cftat par rcxperien- cc faidld: s prcdi(^hons , L'homme Politique voyant que les mcfchancetcz demeurent fans peine, àclcs vertus fans loyer en vne republique , prédira la ruync d*icclle : Mais d'autant que ceh ne dépend point des caufes naturelles , & que celle predidfcion ne luyell point fpecialcment déclarée de Dien,on peur Tappel- Jer humaine, 8c qui eft licite : mais il ne faut pas l'af- feurer pour certaine & indubitable : car ce fcioit en- treprendre (ur leconfdlde Dieu,qui maintiétfouucD^ vne ville contre toute la puiffance humaine , parles vœus, & prières des gens de bien, C'eftpourepioy^ Dieu promift à Abrnham , s*i' y auoirdiyperfonnej qui ne fuflent infedtees des mefchâcctcz de Sodome^, qu'il ne dcftruiroit point le pays: Mais quand tu vois que Dieu an Ciel retire coup acoup les hommes verj|j| tueux,dy hardiment, l'orage impétueux viédra bien-^ toft ruyner c'eft Empire. Et tout ainfî que le Politique à fes predidtions , aufîi les maiftres Pilotes preuoyenc ^ les orages Jes vens, les pluyes, les tempeftcs par expé- rience ordinaire, encores qu'ilzn'ayent aucune co^ gnoiffancedes mouaemensceleftes:Et les Bergers ci cas pareil perdilenc la pefte des brebis, qu'on appelle? Clauelee,voyant le foye des Heures pourry: & les La- boureurs predifent la fertilité de Tannée, au feulre-; g:îrdde la graine de mouftarde, ou des Ribez s'il»|| font fort efpais , Se autres femblables , qu'ilz ont par expérience, fans cognoiHànce des caufes naturelles, ny reuelatiô diuine: Et telles predidiôs ne font poinc illicites, fi ce neft qu'on les vouluft alîèurer comme chofe infalliblc, comme nous pouuons dire en cas

pareil

DES SOUCIER S. #5

»ntf il de la mctopofcopie'', qui iuge des pafîîons m- '^ Dtgia cricurfs de Thommc au fcul regard du vii.'ge , ^rjtrc^^^'"^^' erqiiclJes il y en a de naturelles : comme la rougeur budaine fignifie la honte, paillir foudain figi.ifie raincte,& qui ont leurs eau (es naturelles: Mais il y n a qui (ontplus humaines, que naturelles :commc t'syeuxdcHyhonxluy{ins,(]gnifitnt Icplusfouuent ruaiite : Tels les auoit Sylla Se Caton le Ceiiieur, ou >ien s'ilzlbnt marquez de gourter de fang. Ainfi dit- m des Camus , qu'ilz font choUres & impitiens : Et u contraire les grands nez font plus pi udens&: pa- ïens. C'eft iVn des epithctes que Dieu s'cft ordone à jy mefmesjparlant* a Moy fe^entre les onze proprie- *Su»,e.j^ ez il s'appelle £rachapAim,c<^^^ à dire, Giâd-nez^ ainlî [ue Tedition CompUucnfed'Erp.igne,&d*Anuers, le mot à mot interprète, &enplu(ieurslieuxdela tible, ou il s'appelle le Dieu au grand nez , que tons ?s interprètes tournent patient , & par Ton contraire (tfar 4/>/ï/wceftàdire,Court nez :lesHebrieux inter- retentiSoudain en cholere. En quoy il nous cfl: mo- :ré auflj , que la Metopolcopie naturelle nciï point llicite , & de fai6fc en tout l'Orient ilz font fort expe- tmentc z en ccl a^i eft-ce qu'il ne fau' pas en fai re loy r»faillib!e:carilletrouue des hommes fi mafqucz, c qui fçauent fi iiien counrir , & didimuler leurs na- Lirels, qu'ilz font entièrement maiftres de leurs vifa- cs,en fonequeplufieurs fe voyans trompez en ont jiiâ: le Proucrbe, Frontlnulla fuies. Cvftpourquoy [Icibiades s'éclata de rire,quand ilouytdire àZophi- îPhyfiognome, queSocrateeftoirdamercriîk^pail- .•d,^ forrcholere:EtneantmomsSocrate lecofelTa: lais il di»^ que l'amou r de fageiTe l'audit tout chagc. u(îî voyons nous que tfrlpi^rt:^ le vifiigedVnevitr- î, qui a le cœur d'vn lyon , comme eftoit Alexandre grand : £c bien iouucnt celuy qui porte vn lyoa

au front»

LIVREPREMIER

au fronr,^ vn licurc au cuenr. C'eft pourquoy la Me- lopoTcopic, &lespicdi<ftions d'iccllcs font hiimai- Xics y poutrinccrtitiideaudi, quoy qu'on attiibueà Atirtorc le liure de la Phyfiognomic , qui comprend UMctopofcopiequi n'a lien du rtylcd'Aridote. Ec par ainfî en oftant l'alleurance <k necelîicé qu'on met en la Phyfiognomic & Meropofcopie, l'vfage naturel ne pcuc eftre blafmc.Mais il n'y a propos ny apparen- ce aucune,de mettre laChiromantie , ou Chirofco- pieau rang des arts Phyfiognoniiques , attendu que les principes des maiftres,qui en ont e(cripr,(bntcon|| traires comme le feu ôc rcau,'&: qui plus eft,les linea- inents changent pour la plufpart ,& nefont iamai iemblables en enfancejaagcfloriilarkte, &:en vieille( fè. Quand aux autres prediCuions populaires ielail ^ d'en parler parce qu'elles ne méritent qu'on en face mifc, ny rccepte, comme d'ouyr chanter les rancjj trop fort,{îgnine pl'uye:&: que le Plongeon ietteeiF' l'eau, & que les grues (e recirent des eaux, & autres fcmblables infinies, qui font humaines, & dépendent àuiîl en partie des caufcs naturelles. Il y a d'autres predi6tions humaines, & toutesfois illicites.-d'autanc qu'elles attirent après loy vne lupedticieufe créance, 6: cfaincle des cho Tes vaincs par côfequent vne défi- ance de Dieu. Car il faut tenir pour maxime indubi- table,queceluy qui craint, ouqui croit les predidlios fuperftîtieufes, a toufiours défiance de la puilîance de Dlea, comme anciennement celuy, qui en fortant de iHaifon chopoit du pied contre Telrueil , tiroit vti prcfage de malheur corne ils difét , qu'd aduint a Brtijj tus le iour qu'il tua Cefar: ou fi l'anneau tombe5quad le marv le met au doigt de fa fiancée. Et en casfem- blâble les anciens auoient vne conieârure , qu'ils ap- pelîoient Palmirum ÂdguYium, quand vn membre tref- failioir, chofe qui e(l naturelle, & qui a fes eau fes na-

turellcî

î>fiS SORCIERS. 9f

turcllcsauecfoy. Et ordinairement le malheur aduicc ii ccliiy qui croit telles choies, parvne iuftc vcgeartcc de Dicu,& iamaisàccluY<juib*c mocque.C'ctlpoiir- quoy Ccefar ne fill iamais conte de telles vanitez , Ôc tout îuy fucceda cotre les prcrdgesdcsDeuins,&: raci- mes en descendant du nauirc en Afrique il tomba, Ôc alors il di(5l, le re tics Afrique. Ces béguins auguraux difoyent que cVftoif vn mauuais preîagc , & neant- moins il rapporta trois belles vicVoirt s 6c dcfeift tout fcs ennemis peu de iours après : Et fi ne voulut onc- cjuess'cncjaerirderiflucde la bataille de Pharfàlic, ou il emporta la vidloirc contre Pôpee,qui auoit trois fois plus de forces, lequel employa tous les Deuins & MagiCienSjdeuantqucde batailler. Tay remarque pluficurs Princes , qui tous ont efté ruinez, ayant de-» mâdccoleilauxDcuins. AriouiftusRoy des Alemâ;, ayant 4. cens mil h6mcs,<Sc Ce gouuernanr par les Sor- ciers du iour de la bataille , qu'elles empefchoycteftre donédeuant Li nouuclleLune:Cae(àrIcs fçachât, co- rne il e(cript,(budain Iuy doua la batailîe,& vcinquit. Mais (ans aller plus loing nous auôs l'excple d*vn qui voulut fçauoirl'iflùc de la bataille de Pauie, pai le moyc d'vn Sorcier, q^^i Iuy fift voirl'oft des ennemis, & la refpôce fut femblable aux anciës Oracles, & Til- fue ludueufe ï toute la Frâce. Mais nous dirôs par cy âpres de ce point icy ï part,nous auos encores vn au- tre exemple du Roy de Suéde , fk les lettres enuoyces aux Princes d'Aicmagne Tan ijéj.quiportoyétque leRoyHérydeSucdeauoit4.Sorciers,quifevitoiertt d'empcfcherles vidoiresdu Roy de Dannemarch^ mais on en print vne,qui ne peut empefcherle bour- reau de la bruflertoute vifuc,& leRoy 4.ans après fut pris par fes fuiets, 8c priué de fon ellat^ & ietté en vne xifon,ou il cft encores. Voy la doc quâdauxpredi(5li- mshamAineSjdiroasmaiacenârdes moycs illicites.

G D £ S

^t tIVRÊ PREMIER

DES MOYENS ILLICITES

fourp^ruem à quelque cbofe.

C H A p. VI.

NO V S auons didl: que le Sorcier eifl ccluy , qui par moycnsDiaboliques & illicites, fcieniment «'efforce de païucnir à quelque chofe : il faut donc fçauoir qui font les moyens illicites. Nous auons môftrc les moyens de paruenir à ce que nous préten- dons par Tayde de Dieu fi c'cft chofc licjte,ou par les moyés que Dieu nous môftre en fcs créatures , & par la fuite descaufes naturelles, & descffedts enchefntz les vns auec les autres^ou par la volôr c de l'home qui èft libre.Or quand les homes veulent paruenir II quel- que chofc licite, & que la nature leur maque, la puif- ' fancc humaine n*y peut rien : &c qu'i Iz ne s'adrefl'eht ppint à Dieu qu i peu r rout:ou bic qu'ilz s'y adrefîcnt, nVaisden:ïauuaife façon pour le tenter : ou bieuquc c'cft de bon cœur : Mais Tayanr delaiiTé en profperitcf, ilzfontdelailfezen temps d'à fflidVion : comme il eft didlcnHieremie:SiMQyfc, & Samuel mcprioyenc pour vous à ctde heure,ie ne les efcouterois pas . Ilr eftoyent mor^splufiêurs fiecles auparauant:6iauoiét decouftumetant qu'ilz viuoyentcncemonded'ap* paifer Tirede Dieu parleurs prières. Ejc en autre lieu v^'^''f'ildià au Prophète, Ne prie point pour ce peupletcn bien, car ny pour leurs ieunes , ny poiir leurs prières ^ facrifices,ie ne les efcouteray point,tfîais ie les con- fommêray de pcftc ôc de famine . Or ilz debuoyent jieantmôins rompre le ciel de pricrcs,&: continuer cli la fiancede Dieu, qui menace fort , & neantmoinsîl s'appâife foudain , comme àid: lônas, auquel Dieit auoir promis ra{èr la ville de Babylonç dedàs quaran- te jours, le peuple ayant faid grande pénitence , orës ^u'ii ddocâft les créatures , comele Soleil & la Lune,

I

D h b 5 U K l^ 1 E K 5. 9$

& qu'il fud fondu en rourcs fortes d'Mdlatries Se Sot- celeries, fi cft-cc que Dieu fe repentit auQi : Alors lo-, nas fafche fai{*oic (a plainte à Dicut^Nj fçauois-ie pas,f /o«^ clid-il,qtic tu es le Di^u le plos doux, Ôc le plus mifè*'"*'^-^' ricordieuXjîic pitoyable, qu'il eft poJÎîble, <îi: que fou-» dain tu ce reprend de la vengwance que tu as deliber4 defiirc» Or celuy qui eft impatient le dc(èfpcre, (Se appelle le Diable à ion ayde; Comme oU void le Roy Saul,apresauoirdemandeconfeiUDicU,qu*ellei{rue il aiiroit contre Tes ennemis, & aux Prophètes, &,aux iPontifes,& qu'il n'auoit aucune refponce de la batail- le,il s'âdrefla à vue Sorcière, pou r fçauoir TiiTue de fcs afFiires.Les autres pour trouucrdes trefbrs -.qui pour guérir de fa maladie: qui pour iouir de fes plaiiirs , les vus pourparueniraux honneurs &dignitez, les au- tres pour (çauoir les chofcs futures ou abfentes,&: les plus mefchans pour fe vager de leurs ennemis appel- lent aulîî le Diable, qui ne refpôJ pa$ tou'lours quâd on l'appelle, ôc fe fiicè prier bien fouuenr^ encores qu'il foitprefent , & près de celuy qui le cerche , 6c celuy qui ne le cerche pas, comme nous dirons en ibn heu. Or ceu-h font les plus deteftables Sorciers, qui renoncent à Dieu, &s'adre(renrau Diable,&:luy lurent prefter toute obeilfance , feruice, fuieétion, Sc adoration, par conuention exprellè. Mais il y en à qui ont horreur de s*adreiîerà$atanpour(çauoirceque ilz demandent, toutefois ilznefont point difficulté des'adre(Tèrâux Sorciers, fans adîrter à leurs facrifice» qui n'cft sueres moins offenfèr Dieu* , ques adrefler *^'**' *0* au Dnble melme: comme 11 yen a aa cas pareil, c^iii osut.ii» pe voudroienrpas s'adrelïèr à Satan pour auoir gui-, çifon d'vne maladie , mais iU ne font pas cofciéce de î*adre(rer aux Sorciers, qui priant le Diable enleuc prefence,pourleur donner guarifon : comme il aJ- iiitu n'a pas long téps en Vau , qui eft vn faux-bourg

G i' delà

j^iYivr. r K r. tvi V IL i^

«lcIavilledcLaon,ou il y eut vue Sorcière qui o(!a te fortàvne piuuic femme en cxcrcmiccf de malaùie: laquelle Sorcière fe niift à genoux^iJc puis la face con- tre cerre, priant tout haut , Ôc appcllanc le Diable plu- lieursfois, pour donner giiarifon ^ U femme, puis après elle dit quelques parolles,^ bailla vn mourceau depiin àmàgerà)afcmme,quifutgu;irie. Qui n*c(l p.isrtîoins quc Ci l.x femme malade euft elle mefme prie Satan pour auoir guarifon : &vaudroit mieux mourirdc la plus cruelle mort qu'on pounoit imagi* ner,qucdeguarir en ceftc forte. Il y en a d'autres qui ne veulct auoir aucune accoinrâce au Diable, ny aux Sorciers, mais ilzvfcnt des moyens Diaboliques exe^ cutez par les Sorciers à l'ayde du Diable, lequel affiftc toufiours ceux qui vfenr de tels moyens, &condui(Sk leurs deffeings. Or cela sMppelle traéler conueniioti tacite auec Satan, fuy uant la définition de faind Au- guftin,pourladifferéce qu'il y adclaconuention.'^x- preiîc 4 Et non feulement fain<5t Auguftin, ains auflî Thomas d'Aquin, Si Durand, ^gidius Romanus, & les autres Théologiens d'vd commun coafentement difcnt,qu'il y a deux paéVios qu'on faict auec le Dh^ ble:l'vneexpre[îè , qui font les Nécromanciens, de autres Sorciers qui l*adorenr:l*autre tacite , ou impli- cite qui cfl en toute forte d'idolâtrie, &obferuation fuperftitieiife , fciemmcn:, ôc (ans cau(e naturelle: Voyla leur définition . Viayeftqueccliiy quipenle bien faire de prendre le vol des oi(êaux pourfçauoir fi fon voyage fera heureux, cÔme les anciés le fai(bycC par forme de religio,nc Çq peut appellerSorcicr,&: n*a conn-^nrion oprellè n'y tacite auec Satan , cncores ' qu'il foît idolâtre , & n'oflPence pas tant que celuy qui le fai(5t par curiofitc, ne fçachant pas qu'il foit défen- du de Dieu, {k celîiy qui le fai(5l parcuriofitc ôc igno- (ance^n oiFcucepas tant (][ue ccluy qui lefaiû f^achic

bictt

r> E s s O R C I E R 1 tOf

bîen qu'il eft dcfendu oai la loy de Dieu. C'cftpour- [juoy iio'.is auons mis le mot. Sciemment, en la défi» nition du Sorcier. Mais celay eft coulnablc, qui fçaic la dt fence de la loy de Dieu, ik loutesfois pav mefpti j {i'iccle s adonne à telles chofes ,doit eftre puny comr me Soicier , & non pas loutcsfois C\ ngonreuft ment que hs Sorciers qui ont conucntion exprefle tucc Satan. Ec àfind cldarcir lemot de Soicicrc'ellct» bons termes celuy qui vlcdefort, & agcttccnSort en adlions illicites . Carily alclortapprouueparlaKXîiç*» loy de Dieu, & le (brt approuuc parlcsIoixPoliti-^**^**^ qucs . Nous voyons que lofué ietca au fort fur toute l'ai mce du peuple d*I (rael,pour fçauoirqui auoit pi is du pillage dcfendu en lavilledeHierico,&parmc(^ me moyen Samuel ietraauSort quâd ilfutqueftioii d*;iuoir vn Roy ,difant ces mots : Seigneur Dieu donc lefjrt,quieftoit lacouftumedesancics, pourchalîcc toute puifrancc& fort Diabolique: Et alots le (brc tomba fur la lignée de Benjamin, qui eftoit la dernie- ie,3^ puis on iett a le fort fur les chefs de la famille , ÔC le fort tombafurla maifondc Gis, puisonicttalc fort fur tous les domeftiques de Cis , &: le fort tomba fur Saul , que Dieu auoit auparauant déclaré Roy fur lepeuple,àfinqu'unnepenfaft, quclcsfceptres, 5c couronnes foyent données fortuitement . Et depuis Saul ietta le fort fur toute larmce , pour (çauon* , qui auoit rompu le ieufne, & le fort tomba fuclonithan, qui feul auoit mâgé du miel cotre la defencc du Roy. Nous voyons auflî au Leuitjque* , que le fort efi: ieC-tiad/.r4i^ lur deux boucs, rvnpourfacrificcà Dieu «l'autre yout Zazel, LesLXxi i. Interprètes uc voulant pas defc ■) uurir ce fecret aux Paycns , ont tourne le mot Zazel «T«;r»|tc7r2<oj» c eft à dire , emijftrum,pAr ce qu on Fenuoyoit au defert, Ôc ne fe trouuoitiamaisplus^ Amli Yoid oh aux Aûqs dQs Apoftres le foie auoit

G 5 (ifté

102 L rV R E P R E M I E R

eftc iettc entre Mathi^s, d< Barnabas. Cela cHoît cou-

ftumicr eture tous les Paycns. Er mefmes s'il y auoie

tempefle (ur mer, qui fuft grande, on icttoit le Ibrt

fur tous ceux , <qui efloycnt au nauirc , & celuy tftoit

taifi&r iettc en lamcr, rurquitoiTjboitlcrortjComme

f 7»«4.cj.ifut lonast . AuflTi cil le fort fréquent, & ordinaire,

J^;'J'/^"^quand il faut partager + & lotir les fucceflaons, ôc

dic.jji.jî Choies communes, & permis par les loix de tous les

^""^'^'jj'peupleSj&iqiu (ont fort nccefîaires , pour euiteraux

ffiHde irg, débats *^ contentions qui ne prendroyent iamais fin,

%T&^a. Ainlifaifoyent les Romains* , qui tiroyenrau fort les

ht^tf,&c,lngçs es c^ufes publiques , & les Magiftrats Romains

^j^^'J^j;/^;ietioyent les charges & prouinces au fort, U auire-

dejortiieg. meut ilz uc fe ponifoyent accorder, ce que les Latins

f^ruaulT. tlifoy ent , Sortni aut comparare ïnîer Ce prouïmias. L'oc-

p^' cafion de la guerre cruelle entre Maiius&Syllafuc

pnfedece quelefbrtde faire la guerre à Mithridatè

tomba à Sylla, & Marins fift prefentcr requcfte aU

peuple pour luyofler. Ainfi void on que le fort dit

{ôy cft licite, pourueu que la chofe le merite^S^ qu'oit

die ces mots portez par la fainde e(cripture,Seigneut

Dieu donne le {brt5& no pas appt lier Mercure , poulr

'fbigneurdu fort,comme faifoient les Grecs,qui mer*

toyent premièrement dedans le vaifleau vne fueillc

d'oliue qu'ils appelloyent Herme , c^eft à dire Mercu*.

re:Et après ils ic ttoyent les forts, &c tiroyent tout pren' cinierla fueille d'oliue» Et pour corriger cePaganifmt,

' les Chreftiens.faifànt vnRoy au fort,tirenf première- rncnt potîr Dieu. Encoresn'eft-ce pas artezd'appeller wDieu au (brr qu*on ieite , mais il n'en faut vier finon /en chofe neccfîaire, comme celles que nous auons . did: : autrement quivoudroit en chofes légères , ou .' par curiofité^ou bien mefmeen chofe d'e{lat,{çauoir - s'il faut entreprendre la guerre , ou autre chofe de cô* fccjuence^il pe faut pas ictter au fou;car fe fcroit ten- ter Dieu

t

D E 5 5 O R C I E R s. To|

ter Dieu,ce qui eft bien exprdïèment défendu. Mais en ce cas, Dauid &:lcs fainéts perfonnages deman- doyét confeil à Dieu , & lors il faifoit (cauoir fa volo- tcpirlcs PiOphetcs, ou par le Pontife, quiporcoit TEphodjOU Pectoral, duquel nousauôs parlé cy de{^ fus:ou b:cn Dieu reueloit«nfongeouvifion, àceluy mefiuequi demandoit aduis : Et généralement er^ toutes chofcs de confcquence les fainéls perfonnagç* demandoyent con(eil à Dieu , lequel encoresqu'jl ne fift refponce quelquesfois , (i eft-ce qu'il conduifoic lafEiirc à bonne fin, fi la chofe eftoit bone, Se le cœur dfoifl,qui dcmandoir cofeil.Et d'autant qu'il aduinc Hofucdctrai^ter la paix auec les Gabaonites fans auoir demande confeil à Dieu, il futdeccu par eux, parceque,diâ:refcripture,ilz n'auoyent pas deman- dé confeil à Dieu. A plus forte raifon doit on rcprou^ ucr les forts Diaboliques*, c'eftkdite, ou les noms* >t>)jg«- des Dieux cftranges font appeliez : comme cftoyent/^**'"^"*» anciennement les forts d'Eliens,Lyciens, Pr^neftins **^'^/'^^ Antiatins, qu'il n'cfticy befoingd'eftredeclarez.ains^gi^'"' plijftoft enf^uelis. Auiîi eft le fort illicite de ictter aux dets & ollèlcts , qu*on appelle Aftragalomaïuic, fi on doit faire quelque chofe ou non , iaçoit qucley. anciens en vfoyenifouuent,&fefaiâ;cncoresà pre- fçnt, comme Csefar efcript que les Aleraans icttercnt trois fois au fort, pourfçauoir s'ilz feroyent mourir Marc Valere fpn Ambaifadeur , & par lemoyendit fort il rechapa : & (croit bien neceffaire que tous ieu!C de forr, ou de hazard fulTcnt bânisauflTj bic en cfFccfl", comme ilz font défendus par la loyMartia, & autres «anciennes loix.Encaspareil toute manière de fottjdc laquelle on vfe pour fçawoir quelque chofc autre- ment qu'il a eftc did, eft illicite &: Diabolique, com- me eftoyent anciennement les forts Homériques , 8c Virgilianes, ôc i'ouuerture d'Homère, ou de Virgile

G 4 aupce»

au premier vers: Auflfî quand on ioiicàrouucrtnre de l'Euangile, comme on Faifoit aiiciennemcnr après auoirlaiUclesforrsde Virgile, & d'Homcrc, & les appelioir dn , fortes Apojtolorumy reprouuees par fiin(fl Augudinaux Epilhes ad Unuarïum: Etceluy àprefenrvliie, qu'on appelle DWfC4f//yow , & le ieii âc$ Bergers pour fçauoir les aduenturcs, qui font toutes façons Diaboliques &mefchantes.Nous mec- fyiA^aVttonsauili entre Jes forts illicites, la"*" Geomantie, *""*• qui eftccllc, qui eft la plus vfKce,«S^ par liurcs publiée ^ imprimée, qui eft vn autre art Diabolique , & fon* neantmoins fur le hazai t & let fortuit de celuy qui' marque les poinéts, defquelz les quinze figures re- fulcent. Nous ferons mefmeiugemcnt de laTephra^ tT«<pç<«- mantie^'fqui fe faifoit en cendre,commc laGeoman- (tMiruic. tie premièrement fe faifoit en terre, &toutesfoisdi* uerfe,& inufirée , &que ie ncdcçlareray point, à fin qu'elle foit auffi enfeuelie, aufsi bicn,quc la Botono* _ ^ mande*& Sycomantie qui font encorcs plus ineptes,

Muvrua. ^ ndicules , quidcpendoit du gct des hieiiles agitccs «•;xp^<*y-du vent la nui6t , ik félon qu'elles rencôtroyent oit TiK*. faifoit le ingénient : Qui elt differenrede celle, de la- if-ut>,g, quelle parlant Virgile^, & Tite-Liue*, quand les •^TjMd. preftrcs cfcriuoyent furquelques fueilles difpofees lur des coiIsins,pourceux qui alloyct cerchans la ve* rite; après auoir idolâtré , carcellc-cy eftoit toujours conionâ:eauecridolatric exprefîe, les autres non. •«M^V En^j-c lefquelles font aufsî TOnomantie* &Arith- uIIUm '"^^'^ï ^^^ ^^ tiroir par les norhbies portez par les let- tres du nom dVn chacun ,& difpoiezen l'ordre des nombres,fclon ce qu*ilz pouuoycnt (îgnifier : Et cel- le cy n'eftoit vfîtée qu'entre les Latins : Et neât moins la table des nombres qui s'en trouuc^nc fe raportc aucunement àla.valeuf des lettres Latines fîgnifica- tmé&iics noxubies.Car la lettre M » ^ui (ignifie mille» ; ^ * ne vaut

fMViUpt.

DE5 3URt.ltR5. 105

icVaut U que lxxv 1 1 i. 6^0, qui vautccnt,ne autlaqucdx: ôc neantmoins ceux qui en font cas nterpretenrparccskitrcs ainfi nombrccs les nom- bres attribuez à la beftc en rApocalypfct Quant aux^,^^^^^ nagramarifmts acs Ictrrcsdu nom Ôc furnom tranf-/»"/ 6 6é, ►orccs,cVfl: aufTi chofe ridicule, attendu que la tranf-*^ "^" >ofitic)ii emporte figmfications du tout contraires, .e premier autheureft Lycophron de Chaicide , qui ft entre les (bits illicices,(î on y adioufte foy, encorcs [ue cela ne dépende pas du fort. Mais il y a vne autre a^on de fbrt duquel les anciens vlbyent , ôc Tappel- , Dyenr Al(drvomantie,prcnant lccoq,qu-ilzdi{oyct!^^*y^^^^^ ftre roy(ean du Soleil, Dieu des diuinations. De la- [UcUe vfa Iamblique,pour fçauoir^qui feroit Empe- cur,3prcs Valens, & le trouua que le coq auoit dcfî- ;nc quatre lettres ^««^i dequoy eftantaduerty TEm* ercur , fit mourir plus de cent Sorciers , &: lambli- iUcs*empoiionna des premières, & fît audi mourir DUS les gens de marque, quis'appelloyentTheodo- c,Theodotc,Thcodule, & autres (cmblablcs . Voy i corne le Diable paye lès feruiteurs, La façon,ie ne i declarcray point, (î<«: fcroit beioing que les autheuïs [el'hiftoircreutlènt oubliée, car cela cil tout plein i*impiete& défendu exprelTement de la loy de Dieu, >u i 1 ell d id , non ïtiuenUtur in teffftilegus , aui efi ab^ ominatio Deo tuo . Il vfc du mot, Manahes, qui vient lu veibe''Mrf«^^ , qui fignifie Nombrer ou faire cara-^^-W^H**'.

ieres , par ce que tous les fortileges (5c manières de ^"^5^'^7*> brts, qui font infinies , dépendant des ca raderes, & h mettre lu nombre , prenant pour le nom vniuetfel de telles ^{^"^^^^ riencesjcequieft leplus vfîtc . Autrement le vray adtreia ^ not de fort en Hebrieu digoral^fary foies, qui ne font {"^^^',71'* )oint portez par la defence de la loy, pour les caufes, lâgue^ra^ jue nous auons dides cy deJus . Et hiû bien à noter ^,f ^/^ epaffage*. qui comprend les fortes de diif-nation/^^-^»'"'

IV JL. iSL l U M\.

defcndiies,qni porte prcmiciemcnt de faire paiîerlcs cnfanspailefeu , chofeque le Rabin Maymondid: encores cftrc obfèruce en i€gyprc par forme de pur- gation,fans bruflcr fès enfans^comme didl le mefme Rabin : ce qui neantmoins fut h:€t par faci ificcs de- teftablcs foubs le Roy Manalic , <3c du temps du Roy Hircanus:vnRoy desldumeensailiegé immola foa fils furlamurailledeuant fes en ncmySjleftjucls avant horreur d'vn tel facrifice, fe retirèrent , comme nous lifons en lofephe.Le fécond qui c(l défendu par la loy de Dieu , cftce qu'elle appelle dtuin, quofem, quitft vn mot gênerai, qui fignificenfeigner , comme il fc prend en Michee chapit. 5 . ou il di6l que les iuges iu,. gent pour argent, ô^lesPreftresenfeignent pour ar- gent. 1 1 v(è du verbe kafam , & fe prend quelquesfois pourvne bonne diuination^ comme aux Prouerbes chap. 1 6. mais ordinairement il s'entend en mauuaife partie,& lignifie toutes fortes de diuinations illicites, comme au i8.du D£Uteronome,& 23. des Nombres, & au 1 5 .d'Ezechiel,5c enSamuel i j-.oii ce mot com- prend tous les autres, lefquels ilfpecifie: à fçauoir tnegonïm, qui fîgnifie celuy qui refpond quand on cft endoubte des chofes qu'ils veulent entrepren- dre du verbe ^^4/? qui fignifie refpond re,que les în* terpretes ont appelle AuguriNos François ayant ap-. pris des luifsce mot Hebrieu , appellent les Sorciers, Charmeurs , Maiftre-gonim , atî lieu de Megonim, , Le troiHefofie eft celuy que Li loy ^ippcWc m^^jaehes,. qui (Ignifie propremeut, Calculateur,duquel nous auons parlé, que les Rabins appellent Sortilège , qui, procède par fort & nombres. Le quatriefme eft w^». cafepfy^ c*eft à dire,Preftigiateur , du verbe cajfaph, qui fignifîefafciner les yeux des perfbnnes , quifefaiâ^ par le moyen des malins efprits, foubs lequel fons aufficomprislesEiichaateurs, qui s'appellent au (îl

malehefm.

D E s s O R C î E R s. 107

tnakhefim,6\\vei'helahas, qui (ignifieMarmotcr, & fafurrer, &*que les lxxiï. Interprètes ont tourne i25^«o<^ovç,c'cft a dire enchanteurs , quelcsEfpagnoIs appellent Hechtezeros.queAviihoinc de Turque Medc au 3.iiurederonlardindeHniftceux, qui tacmente in^ pocan Denionios , mefcolando laMagia natural con lo del r)#w(?mo,ccftàdJre,qui tacitement muoquent les Dcmons,& mclîentla Magie natureUeaueccelleda Diable. Le cinquic fme eft celuy,qu*il appelle chubef c'cft dire, rAfTocic, qui (lénifie TaiTociation, qui (c faiâresdanfes & aflèmbleesdes Sorciers, du verbe îechabor qui (îgnifie s*aflbcier: ceft celuy que nous appelions proprement Sorcier: TETpagnol les appel- le BruxoSyVMeman Zauberer. La (îxiefmeelpece s*ap- pdlcfchoelobycciï àdirejinterrogeantlesefprits: du mot ob, qui (îgnifievnbariljOuvaifTeau creux. Cat les oracles des malins efprits fe prenoient du creux delà terre entr'ouucrte 5 dont le mot , Oraculum,tÇi venu, qui eft vn trou, ab oreparuo terrdt hiantU , que les Latins appellent Or^ï^wto. La feptiefme eft Jedehoni , du verbe i4^/?, qui fignifie fçauoir, tourainfîquele mot^«'/''-A"'fignifie, Sçauant, comme dicl Euftathius fur Homère, <2//^jî ^uif^Mv, les Interprètes ont tourné Magus , qui (îgnifie en langue Perfique, Sage& (ça- uant. Mws les Hebrieux au liure qu'ils intitulent les fixcens & treize mandemcnsdelaloyde Dieu,di- fent qu en ceft endroiâ:r^^/;o«^fignifie celuy qui in- terroge leDiable caché dedans les os de la befte,qu*il$ appellent ïadoha-y q^ii tucdu regard , & la faut tirer de loin§ à coups de flèches. Cefte beftc eft appelle ^ToèAtTrof en Athena?us, qui recire qu'elle eft de la grandeur dVn vea{i,qui paift toujours, & ncpeut le- uer les yeux qaàgrandc difficulté, & alors elle fiiét mourirceux qu'elle regarde, MariusConful faifanc la guerre enNumidie, ayant perduplufieursfoldats

<^ui

I0> IvlVIVE. riviiiviix:,iv

€][}{ vouîoycnt en prendre vnc , en fin la fcift tirer da loing, &cnuoya la peau en Rome, qui fut mile au temple de Hercules,comme didt AtliCMcXUS . le Tay remarque fur mes commentaires du Poète Oppiatix auliiiredeiaChalîc. L'huidiefme cft celuyquiin* terroge les morts , dores elhamethtm. C'eft le Necro«^ mantic,puis après il cft di(5t,queDicu abhommc tout cela. En l'Exode les Sorciers de Pharaô font appelle» ^uofeuiiirfu qui cft vn mot Hcbrieu , & tantoft Chdrtu* vitm^qui eft vn mot i€gyptié , que pluHeurs ont rojr- J1C Generhliaques : Mais les effc6ks des Sorciers d'i€- gypte ne refpondent aucunement k TAlbologie , n'y aux Aftrologues , qui ne fçauroyent changer les ver- ges en ferpenSjU'y formerdcs grenouilles. Nous auos dicftdes fortileges, qui fe font par fort, nousdjrôs paiç cy après des autres. Mais il faut auffi noter que le moî i de Sorcier n'eft pas proprement diàï de ceux qui letî ^ cent au fortpourfçauoirfibienoum^l leur aduien- dra, (combien que c*eft vne efpece de Sorcelerieyains principalement pour ceux & celles qui iettcnt es paf. fages,ou enfouyent foubs l'eiTueil des eftables certain nés poudres maléfiques» pour faire mourir ceux qui paieront pardeifus . C'eft pourquoy le fort tombç ibuuent fur les amis des Sorciers , ou bien aufquelji ils ne veulent point de mal , comme nou^dirons en fon lieu. Pourfuyuons maintenant les autres arts, & moyens illicites,& défendus par la Loy de Dieu,pûur paruenir àce qu'on prctrend.

DEL À T"È R A T O S C O P 1 E,

aurufpic'me, Orneomanne, Hier ofco fie,

& Autres femhUhîes. j

Ch A P. VIL ^^•toT- 'nr'EiiATOscoPi E cftrart qui contemple Icj »6zrm, X miracles,& d'iceux cecche les caafcs, cffeds , Se

(ignifi-

D E s s O R C I E R s. 109

ignifîcatlons.Otncomaniic, qui regarde les menue- o^vufUf nens des oylcaux , pouil\auoii les chofes futures. ]^^'^*^^^^^ -fieiolcopic cft la confideration des Hofties 5c facri- n.u,àtx ices,pour Içauoir la veiitc des chofes futures . L*A- '*'"^'^ ^ ulpicine eft plus générale , car elle comprend aiifli la onfîJcration de l'air^des foudres,tonncrres,c(clairs, nonrtrcs , <5<: généralement toute la fcience Augura- ^,qu'il ne faut pasdu tout blafm€r,ains il faut diftin- juerlcbieji du mal. Car quand aux monftres & fi- ;nes,quiprouicnnent outre Tordrede nature, on ne ►eut nyer qu'ils n'emportent quelque fîgnificatiô de 'ircde Dieu&r aduertifTement^qu'il donne aux hom- nes pour faire penitencejÂ: feconucrtiràUîy , &ne "uyu repas lopinio pernicieufe d'Ariftote , qui a fou- lenu que rien nechan^e, rien ne varie en la nature, 5c que les monftres n'aduiennent que pour le défaut le la matière , qui feroit ofter tous les ou ures & mei* jeillesdeDieu^quifbnraducnuSj&aduiennentcon^ :re le cours de nature. Combien qu'Ariftotc contrai- re à foy-mcfmes , a faid: vng liure ttî^I ^ciVftecTiajt thitc-fA<Lr*)i, c*cft à dire des miracles, &confefïè que [ateire dcibt eftie entièrement couucrre des eaux, rommepluspefante , & qu'elle eil demeurée en par- :ie dclcouucrte pour la yie des beftcs teneftres,&: vo- lailles. Laquelle confelîlonferr de tcfmoignage con- tre luy-melmes,p(n< la gloire de DieU5& qui fftfou- iient it père en la faindle Eicriprure, quand il ell à\^ pour vn miracle, que Dieu à fonde la terre fur les eaux, lur l'-lquelles elle nage , comme il a cfté venfîc de rifle de Los,<?c de pludeurs autres: car côbicn qu'il ù: îrouuede la lerrt an fonds de la mer, fi eft cequ'tn |U plus haute merjes Pilotes ne rrouuêt plus de rené, iquant ilzieirct lep!omb:auisi voidon lamerefieuec Icômt vnc monraigneau bord de la mer: 5c que Dieu ilic par viicpuifTancc cfmerueillable,^ poic bernes

aux eaux, qui ne padèrontpoinc outre. Quant auii Cometes,qui font & ont toufioursefté fignes de l'ire deDicu parvncexperïencedecoucerantic|uicc, Ari- ftotcnepcutnyer que ce ne (oit chofeotjrrc le cours ordinaire de narure:&les raifons par luy alléguées d: la création desCometes,lâces à feu, & dragôs de feu, font rrouuecsfiiuoles , & ridicules à routes les (cdtes ,des Philofophes, comme il eft tou t certain que la Qo^ mete ordinairement ne dure moins deij.iours, ny gucres plus de deux mois, les vncs grandes, les autres petites. Les vnes vont lecours du premier mobile cô- lîie laderniere,qui aduint,au mois deNoucbre i J77» les autres du Midy en Septentrion , comme celle qui apparat l'an i J5^. les a u très d e meurent fi xes^ corn me celle qui apparut en Nouembre 1573. Mais parquel* le nourriture ce ^râd «Scefpouuétable feu eft-il naur- ry?& pourquoy les peftes,ou famines,ou guerres s'en : .enfuyuent? Anftotenarien veu en tout cela. Audi font CigtiQi de Dieu , 6i faut que chacun confelTe fon ignorance, en donnant louange à Dieu ,pluftoll:qiic par vnc arrogance capitale luy voler cefl: honneur,en reccrchantla nourriture dVnfi grand feu,3cri du ra* blc e's fumées & vapeurs en la puiitc de la regio «rhe^ ree.Ioint auiîî que les vapeurs & 6imees,ne mâquent point tous les ans , tous les mois, tous les iours, ôc les impre(Tîons de foi en la région aecheree nefevoyeni pas qaelquesfois en dix ans vnc feule fois, comme il a elle remarqué des anciens. Et fans parler des chofês miraculeufes,&qu'on void aduenir outre le cours de nature , l'ig lorance cognoill; es chofes ordinaires, qu on void en tout teps,v?c qui nous font incogneuës^ xomme la granieurdes eftoillcs, la moindre defqucU les(outre la Lune &Mcrcure) eft dix fois plus grande que la terre:& fans monter (1 haut , la plus noble par- tic des œuurcs de Dicu,qui font en l'horame , a eft<( 1

^dcnâicurc

i^CJ o^^R^^iJtrva. ii.|

Bc demeure ignorée des hommes. Comment donc pourroir-oh lugcr des œuurcs Se miracles de Dieti rxtraordinaires ^ Au parauant que l'armce de Xerxes dcdîxhuift cens mil hommes, comme nous liCons [fshiftoires * palfaft eu Europe, il apparuftvneCo-*^"'"^''* metc notable, &vne aurrc au parauant la guerre Pclo.^onefiaqueL Vnc autre deuant la defaiâe des f^theniens en Sicile: Vnc autre deuant la dcfaidledés Lactdemoniens par les T ht bains : ôc deuant la guer- re ciuile de Cefir Ôc Pompée , les flammes de feu ap- parurent au Ciel, Câpres le meurtedeCerar, Ôcdc- lant lemalîacredesbannispar Augufte& MarcAn- oine , il apparut vnc grande Comète , qui depuis fut >râuce& monnoyee enThounturdeCefar. Et de- lant la prife deHierufalem il apparut vne flamme de eu fur le tem.ple vn an entier,comme didt loTephcIl "autdoncconfefîèr qucce n'cftpascholè naturelle, jy ordinaire , que les miracles qui aduicnnent outre e cours de nature, & qu'ils nous iignifient Tire de ;)ieu, laquelle on peur preuenir par prières &peni-. ence. Ainfî pjut on iiiger4csmonih'es eftranges, }ui aduienncnt contre loidre de nature. Car dédire juec'eftpourlevicedelamatitre , il faudroit con- efler que les principes &fondemens, entre lefquels 'ft la matiere,fur lelquels Arifl:ote a fonde le monde, oient vicieux & ruineux : <!^ parconfequentil fâU- ' Iroitauiïî confdïcrque le monde menace ruine, qui ft bien loin de reternité par luy ruppofec. Il faut lonc confefler , que ctla nous ell: clos dr couuert , de \ui\ n y a que Dieu qui en dilpofe a difcrecio.C'cft tourquoy on voit changer les (aifonSjle bcftiai mou- ir,les famines furuenir,pIcunoirdu fang, des pierres !c autres chofes eftrangcs. Demeurant neantmoins e cours desAftresen leur citât: mais Dieu retire fa lencdidion tantoftde la tcne, tamoll des eaux , tan-

toil du

AV «« m. X^ X^ 1T& & J_. AN

toft du beftial»<5«: cnuoyc la faminc,la pe(lc,&: la gucN rc fur les hommes . Or laprcdi^bion dételles cholci voyât les mi racles, ne (1 point illiCitc ^ pourucu qu'on rattribue à Dicu,& non p »s aux Idoles , comme fai- foyciit^ font encorcs les Paycns.Les ArhcnicaSjdiCè «/» Fmrt' PluMrquc'\ biufloycnt anciennement tousvifs-com- mc hérétiques , ceux quidifoycnt que reclypfe (cfai- fbicparinterpofîtions de Tombie du corps delà ter- rc,ou du corps de la Lune, &c appelloycnt telles gçns fcinejçeXicrxî^ç, cc(ï à dit ' , trop ciirieux des cho(es hautes,^»: lecrers des Dieux. Et mefmes les Romains tP/«Mr- tja nui£l preccdctc la défaite du Roy P^rfeus , voyant ^/£;mii«, 1 eclypte , frappoycnr des armes & mohons , pour rai- ^DmO* ^^ ^^^^^ ^* clarté de la Lune. Er les Indois plenrv ient, penfantque le Soleil leur Dieu, cur frappé la Lu- ne à fimg . Telles Tuperditions ont prcfquc pris fin par tou tjCom me au fsi les Augures touchât le voldesoy- feauXjdont les hures des anciens (ont pleins, Gar il ne Il^'iJà? ^^ ^-^J^oi^ "'y alFembleedc peuple , n'y paix, n'y guerre tt^o^Av- que les Augures ne fa (lent appeliez, pour voir la dif* 5»*«*» pofition de l'air, d^^s oy féaux , ôc autres vanitcz fem- blables&: pleines de rupcrftition &c d'impicté, (î^de-' ffn beîi» fendues parla loy de Dieu . Et à ce propos lolephet 4Mdau9. recite, qu'il y eut vn Capitaine luif , qui tua Toy (eau fur lequel les Augures pienoyentleurpredidiiondi- fanr que c'eftoit chofe bien elirangc de demâder l'if- fuc de la guerre à vne befte brute , qui ne fçauoit pas la lie mt.Mais il y a bien vue autre rai(bn,pour mon- ftrer la vanité de telles chofes. C'eft que les Latins te- noyentpour chofe honteufe de voir le vol des oy- feaux \ feneftre, Se les aufes peuples à dextrc,comme Ciceronaremarqucauliuredc la Oiuination, qui monftre bien que ce n'eil qu*importure & mcn(bîi- ge,puisqueles principes des vus font contraires aux autres^tantpourlâdilpolitioderair^ que pour le vol •^ ~ '"" da

i

crTFVTrteu

DES SORCIERS. irj

Jcs oyfeaux.Car le fondement de la fcicnce Augura- le clloi t de conlliciicr le temple, c cft à dire , la région Jcl'air,ou Ton contemploitpourfçauoiroueftoitla iextre &C la (cncftre du monde : en quoy tous les au- thvUrsGrecs, Latins, & Barbares font différons entre rux,& aucc les Hebfieux,comme i*ay remarqué tail- ^Mf/A#i£» leurs. Au{riHieremielcProphete,quand il parle des *'-^'"*- *• ^rondelles, des Turterclles, & des Cygongnes , di<5fc bien qu'elles (çauent le temos de leur retour , mais il ne di6t pas qu'elles fçachent les